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Le CNRS premier !

Source , association "sauvons la recherche "

A quelques semaines de la parution du célèbre “classement de Shanghaï” des universités, qui, n’en doutons pas, fera comme chaque année la une des gazettes, avec son cortège de commentaires éclairés de nos éditorialistes vedettes sur l’éternel déclin de notre système de recherche et d’enseignement supérieur, l’institut Scimago publie un classement intéressant . Il se propose de comparer, sur la base d’indices purement bibliométriques, les quelques 2000 institutions ayant effectué plus de 100 publications indexées par la base de données Scopus de Elsevier en 2007. Ce classement regroupe donc, de façon désordonnée, des organismes de recherche comme le CNRS, des universités, de gros laboratoires et des instituts privés. A ce jeu là, le CNRS se classe à la première place mondiale, l’INSERM est 10eme, le CEA 54eme et l’université Pierre et Marie Curie 76eme, devant beaucoup d’universités américaines très prestigieuses. Notons que dans cette compétition ouverte, nos fonctionnaires, “bien chauffés”, qui ont “vu de la lumière” en passant par là, laissent très loin derrière les instituts privés qui devraient être notre idéal, puisque la première entreprise privée, IBM, se classe 375eme. Un gros arbre qui cache la forêt sans doute...

Pourquoi donc tant de différences qualitatives avec Shanghaï ? Tout d’abord le classement de Shanghaï ne prend en compte que les établissements d’enseignement supérieur, donc le CNRS, l’INSERM et le CEA n’en font pas partie. D’autre part il base sa notation sur des critères tellement absurdes qu’on se demande bien comment nos gouvernants peuvent y prêter autant d’attention. On relira à ce propos l’article d’Yves Gingras [4] qui détaille parfaitement les failles de ce classement. Rappelons simplement quelques points : 30% de la note s’obtient en comptant le nombre total de prix Nobel et médailles Fields, y compris ceux vieux de plus d’un siècle. 20% de la note est basée sur le nombre de “Highly cited authors” en référence à une liste discutable et peu à jour [5]. Elle contient par exemple le mathématicien qui a donné son nom à mon laboratoire – décédé en 2001 – de très nombreux retraités dont un ancien ministre de la recherche – à l’époque socialiste – et un nombre incalculable d’erreurs sur les statuts des personnes concernées. Sur les 159 français qui y figurent, seuls 57 émargent à un établissement d’enseignement supérieur d’après cette liste, et il est parfois faux. Les autres se voient affectés à des organismes comme le CNRS ou l’INSERM qui ne sont pas pris en compte par le classement. Enfin 20% supplémentaires proviennent du nombre de publications dans “Nature” et “Science” ce qui est particulièrement réducteur du point de vue disciplinaire, entre autres.

Le classement de Scimago est beaucoup plus neutre et universel puisqu’il s’appuie uniquement sur le nombre de publications dans un très vaste catalogue de revues internationales, sur une période de temps donnée. Toutefois subsiste un effet pervers important, également présent dans le classement de Shanghaï et qui est la cause des grandes manoeuvres actuelles autour des PRES : les indices utilisés ne sont pas pondérés par la taille de l’établissement. Autrement dit la fusion de deux universités les fait mécaniquement monter dans le classement. Cette constatation élémentaire n’a pas échappé à ceux qui nous gouvernent l’oeil rivé sur la ligne bleue des statistiques. Elle est la cause essentielle et avouée des grandes manoeuvres autour des PRES et de la construction de monstres bureaucratiques sans justification scientifique ni pédagogique [6]. Le CNRS étant probablement en 2007, avant son saucissonnage, un des plus gros organismes de recherche du monde en taille, il n’est pas étonnant qu’il se retrouve bien classé.

Malgré tout, il est assez rare que la France se classe première en quoi que ce soit, et je m’étonne que les commentateurs habituels ainsi que le ministère et surtout la direction du CNRS n’aient pas repris cette information importante avec plus d’enthousiasme. Les festivités organisées pour les 70 ans de l’organisme auraient pu lui donner un relief tout particulier. N’importe quelle institution recevant une telle distinction en aurait au moins fait la une de son site web. Mais non. Le CNRS a le triomphe modeste. Tout se passe comme si “l’excellence” du travail de 11700 chercheurs et 14400 techniciens et administratifs, fonctionnaires, sous-payés et déconsidérés par l’opinion majoritaire, comptait moins qu’une médaille olympique en canoë-kayak. Parions que les non-médailles du classement de Shanghaï seront en revanche largement célébrées d’ici quelques jours...

Les statistiques proposées par Scimago ne s’arrêtent pas là. Il est aussi possible sur le site http://www.scimagojr.com/ d’extraire un grand nombre d’informations très intéressantes. Sur la période 1996-2007, on peut afficher les classements des différentes nations du point de vue de leur production scientifique. Il est à noter que, pour l’ensemble des disciplines, ce classement est particulièrement stable sur la période considérée concernant les 10 premiers. Seule la Chine, qui passe sans surprise de la 9eme place en 1996 à la 2eme en 2007, montre une évolution notable.

En 2007, la France se classe 6eme au nombre de publications et 4eme au nombre de citations et à l’indice H (h-number) : elle a moins de publications que la Chine et le Japon mais elles sont plus citées, signe que la course à la publication a moins touché notre pays que d’autres, rentrés plus tôt dans des logiques managériales de gestion de la recherche. Agrégées sur la période 1996-2007, ces données mènent quasiment au même classement (6eme au nombre de publications, 5eme au nombre de citations et 4eme au h-number). Fait remarquable, si l’on raffine la sélection discipline par discipline, on observe que nous nous classons toujours entre la 6eme et la 4eme place pour tous les critères et toutes les disciplines, à l’exception des mathématiques qui font mieux et de l’économie/finance qui fait moins bien...

Il serait intéressant de pondérer ces résultats par les budgets investis par les différents pays dans la recherche. La France, avec la 18eme place 7 pour l’effort recherche, y gagnerait sans doute la palme du nombre de citations par euro investi. Si tel est le but, le gouvernement actuel, avec ses restrictions budgétaires plus ou moins habillement maquillées en augmentations, nous y aide chaque jour.

François Jouve, Octobre 2009

Modifié par MarcM
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