Aller au contenu


- - - - -

Détecteur d'incendie


Ma mère, factrice aux écritures, est affectée au poste de standardiste de la gare depuis trois ans. Récemment la SNCF a remplacé l'ancien meuble du standard téléphonique à fiches par un autocommutateur tout neuf, toujours prévu pour 2 opérateurs. Une des nouveautés, c'est que les appels entrants arrivent directement dans le casque et qu'il faut vraiment être disponible et ne pas déposer le casque sur la table ... Il y a bien la possibilité de mettre en route une sonnerie, mais ce n'est pas trop bien vu, et surtout impraticable quand il y a deux opératrices ou de trop fréquents appels. Autre contrainte, c'est la phrase à prononcer pour accueillir l'appelant extérieur, c'est à dire de la ligne PTT : de l'habituel et naturel "Gare de Montluçon, j'écoute", il faut désormais évoluer vers "Bonjour, ici gare de Montluçon, à votre service ..."

Il faut s'y faire et ça ne va pas de soi ... D'autres consignes ont été données, mais une au moins a été oubliée... ou mal entendue. Et puis surtout, ma mère revient ce jour là de ses congés annuels. Outre le changement de technologie, le bureau a été rénové du sol au plafond. La plupart du temps, selon les horaires en 2*8, il n'y a qu'une opératrice en fonction, avec parfois le renfort d'un autre agent lors des incidents notamment.

A midi, et le soir, il est habituel que l'agent prépare sur place la gamelle du déjeuner ou du souper ... et ce jour là c'est la première fois dans le local totalement rénové. Comme à l'accoutumée ma mère branche le petit réchaud électrique, et met son récipient à réchauffer... et à ce moment, bien sûr la sonnerie du standard retentit. Ma mère rejoint donc sa position, remet son casque et prend l'appel... La communication dure depuis quelques instants, lorsque le contenu de la casserole sur le réchaud se met à fumer... et c'est alors que le détecteur se déclenche, douchant généreusement l'installation... L'interlocuteur au téléphone doit entendre quelque chose comme un hurlement qui a aussi pour effet de faire accourir quelques collègues... qui  arrêtent le dispositf avant que tout ne soit inondé ...

"Trempée comme un soupe" comme il se dit dans le parler local, ma mère n'a d'autre choix que de prévenir mon père de lui apporter aussi vite que possible de quoi se changer... Et, c'est ainsi que ma mère fut sensibilisée à la prévention contre l'incendie !!! Quant aux indications relatives aux fumées et dégagements de chaleur, elles n'ont été apposées que quelques jours plus tard !


0 Commentaires