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Fret : Traitement De Choc à La Sncf


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Hausses de tarifs et fermetures d'installations ferroviaires profitent au camion

Fret : traitement de choc à la SNCF :Bernard Broustet

Il y a peu de chances pour que la croissance du trafic de camions s'interrompe ou s'infléchisse prochainement. Car, dans de nombreux secteurs, des chargeurs qui utilisaient de façon plus ou moins importante le fret ferroviaire sont en train de réduire ou de supprimer le recours à ce mode de transport alternatif. Ce report du rail vers le goudron n'est pas un phénomène totalement nouveau, puisque la SNCF n'a cessé de perdre des parts de marché au cours des dernières décennies. Il connaît aujourd'hui une accélération peut-être passagère, mais en tout cas brutale, liée au traitement de choc que la compagnie nationale a décidé l'an dernier d'imposer à sa branche fret, très lourdement déficitaire.

Si la SNCF a présenté les grandes lignes de son plan fret, elle ne souhaite pas, pour le moment, s'exprimer sur ses incidences locales, qui ne seront abordées que dans quelques jours à l'occasion d'une conférence de presse du directeur régional Frédéric Zanotti. Mais, d'ores et déjà, les syndicats, comme les chargeurs et les collectivités locales, ont été informés de façon plus ou moins parcellaire des conséquences économiques et sociales de ce plan d'austérité. « Sur les 3 500 suppressions d'emplois intervenues cette année, à l'échelle nationale, 2 500 concernent le fret. Et ce n'est pas fini », explique Eric Halgand, de la Fédération des cheminots CGT, qui va lancer une campagne de sensibilisation à ce sujet.

Médecine de cheval. Ne provenant pas de la SNCF elle-même, la carte que nous publions ci-dessus n'est peut-être pas d'une précision absolue. Mais elle donne une idée de l'ampleur du séisme qui frappe le transport de marchandises en Aquitaine et en Poitou-Charentes. Au surplus, ces fermetures totales ou partielles ne constituent qu'un aspect de cette médecine de cheval. Le plan Veron, du nom du responsable de la branche fret, s'est également traduit dès cette année par des hausses tarifaires atteignant pour certains trafics de 20 à 50, voire 60 %.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certaines industries générant de gros flux de marchandises. Ainsi, les Papeteries de Condat (Dordogne) ont-elles renoncé à expédier leurs produits finis par le rail, alors qu'elles avaient pourtant investi, avec l'aide des collectivités locales (Région, etc.), dans la construction d'un terminal.

L'industrie papetière n'est d'ailleurs pas seulement touchée par la hausse de ces tarifs d'expédition. Le plan Veron s'attaque en effet aussi au transport du bois, qui est une lourde source de déficit. En conséquence, 75 % des gares bois devraient être fermées dans l'Hexagone. Dans ce contexte, l'usine girondine Smurfit Cellulose du Pin, très grosse consommatrice de bois d'éclaircie dont elle s'approvisionnait à raison d'environ 10 % par le rail , devrait passer prochainement au tout camion, tout en réduisant la part du rail dans les envois de papier qui était encore aux alentours de 30 %. Le même phénomène devrait se produire à échelle plus réduite pour la pâte à papier de l'usine de Tartas. Au total, le transport routier devrait ainsi récupérer l'équivalent de plusieurs milliers, voire de dizaines de milliers de camions par an.

D'autres branches sont concernées. Des menaces pèsent ainsi sur le trafic de céréales, qui présente, aux yeux de la SNCF, l'inconvénient d'être imprévisible et intermittent.

Vers des trafics rentables. Pour la SNCF, il ne s'agit pas uniquement de réduire ainsi drastiquement la voilure à court terme. L'entreprise nationale souhaite se concentrer sur des trafics rentables et portant sur de grandes masses, au détriment des wagons isolés. D'ores et déjà, les pertes de sa branche fret ont commencé à se réduire. Mais, en attendant une éventuelle reconquête, le camion conquiert de nouveaux marchés, avec toutes les conséquences que cela peut avoir en termes d'encombrement et de consommation d'énergie. « On voudrait qu'on nous dise clairement si la SNCF est une entreprise publique ou une entreprise privée, mais on n'a pas la réponse », souligne Eric Halgand, de la CGT. Quant au Conseil régional d'Aquitaine, il a saisi le gouvernement et la direction de la SNCF. Mais le transport de marchandises ne fait pas partie de ses compétences et ses marges d'action paraissent, sur ce plan, relativement limitées. A court terme au moins, la route n'a pas fini de gagner du terrain.

Conséquence du plan Veron : 75 % des gares bois devraient être fermées dans l'Hexagone

Source: Sud Ouest

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