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SNCB: mauvaise gestion dont informatique


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SNCB : accusations de mauvaise gestion

Philippe Lawson

Mis en ligne le 27/04/2010

Une lettre anonyme est envoyée au Procureur du Roi à Bruxelles à ce sujet. Elle épingle la création de filiales et le coût élevé du logiciel informatique SAP. Ambiance morose et tendue à la SNCB. Les syndicats représentatifs des cheminots n’ont plus le monopole de la parole. Des voix parallèles se font également entendre pour dénoncer une mauvaise gestion au sein du groupe ferroviaire belge. Une lettre anonyme accuse les dirigeants de copinage avec les experts-consultants engagés à tour de bras. Elle est envoyée notamment au président de la Commission spéciale "sécurité du rail", François Bellot (MR) et au Procureur du Roi à Bruxelles. "Les budgets ont été détournés au profit de dépenses dans des projets inutiles comme les multiplications des filiales, les consultances déguisées, des engagements de conseillers sans expérience dans le domaine du transport ferroviaire, les fêtes, les voyages, les loges dans les stades de foot, les sponsorings, l’introduction d’un nouveau logiciel comptable sous l’appellation SAP. Chez le transporteur (NdlR : la SNCB) , si vous voyez le nombre d’experts et supports en SAP et le nombre de consultants permanents en finance, vous vous seriez cru à la NASA pour préparer le lancement d’un train vers la lune", lit-on dans le document d’une dizaine de pages dont nous avons eu connaissance. Il dénonce la création tous azimuts de filiales à la SNCB, et les auteurs en ont dénombré un total de 88 ! A titre d’exemple, le document parle d’honoraires de bureaux de consultance qui varieraient entre 950 € et 1 098 € par jour !

L’instauration du fameux logiciel dans les trois entités du groupe (Holding SNCB, la SNCB et le gestionnaire d’infrastructure, Infrabel) coûterait 450 à 500 millions d’euros "sans compter la redevance annuelle par utilisateur et les heures improductives des agents qui attendent la fin de la programmation et les corrections des erreurs de fonctionnement malgré que sa programmation ait débuté depuis 3 ans". Interpellée en janvier au Parlement, la ministre de tutelle, Inge Vervotte (CD&V) a indiqué qu’environ 4 000 utilisateurs sont concernés par le programme SAP, dont 2 000 pour la Holding et 2 000 pour Infrabel. Chez l’opérateur SNCB, on compte environ 5 000 utilisateurs. D’après la réponse de la ministre Vervotte, le projet SAP/ERP (Enterprise resources planning) s’élève à environ 200 millions d’euros sur 4 ans.

Or, disent-ils, les trois entités de la SNCB n’ont pas besoin d’un tel logiciel, car il est destiné aux entreprises de production et que le groupe ferroviaire est un opérateur de service. De plus, les informaticiens de la SNCB (occupés chez ICTRA, département de la Holding) ont développé des applications informatiques de gestion aussi efficaces que le système SAP. Plusieurs dirigeants du groupe sont épinglés dans la lettre où les auteurs parlent aussi de l’accident ferroviaire de Buizingen, qui a fait 18 morts le 15 février. "Le résultat final de tous ces projets inutiles est la catastrophe du 15 février 2010. Si la situation du rail reste inchangée, la série noire des catastrophes continuera", concluent-ils. Ils dévoilent une pratique (avérée ?) de la SNCB visant à transférer des voyageurs du service voyageurs international (non subsidié par le fédéral) vers le service national de voyageurs (subsidié). Les dirigeants de la SNCB sont accusés d’avoir attribué des contrats à des entreprises informatiques sans appel d’offres public, mais les réponses de la ministre Vervotte semblent démentir ces affirmations du "corbeau".

Les syndicats cautionnent en partie les révélations de la lettre anonyme tout en précisant qu’elle comporte toutefois des contre-vérités et des erreurs. La Holding SNCB se défend de toute gestion hasardeuse de l’entreprise publique. "Toutes les entreprises ferroviaires fonctionnent avec le système ERP (Enterprise resources planning) et son intégration demande la mise en place du logiciel SAP. Il permet d’avoir une transparence totale dans les comptes. Or, nous sommes les derniers à n’avoir pas encore intégré le système ERP", nous a répondu une source anonyme au sein du groupe ferroviaire.

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