L'incident « n'est pas du fait de la SNCF »
Si l'agent de conduite a fait valoir son droit de retrait, c'est parce qu'il estimait ne plus pouvoir
assurer son service en toute sécurité... Retour sur le « non départ » du train de 12 h 18,
lundi et de l'incident entre un agent et des passagers excédés en gare de Granville.
Pourquoi ? Comment ?
Pourquoi le train était-il en retard dès le départ ?
Le train de 12 h 18, lundi, à destination de Paris est entré en gare de Granville, quai A, avec quarante
minutes de retard. La faute à une avarie survenue le matin même sur le trajet Paris-Granville.
« Le train a eu un problème de fermeture de porte et marche-pied. Il a fallu effectuer la réparation »,
confirme le service communication de la direction Normande de la SNCF. Le train est ensuite entré
en gare de Granville sous les applaudissements et les huées d'une centaine de passagers.
L'agent de conduite avait-il le droit de ne pas prendre le départ ?
Selon la SNCF, l'agent n'a pas commis de faute. « Il a fait valoir son droit de retrait, précise le service
communication. Dans un premier temps, il a stoppé le train avant le butoir parce qu'il y avait beaucoup
de monde massé sur le quai et près de la voie. Il s'agissait d'assurer la sécurité du public.
Ensuite, il a dû estimer que la situation était trop tendue. Il s'agissait d'assurer sa propre sécurité. »
A-t-il finalement déposé plainte ?
Pas de plainte mais l'agent SNCF a quand même déposé une main courante à l'hôtel de police de
Granville dès lundi soir. La SNCF a confirmé hier qu'il n'y avait pas eu de violences physiques de
la part des passagers mais principalement des insultes et des moqueries.
Les passagers seront-ils indemnisés ou remboursés même partiellement ?
Non. Les passagers peuvent toujours se renseigner auprès du service clientèle de la SNCF mais a
priori aucun remboursement de billets ne sera possible. « On applique l'engagement régularité quand
le problème à l'origine du retard est du fait de la SNCF. Ici, ce n'est pas le cas », explique la SNCF.
En clair : si l'agent de conduite a fait valoir son droit de retrait, c'est parce qu'il estimait ne plus pouvoir
assurer son service en toute sécurité à cause du comportement hostile des passagers massés le long du quai...
Existe-t-il un interlocuteur vers qui se tourner ?
Oui, l'association des usagers de la ligne Paris-Granville. « L'association peut se faire le relais de cas
particulier quand c'est justifié, explique François Minaret, président de l'association. Je suis en contact
régulier avec les différents responsables de la SNCF de la ligne Paris-Granville pour leur expliquer qu'il
peut être de bon ton de faire parfois un geste commercial. » L'association devrait tenir sa prochaine
assemblée générale à la fin du mois de novembre. « Pour le moment, nous n'avons aucun passager
originaire du pays granvillais dans le bureau. Ils sont les bienvenus ! »
Pascal SIMON
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