CITATION(5121 @ 26/07/2009 19:22)

et en faisant tout ça, tu devrais toucher le salaire de ces 5 personnes !
Hé ! Hé ! Ca fait rêver

Mais c'est malheureusement peu probable : d'abord, on a moins de trains, donc quand un "reconnaisseur" SNCF fait, euh, allez 6 RAT dans sa journée (c'est une supposition parce que j'en ai pas la moindre idée), nous on en fait une... voire pas du tout puisque ce jour là, on n'a pas de départ, juste une réception. Idem pour les autres casquettes.
Attention, qu'on ne se trompe pas sur mon propos : je ne défends pas, j'explique.
Le calcul est simple : pour les 4 casquettes "sol", si on devait n'en faire qu'une seule, on serait quatre fois plus nombreux, mais payés en quart-temps... voire moins !
Pour répondre à CRL COOL, c'est vrai que c'est très éloigné du métier de conducteur tel qu'on le connait depuis longtemps dans l'entreprise historique. Mais, en guise de qualification de conducteur, nous sommes cantonnés aux MA100 (et chez d'autres ça va jusqu'à ME120). Du coup, pour nous, passer de la conduite au sol, ça demande le même exercice de l'esprit que pour un conducteur qui passe de marchandise à voyageur (pour tout ce que ça implique, arrêts en gare, service voyageur, etc... les différences ne manquent pas) ou encore à différents types de trains de voyageurs. En prime, nos interventions au sols sont limitées à des installations simples, et nous ne disposons d'aucune initiative dans les gares.
Ca fait donc deux types de qualifications très différentes mais très simplifiées (parce qu'optimisées, et non sous qualifiées, je préfère préciser pour éviter un énième débat sur notre formation)...
Pour en revenir aux conventions collectives, elle se sont mise en place après la création des premières EF privées. En mettant la charrue avant les boeufs, on a laissé chaque EF privée mettre en place sa propre sauce dans un cadre limité aux seuls impératifs légaux.
Là on applique la VFIL, ici le code du travail... autours de tout ça, on a mis en place cette polyvalence, des règles d'utilisation du personnel très différente d'une entreprise à l'autre, des compensations totalement disparates (chez les uns des primes, chez les autres un fixe inchangeable...).
Bref, sur tous ces points, on a considérablement modifié la face des métiers du ferroviaire.
Pour les premières négociations en vue de créer cette convention collective, on a réuni autour de la table des organisations syndicales dont les représentants étaient presque exclusivement des agents SNCF, les pouvoirs publics, et les représentants (patronat) des EF privées, compètement perdus lorsqu'il s'agit d'user d'un langage ferroviaire (RAT, VAMD, essai des freins, desserte, poste à clés, AC, découché, marche, indice de composition, etc...).
Je ne jette la pierre à personne, mais je pense que quand on réunit des personnes qui ne savent pas comment on bosse (et pour cause, c'est tellement différent !), d'autres dont le seul but est de faire avancer le dossier de la libéralisation, et encore d'autres qui ne comprennent ce qui se passe que quand ça a un impact financier, ça a du mal à fonctionner.
Du coup, on a récupéré ce document incomplet, dans lequel une catégorie de personnel représentant 99% du personnel de terrain chez nous (Veolia Cargo etc... je ne le refais pas) a été oublié (conducteurs polyvalents "made in" EF privée).
Au passage, on y trouve aussi des notions dont personne, aujourd'hui, n'est capable de dire comment elle sont arrivées sur la table, comme la zone de résidence qui, chez nous, a provoqué un certain tollé... voila une "non-réponse" pour la question de Dom-trappeur, désolé.
Personnellement, à part donner une occasion supplémentaire aux entreprises de faire des économies sur le dos de leurs salariés en n'ayant pas à assumer le choix d'un lieu fixe d'affectation, je ne vois pas quel sens ça peut avoir...