Les changements de résidence - pour convenances personnelles ici - (tout le monde dit mutation mais ce sont des changements de résidence, lire de lieu d'affectation) ne sont encore régis que par un texte sacré s'il en est puisque c'est le Statut. Pour le personnel contractuel qui peu à peu va se substituer au personnel sous Statut c'est davantage du gré à gré mais, faute de mieux, ce sont peu ou prou les dispositions statutaires qui sont susceptibles de servir de référence. Des règles bafouées ou ignorées tous les jours. Ne serait-ce que parce qu'il n'y a pas (plus) guère de suivi par établissement. J'ai connu une époque où il y avait localement un acteur RH spécialement dédié aux changements de résidence, ne serait-ce que pour la paix sociale. Il n'y en avait en effet pas un seul préavis de grève local qui n'exprimait quelques revendications pour accélerer les mouvements, longs et incertains par nature. Quand tous les demandeurs sont prioritaires (seule chance de succès) c'est finalement comme si personne ne l'était ! Dans les réunions des délégations du personnel remontaient règulièrement des questions sur la situation et l'avancée de la demande de tel ou tel. Parfois des audiences spécifiques. Certains établissements proposaient une réunion annuelle dédiée. Et peu à peu tout cela s'est délité. Le sujet est étonnamment tombé en friches sur le plan social. En activité (syndicale), j'ai pendant un temps eu en charge ces questions. N'étant pas demandeur de changement de résidence, c'était plus facile pour moi d'être neutre et d'essayer de proposer autre chose que ce qu'il y a dans le Statut. Syndicalement, vouloir modifier le Statut, il faut s'accrocher ! Que de souvenirs... houleux, me faisant copieusement conspuer ! L'une des propositions c'était qu'on arrête avec la priorité liée à la chronologie des demandes car cela favorise celui ou celle qui le plus tôt possible aura déposé une demande au détriment du néo-demandeur qui après avoir rempli son contrat un certain temps souhaiterait changer d'air. Je préconisais un système de points. Accepter par exemple une affectation peu courue vaudrait priorité pour obtenir plus tard mieux. Les années passées sans demande de changement de résidence pourraient compter autant sinon plus que le strict ordre chronologique de l'ancienneté de la demande. Pour l'attribution d'un logement on accorderait une priorité à celui qui n'est pas (encore ?) demandeur de changement de résidence. Et pourquoi pas le passage systématique vers la région parisienne avant toute affectation en province (comme le pratiquaient à mon époque de nombreuses entreprises publiques ou administrations). Bon, aux PTT pour aller de l'Ile de France à La Réunion, le classement des priorités - bien que plus juste que celui en vigueur à la Sncf - conduisait à... 40 annnées d'attente ! A la SNCF pour la région de Montpellier il y avait davantage de demandes enregistrées que d'effectifs en poste dans cette région ! Il s'est finalement avéré impossible de faire valider syndicalement (congrès, assemblées générales, cahiers revendicatifs...) toute autre disposition que le Statut bien que chacun savait que ses dispositions étaient détournées ou ignorées chaque jour. Une posture syndicale venant principalement de la Province - vivre et travailler au Pays - barrait la route à tout système d'affectation via un passage obligé en région parisienne. Et comme la province était majoritaire en nombre d'adhérent(e)s et donc de mandats lors du vote des orientations c'était plié et ça l'est resté jusqu'à ce que je prenne ma retraite. J'avais renoncé à m'en occuper bien avant. Sur la priorité médicale, noble s'il en est, je préconisais qu'elle soit asservie à une amélioration prévisible selon les données acquises de la médecine de l'état de santé, sinon à quoi bon ? A ce sujet, un médecin régional (qui était amené à émettre un avis sur la priorité médicale invoquée) faisait valoir qu'un asthmatique à Paris le serait tout autant à Montpellier. Pas faux. Sauf à l'affecter spécifiquement à Font-Romeu, la seule gare de la région qui, selon lui, était à la bonne altitude avec le bon climat et le bon air.