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100 000 expulsions sont envisagées....


Invité Gnafron 1er

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Les sans-papiers arméniens menacés d'expulsion par le premier ministre turc

LE MONDE

La Turquie menace d'expulser 100 000 clandestins arméniens

"On ne veut pas parler ! Non non, tout va bien !" Le groupe de femmes qui discutaient autour d'un étal de chaussettes posé sur un trottoir se disperse en quelques secondes, méfiant. Dans les rues du quartier de Kumpkapi, au coeur de la péninsule historique d'Istanbul, les Arméniens se font discrets depuis la dernière saillie verbale de Recep Tayyip Erdogan. Lundi 15 mars, le premier ministre turc, qui s'exprimait à la BBC, a menacé d'expulsion les citoyens arméniens en situation irrégulière en Turquie. "Il y a actuellement 170 000 Arméniens qui vivent dans notre pays. Soixante-dix mille sont des citoyens turcs et nous tolérons les 100 000 autres, a-t-il lâché. Si nécessaire, je pourrais leur dire de rentrer dans leur pays."

Ces déclarations ont semé le trouble dans la communauté arménienne d'Istanbul. En plus de la population autochtone, plusieurs dizaines de milliers de citoyens d'Arménie y travaillent illégalement, attirés par des salaires trois à quatre fois plus élevés qu'à Erevan. Plus de 90 % sont des femmes qui travaillent comme employées de maison, gardent des enfants ou des personnes âgées, montre une étude publiée début mars par la sociologue Alin Ozinian. "Le premier ministre s'est probablement trompé d'un zéro", ricane le pasteur Krikor, qui tient l'église évangélique arménienne de Gedikpacha.

Dans son bureau, à l'intérieur du bâtiment, il ne lâche pas du regard son écran de vidéosurveillance. "Il a exagéré les chiffres pour appuyer son propos, estime-t-il. La Turquie n'a plus beaucoup d'issue. Elle menace les Arméniens pour empêcher que de nouveaux pays ne reconnaissent le génocide, mais c'est une déclaration impensable pour quelqu'un qui veut faire partie de l'Union européenne."

Mercredi soir, à la porte de cette église, le pasteur répondait à une chaîne de télévision turque, lorsque des habitants du quartier ont lancé dans leur direction des bouteilles et un briquet.

A l'approche du 24 avril, la date anniversaire du déclenchement des massacres de plus d'un million d'Arméniens en 1915, la Turquie doit faire face à une série de pressions internationales sur la question la plus douloureuse de son histoire. La commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine a voté le 4 mars une résolution visant à reconnaître le génocide arménien. Le 11 mars, le Parlement suédois a fait de même. La Turquie a rappelé ses deux ambassadeurs et l'affaire est devenue "une question d'honneur national", selon le ministre des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.

"Ce n'est pas en renvoyant les gens dans leur pays qu'il va régler le problème", estime Shoshan, une jeune femme originaire de Gumri (ouest de l'Arménie). Employée illégalement depuis cinq ans à Istanbul, comme ses deux parents et sa tante, elle ne songe pas à rentrer tant que la situation économique ne s'est pas améliorée en Arménie. Beaucoup, en revanche, font des allers-retours tous les trois mois entre Istanbul et Erevan, pour renouveler leur visa, et pratiquent "le commerce à la valise" pour rentabiliser les voyages.

Donara, elle, donne des cours dans les sous-sols de l'église de Gedikpacha, où des classes improvisées accueillent les enfants des travailleurs clandestins arméniens, que le gouvernement refuse de scolariser. Cette ancienne institutrice de 53 ans et son mari, un colonel de l'Armée rouge à la retraite, ont migré en Turquie en 2005. "S'ils nous expulsent, il nous reste une maison là-bas, mais ce sera difficile de s'en sortir."

"Cette polémique pourrait donner des idées aux pays européens, ironise le pasteur Krikor. Si l'Allemagne disait qu'elle allait renvoyer tous les Turcs sans papiers, que penserait M. Erdogan ?" L'entourage du premier ministre a tenté de minimiser la brutalité de ses propos. L'un des responsables du Parti de la justice et du développement (AKP), Suat Kinklioglu, a assuré que la menace ne serait pas mise à exécution.

Mais une partie de la presse turque s'est offusquée. "Ne touchez pas aux Arméniens, protégez-les !", a lancé l'éditorialiste Mehmet Ali Birand dans le journal Posta.

Guillaume Perrier

Le Monde .

Modifié par MarcM
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  • 2 années plus tard...

Tiens, on ne parle plus de l'entrée de la Turquie en Europe.

NS1er avait pas trop mal louvoyé en faisant trainer les dossiers.

Pourtant la communauté turque est très implantée en France, assez discrète en générale (pas de vagues, pas d'emmerdes).

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