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Le Web des Cheminots

Halte sur la ligne Niort Fontenay-le-comte (Deux sèvres)


yoopi79

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Bonjour.

Je suis propriétaire d'une halte (Maison garde-barrière où le train s'arrêtait. Ce bâtiment est donc étendu d'une salle d'attente), sur la ligne Niort Fontenay-le-comte qui date approximativement de 1885.

Je recherche des éventuelles photos anciennes où autres documents relatifs à ce bâtiment (poste à niveau 110), mais je ne trouve rien. Je suis allé aux archives de Niort, je n'ai rien trouvé (à part des photos de la gare de Niort, ce qui n'a rien à voir). Je ne trouve rien sur internet sur d'éventuelles cartes postales anciennes. J'ai juste obtenu des photos aériennes des années 50-60 sur le site IGN. Avez-vous une idées d'une quelconque source d'information que je pourrais exploiter ?

Je vous remercie par avance de votre aide.

Cordialement.

Ps : je ne sais pas si ce type de question est appropriée à ce forum :/ Toutes mes excuses si ce n'est pas le cas.

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Merci pour le lien. J'habite justement la première maison photographiée ;) (c'est la halte en question).

Je suis pas sur d'apprendre grand chose sur l'historique de ce bâtiment, le fil de discussion à l'air d'être orienté sur la réouverture de la ligne (ce qui est peu probable je pense au passage, mais bon...). Je vais le lire dans le détail avec intérêt en restant preneur de tout autre document :).

Encore merci !

 

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Réouverture ????.....le CR PdL a dit non au budget, celui de PC s'en contrefout.....

Peut être alors auras tu la joie de voir des bus passer devant tes fenetres sur cette infrastructure transformé en axe mode Macron..les Maires de Niort et Fontenay y seraient partisans..

Bon courage...:Smiley_50:

Fabrice

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Oui je me suis mal exprimé ;). Je sais qu'il n'en est plus question maintenant. De toute façon je suppose que ça coûterait trop cher vu l'état actuel qui s'est bien dégradé depuis la photo du forum : les arbres poussent au milieu de la voie, il manque des traverses, certains ouvrages d'art s'écroulent partiellement. Par ailleurs, je ne suis pas sur qu'il y ait beaucoup d'usagers potentiels pour aller à Fontenay le comte qui, sauf erreur, n'est pas un "pôle économique" en développement. Je crois qu'il existe (ou qu'il a existé) des bus qui n'étaient pas empruntés...j'imagine que la fréquence ne devaient pas être démente non plus, ce qui dissuade aussi...Enfin c sur que son statut de ligne abandonnée ne laisse plus de doutes...

Bref, j'ai déjà bcp (trop !) de trafic routier sous mes fenêtres, y compris des bus :). Il y a 10 ans il y avait encore des trains qui passaient (de marchandises), mais à 30 km/h...ct sympa, j'aimais bien.

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Quand on defonce des territoires entiers, de Tourraine en Charentes, pour faire filer des suppositoires, j'ai un peu de mal à concevoir que quelques arbustes, et deux ouvrages d'art à decaper, puissent à ce point menacer de couler les budgets....

..mieux vaudrait dire aux Fontenaisiens que l'argent public n'est pas pour les pecores.....mais reservé aux plus "nantis"...

déclinaisons à "cul terreux" de " salauds de Pauvres.."

Passant par ce secteur hier soir même, le PN de la ligne à ses tout débuts, à Niort, route de La Rochelle, est fraichement goudronné, sans les rails....hop, un de plus....

Fabrice

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  • 5 semaines plus tard...

 ..de funestes travaux viennent de debuter à l'aiguille de jonction de la ligne avec celle de La Rochelle..... un debroussaillage, probablement pour degager le champ des engins de dépose...

 

..dans le silence le plus complet, le deferrage de Niort Fontenay peut commencer.....  le projet de plateforme à bus aura beneficié d'un grand coup de pied d'accélérateur.

 

Fabrice

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Arrêt de St Liguaire au Point kilométrique (PK) 28,1 de la ligne de Fontenay le Comte à Niort

1975 Ligne desservie par route

1965 Restrictions à la délivrance des billets, à l'enregistrement et à la délivrance des bagages. Voyageurs munis de bagages doivent apporter leur concours, le cas échéant, à la manutention

Desserte par autorails 2e classe Vers Niort  à 7:09, 12:57, 18:02 et 22:00* ; vers Fontenay à 5:45, 8:17, 13:54 (15:07 en plein été), 20:29*

* Service assuré par le personnel du train

1937 (Chemins de fer de l'Etat)

7 trains par sens, arrêt facultatif pour la plupart d'entre eux, sur demande faite au chef de gare pour monter, au chef de train pour descendre

1908 Arrêt ouvert au service des voyageurs, des bagages et des chiens en provenance ou à destination des gares, stations et arrêts des sections de Bressuire à Niort et de Benet à Fontenay le Comte Voyageurs doivent prêter leur concours au conducteur du train ("conducteur" : pas le mécanicien, mais le chef de train) pour le chargement ou le déchargement de leurs bagages 

Desserte vers Niort Train mixte 1re 2e 3e classe à 15:52 ; vers Fontenay trains omnibus 1 2 3 cl à 8:16 13:58 17:32 ; d'autres trains passent sans arrêt

 

La dame chef de halte cumulait souvent avec l'emploi de garde-barrières. Billets et bagages entre 15 et 5minutes avant heure règlementaire d'arrivée du train, puis fermeture barrières

 

 

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1930

3trains par sens, plus un aller retour Coulonges sur l’Autize (départ 8 :13, retour 17 :19) circulant les jours de la principale foire de Coulonges-sur l’Autize (habituellement le premier mardi du mois). 

Notre ami Yoopi79 nous dira j’espère si les Léodgariens vont toujours faire la foire une fois par mois à Coulonges sur l’Autize :-)

 

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La dame chef de halte cumulait souvent avec l'emploi de garde-barrières. Billets et bagages entre 15 et 5minutes avant heure règlementaire d'arrivée du train, puis fermeture barrières

 

 

Illustrations : Madame et enfant(s). Blouse type "guichet SNCF" ou "blouse de ménagère" à la fin des haltes et points d'arrêt gérés. Je n'ai rien trouvé de plus récent dans le vaste Net, ni dans des livres de photos comme Les omnibus ou Les autorails, sauf une photo sur les chemins de fer corses. Soit elles ne voulaient pas se faire photographier, soit elles étaient peu considérées par les photographes. Et pourtant, la dame en blouse faisant un mini brin de causette avec le chef de train de l'autorail pendant l'échange de la sacoche à plis et la signature du "carnet de valeurs" pour confier sa (toute petite) recette et les papiers comptables était un spectacle courant sur les "petites lignes" !!!

11 1 Halte Regnévelle.jpg

12 1 Halte Amécourt  Talmontier 1906 3223636769_1_2_iU9vmATx.jpg

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 le projet de plateforme à bus aura beneficié d'un grand coup de pied d'accélérateur.

 

Fabrice

Un  projet de plateforme à bus un peu débile vu l'excellente route Niort Fontenay, ou alors peut être juste utile pour la traversée des faubourgs de Niort ?

Mais vu le niveau des aménageurs actuels, qui font du très peu performant , pour très cher, il y aura des chances que les bus seront en site propre partout où le site propre ne sert à rien et pas de site propre et traversée dans les embouteillages à Niort !

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c'est très exactement les bouchons Niortais ( oui, ça existe en province...), que ce projet entend combattre, car en venant de Fontenay, le bus se les tape dans toute la longueur de la ville de Niort....

Solution qui plait enormement à SNCF Reseau, en droite filiation de RFF gestionnaire...

Fabrice

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Document général sur le service des haltes

Monsieur Bricka, aux pages 212 à 214 de son Cours de chemin de fer professé à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées (1894) décrit comme suit l’organisation du service dans les haltes :

"348. Service des stations de très faible importance

 …..On a été amené, surtout sur les lignes peu importantes, à multiplier les arrêts et à en établir en des points où un poste de mouvement n'est pas utile : ce sont alors des haltes ; le service en est confié à une femme ou à un agent infirme dont le service consiste uniquement à donner et à recevoir des billets, et à en tenir la comptabilité. Lorsque ces haltes sont ouvertes au service des bagages, c'est le chef de halte qui fait l'enregistrement et la livraison, mais ce sont les agents du train qui manutentionnent les colis.

 

On peut encore simplifier le service en supprimant toute espèce d'écritures et en ne faisant délivrer aux voyageurs des billets que pour quelques stations les plus voisines ; ceux qui vont au delà reçoivent des billets supplémentaires dans une de ces dernières ; alors c'est simplement la garde-barrières, s'il y en a une, qui distribue les billets, et sa comptabilité consiste à remettre au chef de la station voisine, chargé des écritures, l'argent qu'elle a reçu avec l'indication du nombre de billets qu'elle a donnés ; on peut même se contenter de lui faire délivrer un bulletin d'origine en échange duquel le chef de train ou la station destinataire délivre un billet au voyageur contre paiement.

 

S'il n'y a pas de garde-barrières, on fait faire, sur certaines lignes d'intérêt local, le service par un commerçant voisin, aubergiste, cafetier, buraliste, etc., qui vient au chemin de fer aux heures des trains.

 

Enfin on arrive au comble de la simplicité en supprimant tout agent c'est le chef de train qui délivre les billets en route et les reçoit à l'arrivée ; il y a évidemment économie de personnel, mais la vérification des sommes réellement perçues par les agents est très difficile.

 

Ces moyens simples d'exploitation ont pris naissance sur les lignes d'intérêt local, notamment sur les lignes des Dombes et de la Sarthe ; leur emploi se répand peu à peu sur les lignes peu importantes des grands réseaux, depuis que les Administrations de chemins de fer sont arrivées à reconnaître qu'une formule unique d'exploitation n'était plus possible en raison de la diminution progressive de l'importance des lignes nouvelles qu'elles avaient à exploiter...."

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Comme dit par M Bricka, on peut encore simplifier le service… ; alors c'est simplement la garde-barrières, s'il y en a une, qui distribue les billets, et sa comptabilité consiste à remettre au chef de la station voisine, chargé des écritures, l'argent qu'elle a reçu avec l'indication du nombre de billets qu'elle a donnés.

L’ouvrage Les Chemins de Fer, de MM Lefèvre et Cerbelaud (1888) décrit ainsi les tâches confiées au  service de la voie, en dehors du travail d’entretien proprement dit, et en particulier la fonction de garde-barrières.

"Les brigadiers ou cantonniers sont habituellement des hommes mariés, qu'on loge dans les maisons de garde de passages à niveau et dont la femme exerce, moyennant une petite rétribution [je compte revenir sur ce thème], les fonctions de garde-barrière.

Les passages à niveau sont de deux espèces : les passages gardés et les passages libres; dans ces derniers, la circulation publique s'effectue sous la responsabilité et aux risques et périls des passants qui sont d'ailleurs avertis de se tenir en garde par un écriteau placé près du passage.

Sur les lignes où la circulation des trains acquiert une certaine importance, tous les passages à niveau sont gardés. Il y a néanmoins quelques passages dont les barrières sont manœuvrées à distance par le garde du passage voisin.....

Les barrières qui clôturent les passages à niveau sont de deux types : pivotantes on roulantes. Ces dernières sont aujourd'hui les plus employées; elles sont en fer, à croisillons d'un aspect très léger et d'une manœuvre très facile…..

L'éclairage des passages à niveau et la manœuvre de leurs barrières sont réglés pour chaque ligne par des arrêtés ministériels ou préfectoraux.[les multiples régimes d’ouverture et de fermeture des barrières et leurs conséquences sur l’organisation du travail sont un sujet à eux-seuls].

 

Illustrations : les familles telles que les Compagnies les aimaient : le mari à la Voie et la femme aux barrières, avec son drapeau rouge d'arrêt des trains si des gens se mettaient en danger en désobéissant à sa (forte) voix et en franchissant les barrières, ou en s'immobilisant sur la voie (les ânes sont parfois rétifs, le chariot se coince dans les ornières, le chargement de foin baldingue, les voitures et camions calent) : la hantise des garde-barrières, devoir partir au pas de course, drapeau rouge déployé et agité, le long de la voie vers le train attendu. Et l'horreur, ne rien pouvoir faire parce que trop tard, et voir mourir un gamin qui allait à l'école avec son fils !!!

Barrières "d'une manœuvre très facile", avec le sourire pour la photo. Comme dit le texte, c'est l'aspect qui est léger !!!

 

Garde Barrières les-vieux-metiers-garde-barrieres.jpg

Garde barrière train149_Email_872x1200blogrogercolombier.jpg

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Bon laissons passer les régionales.....vous ne saurez rien de plus d'ici là....sauf à questionner les candidats....!

De préférence durant la campagne et devant la presse....(mais par certains que votre voie ferrée passionne les niortais ....je me trompe ?)

 

Là, tu joues sur du velours, ami de la Peninsule.....quel que soit le bord politique des candidats des deux régions, personne ne souhaite se mouiller pour cette petite ligne...

...moi, je resterais à contempler le carnage, incredule....

Fabrice

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Là, tu joues sur du velours, ami de la Peninsule.....quel que soit le bord politique des candidats des deux régions, personne ne souhaite se mouiller pour cette petite ligne...

...moi, je resterais à contempler le carnage, incredule....

Fabrice

ben si tu le dis et si il en est ainsi.....on peu dire que la population qui a voté pour ces politiques ne pourra pas dire qu'elle ne savait pas.....

il ne reste plus qu'à prendre l'apn , un sac pour ramasser quelques tire fond, avant que tout ne soit démantelé face à une telle unanimité démocratiquement voulue...

;);)

 

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On parlait ailleurs de desindustrialisation, de sous Préfectures qui s'endorment....

..c'est bien pire que cela, celà se compare plutôt à une euthanasie...

Fabrice

 

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...moi, je resterais à contempler le carnage, incredule....

Fabrice

Notre ami Fabr a une âme de poète !:Smiley_25:

Je propose :

 

"...moi, je resterais, vêtu de ma large cape noire, à contempler le carnage, sous la tempête.

Incrédule, le visage fouetté par les embruns....":Smiley_24:""

Le saccage de la ligne de Fontenay le Comte est une histoire pleine de bruit et de fureur !

....et racontée par un idiot ! (*)

 

(*) pas toi Fabr, mais les "décideurs" !

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De l’emploi des femmes dans les chemins de fer français (1885)

Avant de voir le cas particulier des gardes-barrières, un témoignage de la vision directoriale d’une époque

"Les économistes, les statisticiens, les philosophes ont écrit des volumes sur la condition de la femme dans la société moderne, et spécialement sur les améliorations qu'il conviendrait d'apporter à l'organisation générale du travail pour y faire à la femme une place plus large et mieux proportionnée à l'importance toujours croissante de ses besoins et de ses charges.

L'étude de cette question, non moins séduisante par son côté moral qu'au point de vue purement humanitaire, a même été poussée si loin dans ces derniers temps, que plus d'un esprit généreux s'y est laissé entraîner jusqu'aux limites de l'utopie. L'accession des femmes aux carrières et emplois précédemment réservés à l'homme seul doit être, en effet, restreinte, à notre avis, dans des bornes assez étroites, qui ne peuvent être fixées raisonnablement que par les lois de la nature et le sentiment des convenances.

…..

Pour nous, …le principe est que, dans la famille en possession de son chef, c'est-à-dire en toutes circonstances normales et régulières, l'homme doit suffire par son travail à faire vivre les siens, tandis que la femme, toujours attachée au foyer, doit borner son activité aux soins du ménage et des enfants.

A ce rôle d'apparence modeste, où, par ses travaux d'intérieur et son art de tout utiliser sans rien perdre, par son esprit d'ordre et de sage économie, la femme procure déjà en réalité, un gain fort appréciable à la communauté, elle peut assurément joindre encore au besoin quelque travail salarié pour le compte d'autrui. Mais, en pareil cas, et ce sont là des conditions de paix et de sécurité conjugales qui ne devraient pas voir d'exceptions, ce travail de la femme ne devra s'exercer que pour apporter au gain personnel du mari un utile appoint; il ne devra se pratiquer qu'à la maison, et jamais au-dehors, sauf absolue nécessité.

Ces principes admis pour la majorité des cas et réglant par conséquent la situation de toute femme associée courageusement pour la prospérité du ménage aux efforts d'un mari qui travaille, il reste à examiner ces cas toujours trop nombreux à coup sûr, mais qui, relativement, n'en sont pas moins exceptionnels, où la femme, privée de son soutien naturel, n'a plus pour subvenir à ses besoins et souvent même à ceux des siens, d'autres ressources que son travail de veuve ou d'orpheline.

C'est là que la question apparaît pressante, inéluctable: c'est là que la société, en présence de la femme dénuée de tout secours matériel, de tout appui moral, doit lui tendre la main et faire en sorte de mettre à sa disposition, fût-ce même hors de chez elle, un travail compatible avec ses aptitudes et capable de lui assurer, sans détriment pour son honneur, le pain de chaque jour.

………."

 

A suivre, j’espère…

 

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Le cas des "aides garde-barrières" (dénomination officielle)

"A cet effet, étant donné que nous avons spécialement en vue [dans l’article] la femme qui se suffit à elle-même par son seul travail, nous commencerons par placer en quelque sorte hors de notre cadre la classe beaucoup plus nombreuse de celles qui, favorisées de l'appui d'un mari, lui apportent avec l'autorisation de la Compagnie, un concours matériel dans l'exercice de ses fonctions et un modeste supplément de solde. Nous voulons parler ici de ces femmes de poseurs de la voie, d'aiguilleurs, de chefs et de sous-chefs d'équipe qui, sous le nom d'aides-garde-barrières, sont chargées, comme auxiliaires de leur mari du service d'un passage à niveau dont la maison sert de logement au ménage. A la Compagnie de l'Est, le nombre de ces femmes est de plus de 2.000, et l'allocation spéciale qui est affectée à la rémunération de leur travail varie entre les chiffres modiques de 120, 144, 180 francs par an jusqu'au maximum exceptionnel de 240 francs, suivant que le service du passage à niveau qu'elles occupent exige la manœuvre d'une ou plusieurs barrières, soit à portée de la main, soit à distance. [A titre de comparaison, le revenu annuel moyen des 20 employées commissionnées des services centraux, "réduites à vivre de leurs propres ressources", est de 1250 francs]

Ce qu'il importe de remarquer dans l'espèce, c'est que le mari seul est employé de la Compagnie; qu'il figure seul sur les états du personnel et que, seul, il est admis à émarger, aussi bien pour l'allocation afférente au service des barrières que pour son propre salaire. En d'autres termes, conformément aux principes généraux posés en tète de cette étude, c'est ici le mari qui gagne de ses mains le pain de tous les siens. Quant à la femme, elle ne fait qu'apporter, par un travail à domicile, un léger appoint au salaire personnel du chef de la famille; mais elle n'est pas titulaire d'emploi; elle ne gagne pas sa vie.

[Elle n’est personnellement affiliée ni à la Caisse de Prévoyance, ni à la Caisse des Retraites de la Compagnie].

Il résulte de là, que, dans le cas qui nous occupe, le mari entraîne fatalement par son départ le départ de sa femme et que la mort, en lui arrachant avec ses fonctions le gain qu'elles produisaient, met fin du même coup aux fonctions auxiliaires de sa veuve et à la rétribution spéciale qui les rémunérait."

 

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Avec le temps, les garde-barrières sont devenues administrativement et financièrement autonomes par rapport à leur mari, mais leur emploi à certains passages à niveau dépendait du fait d’être mariées. En effet, les femmes n’avaient pas le droit de travailler la nuit. Or certaines barrières étaient normalement fermées la nuit, mais pouvaient être ouvertes sur demande d’un usager. C’est le mari de la garde-barrière qui seul pouvait assurer cette tâche. Le même problème se posait s’il fallait en plus assurer une fonction de garde de block manuel entre deux gares ("célèbre" cas du très rare poste intermédiaire de Block Manuel de Voie Unique type SNCF du PN de Montplaisir entre Brive et Turenne, ouvert uniquement pour écluser en été les trains de nuit de Toulouse, Aurillac et Rodez).

 

En d’autres lieux, les garde-barrières pouvait assurer un service autonome : fermeture de la ligne la nuit (prescriptions particulières sur l’Est pour réouverture militaire inopinée), auquel cas les barrières étaient ouvertes au passage du dernier train de chaque sens ("signal de clôture") ; barrières fermées la nuit (l’usager devait faire le détour mentionné sur un panneau d’affichage).

 

Sans parler de leur situation malheureusement déclencheuse de on-dits ou de harcèlement sexuel, les conditions d’emploi des garde-barrières veuves ou célibataires ont été extrêmement difficiles dans les dernières années des barrières, puisqu’elles ont dû déménager en fonction du remplacement par des barrières automatiques, processus dans lequel la SNCF ne maîtrisait pas le calendrier, car elle n’’était pas seule en cause (par exemple, financement routier nécessaire en cas de création d’un pont).

Paradoxalement, çà pouvait être les garde-barrières les plus gradées qui devaient bouger, puisque les PN ayant du trafic ferré et routier étaient les premiers convertis si les difficultés techniques n’étaient pas trop grandes.

 

Les reconversions de celles qui n’étaient pas retraitables n’ont pas été moins difficiles : "se retrouver au ménage dans un foyer de mécaniciens quand on a géré un passage à niveau important donnant l’accès routier à un grand port, bon, y a pas de sot métier, mais…"

Garde-barrières et chauffeurs de route vapeur aux rapides et express sont à mon avis les deux métiers dont les titulaires ont le plus souffert de la modernisation, et en silence.

 

Pour finir, lien avec trois articles donnant la parole à deux représentantes d’une profession qui n’était pas souvent interviewée. Deux des articles montrent que les conditions scabreuses ont pu se prolonger bien après le départ en retraite.

http://www.ladepeche.fr/article/2009/02/08/537091-a-francoumas-la-chef-de-halte-c-etait-rose.html

http://www.ladepeche.fr/article/2009/03/19/576015-garric-yvette-82-ans-attend-encore-eau-robinet.html

http://www.ladepeche.fr/article/2009/03/28/583813-garric-yvette-enfin-eau-robinet-grace-ladepeche-tv.html

 

Bon, pas beaucoup de documents sur la halte de Liguaire proprement dite, mais ses titulaires ont sans doute eu beaucoup de points communs avec d’autres membres de leur profession exerçant ailleurs, ce que j'ai essayé de restituer.

 

Une dernière pensée de ma part pour les garde-barrières qui après un "savon" (vigoureux) de police des chemins de fer sur l’interdiction de marcher le long des voies avec mon petit carnet releveur de Pk et d'indications de signaux (y a prescription depuis longtemps), m’ont offert un café (çà fait du bien, surtout quand il pleut), m’ont parlé de leur métier avec leurs mots et leur conscience professionnelle, et m’ont mis en rapport avec leur mari, le chef de brigade, le chef de district,…premiers pas vers l’accès à la caverne aux trésors de la Section, la réserve des plans ("çà sert plus çà, ou c’est en double çà, tu peux garder"  :-)

Et une pensée toute particulière pour la maman de D., veuve, qui a eu une vie dure, mais a permis à sa fille de faire ce qu’elle voulait faire, dans un domaine fort masculin à l'époque :-)

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