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Le Web des Cheminots

Un début de mouvement d'ensemble?


DavidKorner

Messages recommandés

L'actualité sociale se tend sur arrière - fond de séquestrations de patrons très médiatisés qui servent d'inspiration les unes aux autres.

A EDF - GDF, une grève reconductible est en cours. Dans plusieurs régions, des administrations et entreprises ont été la cible de coupures organisés par les grévistes qui sont déterminés à imposer satisfaction de leurs revendications qui portent avant tout sur des augmentations de salaires.

Ils ont déja obtenus une prime exceptionnelle allant de 1000 à 1500 € pour les sites les plus combatifs et des augmentations de +5 %. Ils sont décidés à aller bien plus loin et la grève se poursuit.

Dans l'industrie automobile, l'usine de Toyota dans le Nord, connait son premier mouvement de grève reconductible pour exiger le paiement à 100 % des jours de chômage partiel.

Ce qui est remarquable dans ce le mouvement à EDF-GDF, c'est le fait qu'il est parti sans l'aval des directions syndicales qui sont bien obligés. Les équipes militantes sur le terrain (SUD et CGT principalement) n'ont pas attendu d'en haut ce qui ne vient jamais.

A Toyota, c'est une AG de grévistes qui prend les décisions et qui désigne le comité de grève qui anime la bagarre.

Les médias du patronat pour l'instant, parlent pas de ces mouvements à part localement. Il serait en effet assez incompréhensible que le JT du coin ne touche pas au moins un mot sur les coupures de courant ou de gaz qui ciblent des secteurs industriels et des administrations du jour.

Dans plusieurs entreprises, ex : Rencast, SBFM etc. des victoires totales ont étés obtenus contre des plans sociaux qui ont du être reportés ou annulés.

Les résultats de la table ronde dite "conclusive" sur les facilités de circulation le jeudi 30 avril vont sans aucun doute conditionner le climat social dans l'ensemble des services et collèges de la SNCF.

L'exemple de la victoire aux Antilles est encore fraîchement ancré dans la mémoire des salariés en métropole. A la SNCF, les exemples de Saint-Lazare et de Nice le sont également.

Les cheminots de Picardie, qui vont rentrer en grève reconductible à partir de lundi, auront sans doute tout cela en tête.

Personne ne peut dire ce qui va se passer, mais il est indéniable qu'en ce moment précis de la "séquence sociale et politique", il peut se passer quelque chose. A nous de faire en sorte qu'il en soit ainsi.

Extrait de presse pour appuyer mes propos. Pour l'instant, la presse nationale se fait discrète sur ces sujets car à force de populariser ce type de luttes dont l'impact est pourtant énorme sur la vie sociale et économique, cela pourrait donner un coup de fouet "médiatique" à ces luttes dont ceux qui nous gouvernent craignent réellement l'extension.

Toyota, l'extrême-gauche en renfort GREVE - Arlette Laguiller et Olivier Besancenot sont allés soutenir les ouvriers de Toyota à Onnaing

Edith regarde la foule de quelques centaines de grévistes devant l'usine : «Même moi, grande gueule très mal vue, j'aurais jamais cru, il y a quinze jours, que ça aurait été possible.» Sourire d'Arlette Laguiller à ses côtés. A sept semaines des élections européennes, la porte-parole de Lutte ouvrière est venue hier, en compagnie de son homologue du Nouveau Parti anticapitaliste, Olivier Besancenot, soutenir le mouvement à Onnaing, près de Valenciennes (Nord). Devant le site, un feu de palettes et de pneus. Sur la pelouse, un barbecue géant.

La grève, minoritaire parmi les ouvriers, dure depuis deux semaines, pour le paiement intégral des jours de chômage partiel. Sur une tribune improvisée, Arlette Laguiller, son parapluie plié à la main, à côté d'Olivier Besancenot dans sa polaire bleue de la Poste.

«Sectarisme».Toyota, c'est l'usine des Japonais, arrivée en 2000 pour faire baisser le chômage à Valenciennes, parrainée par Jean-Louis Borloo, alors maire de la ville, inaugurée par Lionel Jospin, à l'époque Premier ministre. L'usine modèle, la grande famille. Depuis, l'ambiance s'est lézardée. Les ouvriers parlent de pressions, de harcèlement. Le délégué CGT, Eric Pecqueur, est candidat LO aux européennes. C'est dans deux mois, personne n'en parle, tout le monde a le nez sur la grève, l'œil sur le portefeuille qui fond, à cran. Alors, Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, c'est juste que «ça nous rebooste», explique Fabrice.

Ici, le chômage partiel signifie pour certains la perte de l'équivalent d'un quart du salaire, alors que les plus bas revenus s'élèvent à 1200 euros.

La grève, suivie de 10 à 15 %, est partie quand un cadre a rapporté les propos du patron, Didier Leroy : «Plutôt crever que payer le chômage partiel à 100 %.»

A la tribune, «Arlette» prend son souffle : «Je ne sais pas si vous parviendrez à faire reculer Toyota. Mais vous avez gagné le droit à la dignité. Vous avez vaincu la peur.» Nathalie Arthaud, la nouvelle porte-parole de Lutte ouvrière : «Ils ont un coffre-fort à la place du cœur, le seul langage qu'ils comprennent, c'est le rapport de force.» Et Besancenot ? «Il arrive, j'espère bien, souffle Matthieu, ouvrier, j'ai mis mon tee-shirt NPA.»

Et voilà «Olivier». Micro. Guillaume, 28 ans, filme avec portable. Il fait grève un quart du temps, en fin de poste. «Je n'ai pas les moyens, 650 euros de loyer, la moitié de mon salaire. Plus le crédit voiture, je n'ai que 200 à 300 euros par mois pour vivre.» Le leader du NPA lance : «S'il y a une grève à Toyota, c'est que les patrons ont du souci à se faire.» A propos du chômage partiel : «Ils ont les moyens de payer. Pour les dividendes des actionnaires, il y a toujours 30 % de marge opérationnelle, c'est sur ça qu'il faut prendre.» Puis il parle de sa rivale de LO, sans la citer : «Dans la merde dans laquelle on est, il n'y a plus de place pour le sectarisme et les querelles de chapelle. Il faut arrêter d'y aller chacun dans son coin. Que tout le monde pousse dans le même sens.» Il veut une «une marche» ou «une manif» des victimes de la crise. Un type raconte au téléphone : «Y'a la télé, Arlette Laguiller, tout !» Besancenot conclut : «Plein de courage à vous, vous n'êtes plus tous seuls.»

«Moral».Devant la presse, le leader du NPA assure qu'il n'est pas là pour les élections européennes : «On est à la sortie des entreprises avant, pendant et après les élections !» Et il n'est pas venu expliquer comment faire une grève. «Ah, non, j'ai fait grève soixante-trois jours dernièrement à la Poste, si quelqu'un était venu m'expliquer comment faire grève, j'aurais dit "écoute coco, tu vas faire un tour et tu repasses après".» Barbecue. Arlette Laguiller embrasse une ouvrière. Discute avec un ouvrier de Faurecia, qui fabrique les sièges de voiture pour Toyota et dont le site ferme.

Un gars s'approche de Besancenot : «Olivier, je t'ai vu à la fête de l'Huma, mais t'étais occupé.» Matthieu aimerait bien aller lui parler mais il est «trop timide». Fils de fonctionnaires, il est entré à l'usine à 19 ans, et travaille les bras en l'air. «A 22 ans, j'ai déjà mal.» Aux genoux, aux articulations des doigts, aux épaules. C'est sa première grève : «Je suis pas fier de faire ça. Mais je suis fier de me battre. On se crève à la tâche pour un salaire qui ne nous permet pas de vivre.» Et Besancenot ? «Ce n'est pas un politique comme les autres, il travaille, il ne paie pas l'ISF comme je ne sais qui. Je partage beaucoup de ses idées, pas toutes. Certaines sont utopiques…» Yannick : «Ça redonne le moral. On se dit qu'on n'est pas tout seul.»

Depuis ce matin, quatre piquets de grève ont étés mis en place et bloquent la production de l'usine qui est à l'arrêt.

EDF-GDF :

Le site de Beauvais en grève.

La revendication, née dans le sud, est en train de « s'étendre à tout le nord de Paris » a expliqué un délégué. Plusieurs sites à Lille, celui d'Amiens et dans l'Oise, ceux de Creil depuis lundi et de Compiègne depuis mardi, suivent le mouvement. « La grève est majoritaire à Beauvais », assurait le délégué CGT de gaz de France.

Le mouvement est conçu pour durer, à la hauteur de la revendication qu'il porte !

Les agents observent des arrêts de travail de deux heures puis se remettent à la disposition de leur hiérarchie. Le site d'exploitation, que se partagent Electricité réseau de France (ErDF) et Gaz réseau de France (GrDF), étant bloqué par des camions, il est impossible de vaquer aux tâches quotidiennes.

Cette organisation du mouvement permet d'atténuer son impact sur les salaires des agents. Les grévistes ont toutefois pris soin de garer des véhicules d'intervention hors du site, afin de pouvoir assurer à tout moment « les mises en sécurité » : les interventions en cas d'odeur ou de fuite de gaz, de fils électriques arrachés, etc.

Le site de Beauvais intervient sur la partie ouest de l'Oise et emploie une centaine d'agents. Les grévistes demandent aussi l'arrêt de l'externalisation des activités « statutaires », tels que les branchements, raccordements et dépannages, vers le secteur privé et la réouverture de l'accueil clientèle transféré à Creil.

Le mouvement a été reconduit mercredi par un vote.

A cela il faut rajouter le mouvement des marins-pêcheurs en cours, la grève dans les facs également.
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Je ne vois pas quel rapprochement faire entre les mouvements ouvriers et celui des marins pêcheurs...

Les buts sont vraiments différents, les organisateurs aussi ( Patrons Pêcheurs...), un peu comme si les Patrons licencieurs venaient participer aux barbeucs, et partagaient la merguez aux herbes avec Olivier..

Les personnes manifestent, en ont ras le bol, assument les grêves et leurs retombés. De là à espérer un bordel tel qu'il renverse la Démocratie, tu ne trouves pas un peu que tu pousses?....

Remarque aprés tout ce sont tes idées, et tu as le droit de les exprimer.

Fabrice

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L'actualité sociale se tend sur arrière - fond de séquestrations de patrons très médiatisés qui servent d'inspiration les unes aux autres.

A EDF - GDF, une grève reconductible est en cours. Dans plusieurs régions, des administrations et entreprises ont été la cible de coupures organisés par les grévistes qui sont déterminés à imposer satisfaction de leurs revendications qui portent avant tout sur des augmentations de salaires.

Ils ont déja obtenus une prime exceptionnelle allant de 1000 à 1500 € pour les sites les plus combatifs et des augmentations de +5 %. Ils sont décidés à aller bien plus loin et la grève se poursuit.

[...]

Rien à voir... Ce qui a été obtenu concerne les terminaux méthaniers de GDF Suez (dans le lien que tu nous a fournis dans un autre topic), pas ERDF - GRDF, dont la grève est en cours.

C'est comme si les AMV Fret de tataouine les bains avaient obtenus une prime et une augmentation, et que tu généralisais cet acquis à l'ensemble des salariés de la SNCF...

Gom

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Il y croit au grand jour!

Qui parle de révolution? Qui parle de "grand soir"? Certainement pas moi en tout cas, on n'est pas dans une telle situation. Chaque chose en son temps.

Par ailleurs, je n'adhère pas du tout à la vision d'un "grand soir" qui est une vision imprégné de références à la religion et qui fait référence à l'Apocalypse. Alors non, je n'y crois pas du tout au "grand jour" ou au "grand soir". Voila pour la parenthèse.

Je ne vois pas quel rapprochement faire entre les mouvements ouvriers et celui des marins pêcheurs...

Les buts sont vraiments différents, les organisateurs aussi ( Patrons Pêcheurs...), un peu comme si les Patrons licencieurs venaient participer aux barbeucs, et partagaient la merguez aux herbes avec Olivier..

Les personnes manifestent, en ont ras le bol, assument les grêves et leurs retombés. De là à espérer un bordel tel qu'il renverse la Démocratie, tu ne trouves pas un peu que tu pousses?....

Remarque aprés tout ce sont tes idées, et tu as le droit de les exprimer.

L'exemple des Antilles a donné tort à tous les arguments qu'on peut entendre qui affirment que les grèves interprofessionnelles seraient "fourre-tout" et "noieraient les revendications de chacun dans la masse", qu'un secteur n'a rien à voir avec l'autre.

Au contraire la meilleure garantie que l'ensemble des revendications soient prises en compte, c'est la convergence des luttes. La plateforme du LKP comptait ses revendications par centaines et a obtenu des victoires importantes sur des aspects aussi divers que les augmentations de salaires pour tous, que "l'aide au départ volontaire de la profession de transporteurs routiers".

C'est un tel mouvement qu'il faut œuvrer à construire si on veut gagner, bien plus que de se convaincre (je dois avouer que je trouve ça quand même impressionnant quand les dirigeants syndicaux arrivent à faire passer ce message) que faire grève isolé, c'est le meilleur moyen pour se faire "entendre". Dans d'autre contextes sociaux, un tel objectif peut paraître abstrait, propagandiste. En revanche, je pense sincèrement que dans la période socialle actuelle, un tel objectif est compréhensible par plusieurs secteurs qui l'appellent de leur voeux. Ce mot d'ordre, on l'entend au Havre, on l'entend à Toyota. Il est porté par plusieurs équipes syndicales combatives et les participations aux journées d'actions appellées par les confédérations syndicales sont des succès énormes, malgré le peu de perspectives.

Rien à voir... Ce qui a été obtenu concerne les terminaux méthaniers de GDF Suez (dans le lien que tu nous a fournis dans un autre topic), pas ERDF - GRDF, dont la grève est en cours.

C'est comme si les AMV Fret de tataouine les bains avaient obtenus une prime et une augmentation, et que tu généralisais cet acquis à l'ensemble des salariés de la SNCF...

Ce que j'ai dis, c'est que les sites les plus combatifs avaient obtenu des primes allant de 1000 à 1500 € et des augmentations de salaires de 4.5 %.

C'est dans ce contexte de grève qui se généralise à l'ensemble du groupe EDF-GDF (et toutes ses filiales) qu'il faut apprécier ces premières victoires.

D'ailleurs, une chose que tu ne précises pas, c'est que les terminaux méthaniers de PACA et Loire-Atlantique ont obtenus ces acquis juste après la victoire des agents de Storengy qui ont obtenus en premier ces augmentations.

Pour résumer, il y'a d'abord eu Storengy, ensuite les terminaux méthaniers et la bagarre continue pour l'extension des acquis à l'ensemble du groupe EDF-GDF.

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Groupe EDF GDF qui n'existe plus, il n'y a que EDF-GDF Distribution qui ait une direction commune à ces 2 entreprises : http://fr.wikipedia.org/wiki/EDF_Gaz_de_France_Distribution

Enfin bientôt, on va peut être relire PTT pour parler de La Poste et de France Télécom (bientôt Orange d'ailleurs, le nom de FT ayant des chances de disparaitre) :Smiley_41:

Oui, cet état de fait est critiquable, "c'était mieux avant", toussa... N'empêche, la réalité fait que les choses ont changées. Et il faut se mettre au goût du jour, pour rester crédible, et ainsi éviter que ceux qu'on combat se servent de ces "erreurs" en disant "regardez les, ils sont encore au moyen âge !". Enfin c'est ma façon de voir les choses, j'estime que c'est en étant le plus exact possible, le plus précis dans ce qu'on dit qu'on devient crédible.

Gom

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Ce que j'ai dis, c'est que les sites les plus combatifs avaient obtenu des primes allant de 1000 à 1500 € et des augmentations de salaires de 4.5 %.

Salaire, primes, y a que la thune qui te motive dans la vie ?

Ce qui m'agace fortement chez toi, c'est qu'au fond, la SNCF t'en as rien à battre, t'es venu là UNIQUEMENT pour assouvir tes pulsions revendicatives, le milieu s'y prêtant à merveille.

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Ce qui m'agace fortement chez toi, c'est qu'au fond, la SNCF t'en as rien à battre, t'es venu là UNIQUEMENT pour assouvir tes pulsions revendicatives, le milieu s'y prêtant à merveille.

Je l'avais jamais entendu celle-la avant! D'autant plus qu'il y a d'autres entreprises tellement plus revendicatives et combatives que la SNCF! :Smiley_16:

C'est marrant comment les opinions peuvent diverger. Ma supérieure directe (Dpx) parlait dans mon cas, du jeune qui avait montré le "plus d'intêret pour l'entreprise et sa politique commerciale et industrielle" parmis tout ceux qu'elle avait suivie jusqu'à présent. Ces observations étaient faites dans le cadre de mes évaluations trimestrielles avant commissionnement. :blink:

Quant à ce qui me motive, quand on surnage le SMIC, il est normal que le pouvoir d'achat fasse partie de ses préoccupations principales. C'est une nécessité!

Groupe EDF GDF qui n'existe plus, il n'y a que EDF-GDF Distribution qui ait une direction commune à ces 2 entreprises : http://fr.wikipedia.org/wiki/EDF_Gaz_de_France_Distribution

Enfin bientôt, on va peut être relire PTT pour parler de La Poste et de France Télécom (bientôt Orange d'ailleurs, le nom de FT ayant des chances de disparaitre) :blink:

Le mouvement actuellement en cours est transversal à l'ensemble du groupe, sans distinction d'appartenance. Il y'a des coupures de gaz et d'électricité.

Voila le résumé de Solidaires sur le mouvement en cours.

La grève reconductible, enfin !

La grève a démarré à GDF-Suez, dans la filiale regroupant les stockages souterrains de gaz, au lendemain du 19 mars. Après 3,5 jours de grève reconductible, les salariés de ces stockages ont obtenu des avancées substantielles, révélatrices de la peur des directions de voir le mouvement s’étendre (5% d’augmentation pour les agents en Exécution-Maîtrise, 1300€ de prime pour tous, et le renoncement des dirigeants de GDF-Suez à leurs stock-options). Pour les militants de SUD Energie, très présents dans ce mouvement, la Direction avait très peur de l’extension et était prête à céder bien plus.

Cette victoire a donné des ailes aux autres salariés des IEG (Industries Electriques et Gazières). Le mouvement s’est étendu d’abord aux terminaux méthaniers, puis au transport de gaz, également avec des avancées pour les salariés. Ensuite, ce sont des salariés de GRDF et ERDF [1 filiales de GDF et EDF en charge de la distribution regroupant l’essentiel des effectifs soit 60 000 salariés environ… Puisque depuis 1 an environ, nos entreprises sont découpées en de multiples filiales.] qui ont, eux aussi, entamé une grève reconductible.

Cette grève ne cesse de s’amplifier dans la distribution, et ils sont aujourd’hui rejoints par d’autres secteurs d’EDF, en particulier au sein de la Production.

Les revendications sont les mêmes dans toute l’entreprise : les salariés des Industries Electriques et Gazières réclament des augmentations de salaire (300 euros pour SUD, 5% pour la CGT), l’arrêt de l’externalisation et un plan d’embauche massif.

Le rejet de la politique ultra-libérale en oeuvre dans l’entreprise

Ce mouvement est inédit depuis de très nombreuses années à EDF-GDF. Les jeunes salariés, confrontés à de très petits salaires et à une absence de perspectives d’évolution, sont particulièrement mobilisés.

Et pour tous les salariés, il est temps de mettre un terme à la dégradation permanente de leur situation : des salaires en baisse, des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer, une perte de sens au travail avec la fin du service public remplacé par la course au profit, l’externalisation de secteurs d’activité toujours plus importants faisant disparaître de nombreux métiers. Ajoutez à cela un management de plus en plus autoritaire et vous avez une photographie précise de ce que vivent les salariés d’EDF et GDF-SUEZ aujourd’hui.

La situation, à GDF-Suez comme à EDF, est aussi caricaturale que dans bon nombre d’entreprises aujourd’hui sur la sellette : en excellente santé financière malgré la crise (6.5 milliards d’euros de bénéfice net en 2008 pour GDF-SUEZ, en hausse de 13%, 3,4milliards d’euros pour EDF), les dirigeants et actionnaires se versent dividendes, stock-options et rémunérations indécentes.

- o En 2008, 74% des résultats ont été reversés aux actionnaires de GDF-SUEZ sous forme de dividendes et 67% aux actionnaires d’EDF

- o Au dernier classement des rémunérations des grands patrons connu à ce jour, celui de 2007, G. Mestrallet se classe à la 2ème selon Challenge, avec 15,5 millions d’euros … soit l’équivalent de 900 SMIC ! Quand à Gadonneix il justifie ses augmentations de salaires de 46% en 2006, 30% en 2007 et 25% en 2008 au nom du rattrapage nécessaire des grands patrons du CAC 40 !

C’est d’ailleurs l’annonce de versement de millions d’euros de stocks options aux patrons de GDF-SUEZ qui a mis le feu aux poudres, l’injustice devenant insupportable pour toutes celles et ceux qui n’arrivent plus à boucler les fins de mois et qui n’ont d’autres perspectives que de voir les métiers pour lesquels ils ont été embauchés disparaître.

Généraliser la grève dans tous les établissements pour gagner

Après avoir tenté de jouer le pourrissement, les directions de la branche des Industrie Electriques et Gazières sont maintenant dans l’obligation de négocier.

Aujourd’hui, on est loin du compte dans les propositions avancées par le patronat mais celles-ci confirment que nos patrons peuvent payer en rognant par exemple sur les dividendes. SUD Energie, qui a joué un rôle important dans le déclenchement de cette lutte, appelle à l’extension de la grève reconductible dans l’ensemble des secteurs des IEG en particulier dans la production et le transport. Un appel des fédérations dites représentatives faciliterait grandement l’extension du mouvement et développerait d’autant les chances de succès complet de notre mouvement.

Et le service public dans tout cela :

il va mal, merci pour les usagers.

De nombreux services devenus payants, des agences de proximité de moins en moins nombreuses, des temps de réactivités (dépannages, mise en service, etc.) de plus en plus longs, des budgets de recherche qui fondent, des investissements en berne…

Sans compter la flambée des prix sur le marché, aujourd’hui encore relativement indolore puisque les tarifs réglementés ont été maintenus grâce à la pression des usagers … mais jusqu’à 2010 seulement !

Ce n’est pas le service public qui est au centre du fonctionnement de ces entreprises, mais la recherche des grandes opérations de Monopoly à l’international et le niveau de l’action en bourse.

L’échec de la libéralisation et de la privatisation de nos entreprises est donc total, c’est le modèle d’entreprise néo-libéral qui craque de partout.

300€ pour tous : une revendication utopique ?

Non, la simple application des recommandations de Sarko !

Le groupe EDF compte 150 000 salariés. Le coût d’une augmentation de 300€ pour tous à EDF serait donc de : 150 000 (salariés) x 300€ x 2 (pour les charges) x 13 (mois) = 1,17 milliards d’euros, soit la moitié des dividendes reversés aux actionnaires d’EDF cette année.

Quand on pense que, si l’entreprise était restée publique, ces dividendes seraient nuls, il est bien difficile de comprendre pourquoi les actionnaires ne pourraient pas se « contenter » de 1.13 milliards d’euros ! Et ça tombe bien, 1.13 Mds€ correspondent juste à 1/3 des bénéfices, comme le préconisait notre « cher » Président Sarko (actionnaire principal).

Et pour GDF-Suez, avec un effectif de 200 000 salariés, le même calcul réduirait les dividendes de 4.8 à 3.2 milliards d’euros, soit près de 50% des bénéfices. Pas de quoi pleurer, il restera même 1 milliard d’euros pour embaucher ou développer le service public !

Donc, que personne ne vienne nous dire que nos revendications sont utopiques !

Alors pas de doute cette grève est totalement légitime,

nous appelons à la populariser

et la soutenir de toutes les façons possibles.

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Ces observations étaient faites dans le cadre de mes évaluations trimestrielles avant commissionnement. lotrela

Tu as bien fait de préciser "avant commissionnement"!!!!

Sinon quelles entreprises sont plus revendicatives?

Je suis curieux de savoir!

Modifié par Roukmoute
Balises
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Pour info, dépêche AFP :

Caterpillar: l'assemblée générale perturbée par 200 salariés en colère

Quelque 200 salariés de Caterpillar, furieux des conditions de l'accord de fin de conflit signé la veille à Paris avec la direction, ont brièvement interrompu lundi une assemblée générale des syndicats du constructeur américain d'engins de chantiers en Isère.

Après avoir interrompu l'AG, qui devait permettre aux délégués syndicaux de détailler les termes de l'accord, les manifestants se sont rendus à la direction départementale du travail afin de bloquer les négociations se poursuivant sur certains points du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

L'AG perturbée a finalement repris dans l'après-midi sur le site de Grenoble, dans une atmosphère de défiance et de débordement des syndicats par la base.

"Il y a trop d'avis divergents", a déclaré à l'AFP l'un de ces salariés en colère, sous couvert de l'anonymat, augurant mal de l'adoption par référendum salarial de ce plan, prévue d'ici à mercredi.

Cet accord, censé mettre fin à deux mois de conflit marqués notamment par la séquestration de cadres, prévoit que la direction s'engage à assurer la pérennité des sites de Grenoble et Echirolles. Il confirme que le nombre de suppressions de postes est ramené de 733 à 600.

"Maintenant, c'est nous les ouvriers qui décidons, ce ne sont plus les délégués" syndicaux, a déclaré à l'AFP Jamel Kheddache, l'un des manifestants, alors que la foule chantait "aux armes, nous sommes les salariés, nous sommes en colère, on va gagner, et +Cater'+ va devoir payer".

La journée avait pourtant bien commencé, avec la reprise le matin d'une partie des 2.000 salariés de Grenoble et Echirolles, au chômage partiel.

"On reprend le travail à contrecoeur", avait cependant confié un ouvrier sous couvert de l'anonymat.

D'autres salariés disaient leur lassitude. "Je ne vais pas aller au casse-pipe pour eux", a ainsi relevé avec amertume Kamel Dhakouni, un participant de la première heure du mouvement de protestation, évoquant ses collègues ayant repris le chemin du travail.

"Je suis soulagé que tout le monde reprenne le travail. Et je pense que tout le monde l'est", a déclaré de son côté à l'AFP Jean-Mathieu Chatain, le directeur de l'usine d'Echirolles, qui tournait au ralenti depuis des semaines.

Interrogé par l'AFP lundi, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel a estimé que l'engagement de Nicolas Sarkozy de "sauver" les sites isérois de Caterpillar serait "tenu", la direction s'étant engagée "pour au moins cinq ans" sur son maintien dans l'accord.

Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a estimé quant à lui sur France Inter que la nécessité d'une intervention de l'Etat dans ce conflit révélait "un vrai problème de dialogue social".

"Je souhaite qu'on soit dans une sortie de crise. Mais la question, c'est pourquoi on doit en arriver à de tels débordements", a-t-il dit.

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