Aller au contenu
Le Web des Cheminots

FRET : Annonces gouvernementales et Rassemblement CGT du Bourget mercredi 16 septembre 2009


Messages recommandés

Rassemblement du Bourget - CGT

16 septembre 2009

*La Une de l'Humanité du jeudi 17 septembre 2009

Modifié par Dom-trappeur
Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

L'Etat engage 7 milliards d'euros pour développer le fret

Reuters

L'Etat va investir sept milliards d'euros d'ici 2020 dans le cadre d'un "engagement national" en vue de développer le fret ferroviaire en France.

Cet engagement, présenté par le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo mercredi en conseil des ministres, entre dans le cadre du Grenelle de l'environnement, qui a fixé pour objectif de porter à 25% d'ici 2022 la part des transports de marchandises alternatifs à la route, contre 14% aujourd'hui.

"Il est aujourd'hui indispensable de donner au fret ferroviaire une nouvelle ambition, un nouveau souffle", a déclaré Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, à l'issue du conseil des ministres.

L'engagement de l'Etat en la matière doit permettre de réduire de plus de deux millions le nombre de trajets de poids lourds sur les routes françaises d'ici 2020, et de plus de deux millions de tonnes les émissions de CO2, précise le ministère de l'Ecologie dans un communiqué.

"La réussite de ces objectifs passe avant tout par la reconquête de parts de marché par le fret ferroviaire: la croissance des modes les plus respectueux de l'environnement devrait en effet être assurée à 85% par le mode ferroviaire et à 15% par le fluvial", a souligné le ministère.

Dans le cadre du paquet "énergie-climat" adopté l'année dernière au niveau européen, les Vingt-Sept se sont engagés à réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à l'année de référence 1990.

"CHAMPION FRANÇAIS"

L'investissement public pour le fret vise notamment à accroître le ferroutage, qui consiste à charger les camions sur les trains, développer les "opérateurs ferroviaires de proximité" et le "TGV ferroviaire" sur les lignes à grande vitesse, ou encore améliorer la desserte des grands ports français en parallèle à la réforme des ports.

"La SNCF va investir au moins un milliard d'euros dans les cinq prochaines années" pour participer au développement du fret express sur les lignes à grande vitesse ou des opérateurs de proximité dans les zones à faible trafic où les camions prennent le relais du ferroviaire, a ajouté Luc Chatel.

La même idée présidera à la création d'opérateurs dans les ports commerciaux, notamment au Havre ou à La Rochelle, et à l'aménagement des terminaux dans les aéroports de Roissy ou Lyon-Saint-Exupéry.

Cet engagement doit aller de pair avec la réforme de l'activité fret à la SNCF, en difficulté depuis plusieurs années et qui a compté au premier semestre pour 323 millions des 496 millions de pertes affichées par l'entreprise.

La réorganisation du fret, qui doit être dévoilée le 22 septembre lors du Comité central d'entreprise à la SNCF, est la cible depuis plusieurs mois de mouvements sociaux.

La CGT, première organisation syndicale à la SNCF, a demandé au début du mois au Premier ministre François Fillon une table ronde sur ce dossier et les organisations représentatives ont menacé d'une grève en marge du CCE.

L'implication de la SNCF entre dans le projet de l'Etat de doter la France d'un "champion français" du transport combiné, sur ce marché ouvert à la concurrence depuis avril 2006.

L'Etat entend notamment renforcer les grands axes Lyon-Turin ou Perpignan-Luxembourg et une liaison dite "Atlantique" entre le sud de l'Aquitaine et le Nord.

Réseau ferré de France (RFF), déjà lié par un "contrat de performance" de 13 milliards pour moderniser son réseau d'ici 2015, est en outre chargé d'étudier la possibilité d'une liaison transverse entre le Rhône et l'Atlantique.

Enfin, l'essentiel de l'investissement public portera sur les travaux de contournement des agglomérations de Lyon, de Nîmes et de Montpellier, pour un total de 4,5 milliards d'euros.

Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Libération 17 septembre 2009

La situation du fret jugée «périlleuse»

Par CATHERINE MAUSSION

Mobilisation des syndicats autour du fret. Hier, la CGT, SUD rail, et l’Unsa ont interpellé la SNCF, mais aussi l’Etat,

sur la situation du fret «devenue périlleuse avec la crise»,

selon Didier Lereste, secrétaire général de la CGT cheminots,

lors d’un rassemblement devant le siège de la direction du fret à Clichy.

La crise, qui a entraîné une chute du trafic,

pourrait aboutir à un déficit de 600 millions d’euros en 2009.

Aussi les syndicats demandent-ils à l’Etat de subventionner

les activités de fret les moins rentables.

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Libération

Plus de 7 milliards pour le fret ferroviaire d'ici 2020

Cette annonce du ministère de l'Ecologie s'inscrit dans le droit fil du Grenelle de l'Environnement, qui prévoit de faire passer la part des transports de marchandises alternatifs à la route de 14 à 25% d'ici 2022.

Le gouvernement consacrera plus de 7 milliards d'euros au développement des infrastructures du fret ferroviaire d'ici 2020, afin de favoriser le report de la route vers le rail, a annoncé ce mercredi Jean-Louis Borloo.

«Il est vital de développer le fret», a déclaré le ministre de l'Ecologie.

Huit axes de développement ont été retenus, dont la suppression des goulets d'étranglement ferroviaires dans certaines villes par la création de contournements, le développement du fret à grande vitesse entre les aéroports ou encore la création d'un réseau d'«autoroutes ferroviaires» pour favoriser le transport de camions par le train.

«Préparer l'après-pétrole»

Cette annonce s'inscrit dans le droit fil du Grenelle de l'Environnement, qui prévoit de faire passer la part des transports de marchandises alternatifs à la route de 14 à 25% d'ici 2022.

«Il est indispensable d'augmenter la part du fret ferroviaire contre l'aérien et le transport routier» et de «préparer l'après-pétrole», a expliqué Jean-Louis Borloo.

Le gouvernement espère réduire d'ici 2020 de plus de 2 millions le nombre de trajets de poids lourds sur les routes chaque année et vise plus de 2 millions de tonnes de Co2 émises en moins.

L'effort d'investissement sera réparti entre l'Etat, Réseau ferré de France (RFF, le gestionnaire public des infrastructures ferroviaires) et la SNCF.

Emprunt national ou pas?

Sur les 7 milliards d'argent public du plan, la compagnie nationale va notamment investir dans les cinq prochaines années un milliard d'euros au moins dans des solutions innovantes de transport de marchandises.

Il n'a pas été décidé à ce stade si l'Etat aurait recours au grand emprunt national pour financer ces dépenses, a indiqué le ministre de l'Ecologie.

De son côté, la SNCF s'apprête à présenter ses projets de réorganisation pour son activité de fret, en perte chronique, lors du comité central d'entreprise et de son conseil d'administration les 22 et 23 septembre.

Frappé de plein fouet par la crise, le fret SNCF devrait perdre 600 millions d'euros cette année, après un déficit de 340 millions d'euros en 2008.

(Source AFP)

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Libération

Plus de 7 milliards pour le fret ferroviaire d'ici 2020

Cette annonce du ministère de l'Ecologie s'inscrit dans le droit fil du Grenelle de l'Environnement, qui prévoit de faire passer la part des transports de marchandises alternatifs à la route de 14 à 25% d'ici 2022.

L'effort d'investissement sera réparti entre l'Etat, Réseau ferré de France (RFF, le gestionnaire public des infrastructures ferroviaires) et la SNCF.

Sur les 7 milliards d'argent public du plan, la compagnie nationale va notamment investir dans les cinq prochaines années un milliard d'euros au moins dans des solutions innovantes de transport de marchandises.(Source AFP)

Et les autres EF alors??

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Et les autres EF alors??

elles prônent la concurrence libre et non faussée, elles ne vont quand même pas quémander l'argent de l'Etat (quoique ... Véolia s'oriente vers le trafic voyageurs justement pour ça ....) koiquesse

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

elles prônent la concurrence libre et non faussée, elles ne vont quand même pas quémander l'argent de l'Etat (quoique ... Véolia s'oriente vers le trafic voyageurs justement pour ça ....) koiquesse

Je me fais l'avocat du Diable, mais là, la concurrence n'est-elle pas faussée??

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Je me fais l'avocat du Diable, mais là, la concurrence n'est-elle pas faussée??

évidemment qu'elle l'est, elle l'est constamment ne serait-ce que par les disparités des conditions de travail et de salaire, qui font que c'est le plus mauvais de ce point de vue qui gagne !!!

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

D'ici 2020, 2 millions de trajets de poids lourds en moins sur les routes francaises!! On croirait rigoler lorsqu'on entend ca!! Pour le moment on rajoute des camions sur la route, et ce n'est pas ce que va annoncer la SNCF au grand public la semaine prochaine qui va changer la donne mais au contraire aggraver encore le nombre de camions sur les routes!!

Il faut qu'il y ait plus de fret transporté par le rail mais pour le moment, on fait tout l'inverse, comprenne qui pourra!!

Remarque c'est logique, d'un coté on nous parle de pollution, de sécurité, de grenelle de l'environnement et de l'autre, rentabilité, argent, pognon, oseille, blé!! On nous fait croire que tout le monde veut que le fret ferroviaire se développe mais on ne fait que supprimer des relations, abandonner des trafics pour les reporter sur la route!! Vous avez dit "grenelle de l'environnement", ha, autant pour moi!!!

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

L'Humanité 16 septembre 2009

social - économie

Didier Le Reste

« L’avenir de SNCF mérite un grand débat démocratique »

Transports . Plusieurs milliers de cheminots participeront aujourd’hui au Bourget à un rassemblement national sur le fret. Entretien avec Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT cheminot.

Quel est le but du rassemblement de plusieurs milliers de cheminots organisé par la CGT aujourd’hui au Bourget, en Seine-Saint-Denis ?

Didier Le Reste. Ce rassemblement national des cheminots s’inscrit dans un processus d’actions dans lequel nous mobilisons, cheminots, acteurs économiques, le mouvement syndical, ONG environnementales et responsables politiques afin d’obtenir que d’autres orientations président aux destinées de fret SNCF. Les technocrates de la direction envisagent aujourd’hui de ne plus assurer 60 % du trafic dit du wagon isolé sous prétexte que cette activité est déficitaire au sens capitalistique du terme. La direction affirme que la messagerie ferroviaire est à l’origine d’entre 70 et 75 % des pertes de fret. Néanmoins, je remarque que cette activité représente encore 43 % du chiffre d’affaires. La SNCF parle de perte mais omet de dire qu’elle subventionne à 50 % la logistique des groupes privés et qu’elle ne s’engage pas à capter de nouveaux trafics. Ses commerciaux sont cantonnés à la gestion des grands comptes au siège parisien. Les difficultés croissantes du wagon isolé sont ainsi d’une certaine façon organisées. On parle toujours de combien ça coûte mais jamais de combien ça rapporte à la collectivité nationale en termes d’efficacité sociale. La politique de la SNCF en matière de transport de fret va à l’encontre du développement durable. En présentant ses comptes du premier semestre 2009 et en annonçant une perte de 496 millions d’euros, la direction cherche à dramatiser la situation afin de culpabiliser les cheminots qui se voient reprocher « un manque de compétitivité ».

Vous avez déclenché la semaine dernière une alarme sociale, procédure qui arrive avant le préavis. Avez-vous obtenu réponse ?

Didier Le Reste. Une demande de concertation immédiate (DCI) a été déposée la dernière par la CGT, l’UNSA et la CFDT. Malheureusement, je constate que SUD Rail qui a refusé de s’associer à cette démarche revendicative et mobilisatrice, préfère une nouvelle fois encore jouer la carte de la division. Cette DCI ponctue un cycle de concertation sur l’avenir du fret engagé depuis plusieurs semaines. Nous disons au président de la SNCF, Guillaume Pépy, qu’il faut maintenant passer aux travaux pratiques et qu’il doit nous démontrer que la carte de la concertation et du dialogue social paie plus que le rapport de la force et la grève. La direction a consenti à une table ronde emploi et à une réunion sur les salaires début 2010 pour procéder à des ajustements. Mais le compte nest pas. Sur les salaires, cette proposition est notoirement insuffisante. Sur le fret, nous attendons toujours que les propositions portées par les organisations syndicales et singulièrement la CGT soient sérieusement examinées et négociées. La reconnaissance par la direction de l’échec de ses plans successifs de restructurations et de sa stratégie de dumping social montre que le seul tort de la CGT est d’avoir eu raison trop tôt. Aujourd’hui la CGT est donc légitime pour demander que soient examinées sérieusement ses propositions alternatives. C’est aussi le but des mobilisations en cours.

Comme La Poste, la SNCF appartient à tous, les cheminots mais aussi les usagers, les élus etc. Considérez-vous important d’élargir le débat au-delà des seuls salariés concernant son avenir ?

Didier Le Reste. La SNCF n’appartient pas à la technostructure qui la dirige. Elle appartient à la nation et c’est donc à ce niveau que son avenir doit être décidé. C’est pourquoi, nous demandons un débat national et démocratique sur le rôle que doit jouer cette grande entreprise publique déstabilisée aujourd’hui par les directives européennes de libéralisation et par sa gestion interne de plus en plus tournée vers le profit. Les décisions cruciales pour la SNCF ne peuvent être prises en catimini.

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab

Modifié par Dom-trappeur
Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

toujours dans l'Huma aujourd'hui 17, des chiffres intéressants, que je ne garantis évidemment pas mais qui me semblent plausibles :

en 2000 : 56 Gtk transportées

en 2009 : moins de 30 !!!

le plus intéressant s'il est avéré : depuis 2006, ouverture à la concurrence qui devait favoriser le transfert modal, la part du rail est tombée de 14 à 11 %

ça peut surprendre, mais quand on sait que les EF privées ne font que du TC, ça ne l'est finalement pas tant que ça

un dernier chiffre : seulement 10 % du trafic abandonné par la SNCF a été repris par ces EF !

question : quand cessera-t-on cette politique idiote ? quand remettra-t-on la SNCF en situation de reprendre en mains le wagon isolé comme elle a su si bien le faire ?

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Ayant l'occurence d'observer quotidiennement les trains ECR, le moins que l'on puisse dire, c'est leur farouche volonté de se diversifier, et leurs trains ressemblent de plus en plus à des trains du lotissement.

Sur SPC ils n'en sont pas rendus (encore?) à faire du triage, mais des remaniements doivent necessairement y avoir lieu. Ces trafics semblent de nouveaux marchés, en sus des traditionnels TC céréales, granulats, bois...

Je ne pensais pas que la part du rail avait encore régressé, mais un petit qui se développe, et un gros qui fond, le rapport de taille fait que mathématiquement la préeminnence du second sur le premier ne peut que faire chuter les chiffres.

Fabrice

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

question : quand cessera-t-on cette politique idiote ? quand remettra-t-on la SNCF en situation de reprendre en mains le wagon isolé comme elle a su si bien le faire ?

Sacré probléme, avec les données actuelles des coûts de transports et de la déréglementation routière.

Pour espérer quelques benefices, ou simplement tenir, il faut des "talents" de truands, ou de bons appuis collectifs..

Mais tout ceci n'est que notre partie visible transport, l'explication de fond tient beaucoup plus dans les orientations de notre société de "profit immédiats", comportements auparavant avant coureurs de crise grave (guerre) et qui signifient aujourd'hui la non confiance ni dans le lendemain, ni dans ses concitoyens....

Fabrice

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

D'ici 2020, 2 millions de trajets de poids lourds en moins sur les routes francaises!! On croirait rigoler lorsqu'on entend ca!! Pour le moment on rajoute des camions sur la route, et ce n'est pas ce que va annoncer la SNCF au grand public la semaine prochaine qui va changer la donne mais au contraire aggraver encore le nombre de camions sur les routes!!

Il faut qu'il y ait plus de fret transporté par le rail mais pour le moment, on fait tout l'inverse, comprenne qui pourra!!

Remarque c'est logique, d'un coté on nous parle de pollution, de sécurité, de grenelle de l'environnement et de l'autre, rentabilité, argent, pognon, oseille, blé!! On nous fait croire que tout le monde veut que le fret ferroviaire se développe mais on ne fait que supprimer des relations, abandonner des trafics pour les reporter sur la route!! Vous avez dit "grenelle de l'environnement", ha, autant pour moi!!!

Grenelle de l'environnement, taxe carbone... toutes ces annonces sont du vent!

Bien que ce ne soit pas le sujet, on peut aussi le voir sur du voyageur.

Exemple sur Chambéry / Bourg St Maurice où l'on fait le train en charge jusqu'à Alberville.

Ensuite les voyageurs sont invités à prendre l'autocar pour Bourg St Maurice, alors qu'on monte le train au même endroit et en même temps, mais en W. okok

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Ca me fait penser, je suis tombé sur un reportage, avec à un moment J.L. Borloo, avec une belle grande carte derrière lui, qui parlait des autoroutes ferroviaires. Il disait qu'on allait commencer par cadencer, avec un train par heure, puis un train toutes les 15 minutes. Ce sont en gros, ses mots. Vous trouvez ça crédible, vous ?

(Si quelqu'un arrive à retrouver la vidéo, je suis preneur ! :))

Gom

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Ca me fait penser, je suis tombé sur un reportage, avec à un moment J.L. Borloo, avec une belle grande carte derrière lui, qui parlait des autoroutes ferroviaires. Il disait qu'on allait commencer par cadencer, avec un train par heure, puis un train toutes les 15 minutes. Ce sont en gros, ses mots. Vous trouvez ça crédible, vous ?

(Si quelqu'un arrive à retrouver la vidéo, je suis preneur ! :))

Gom

La vidéo. :)

Ca me fait penser aux tapis roulants grands axes... une réussite!

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Ca me fait penser, je suis tombé sur un reportage, avec à un moment J.L. Borloo, avec une belle grande carte derrière lui, qui parlait des autoroutes ferroviaires. Il disait qu'on allait commencer par cadencer, avec un train par heure, puis un train toutes les 15 minutes. Ce sont en gros, ses mots. Vous trouvez ça crédible, vous ?

(Si quelqu'un arrive à retrouver la vidéo, je suis preneur ! :) )

Gom

Mais oui... comme sur un RER parisien.... Et même que c'est le père noël en personne qui accordera les sillons.

C'est du délire total! Effet d'annonce purement démago-écolo-machin chose, poudre au yeux made in "Grenelle de l'environnement"!!! Les régions ont déjà du mal à avoir des sillons potables et réellement cadencés à l'heure pour les TER, et on veut nous faire croire qu'on va faire du Fret cadencé au quart d'heure???? Cà voudrait dire du fret prioritaire sur du voyageur, sinon, on aura tot fait d'avoir du cadencement au bloc! Quand on regarde la culture d'entreprise résolument tournée sur le TGV et le voyageur en règle générale, ce serait un sacrilège de faire passer un Fret devant tout ce beau monde!

Quand on voit la "qualité" des sillons accordés au Fret actuellement, c'est tout un fonctionnement qui est à revoir, depuis RFF jusqu'à la régulation qui déroge de moins en moins à ce foutu "plan de transport" (circulation des trains dans un ordre bien précis, même si c'est abhérent), en passant par l'Infra qui dégrade les catalogues de sillons pour effectuer ses travaux, travaux qui sont planifiés après la conception des sillons par RFF!!!!

Modifié par CRL COOL
Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

A defaut d'appliquer les conditions Suisses et Autrichiennes, qui limitent les conditions de circulations des PL et subventionnent le transfert sur route roulante, le seul, l'unique effet du Modalohr, c'est d'être la solution Française: de la panade...il n'est nullement question chez nous de subventionner ce systeme, et personne ne voudra être le dindon de la farce. Ce systeme est mort-né, et il nous bouffe du fric pour d'autres solutions raisonnables de transfert modal.

A cet effet, voir depuis mai 2009, la mixité des trains de l'Autoroute ferroviaire qui desormais acceptent du combiné, afin d'être un peu plus competitifs, celà en dit long sur la bonne solution multimodale

Bien entendu, le fret traditionnel, s'il est traité correctement, conserve sa pertinnence; bien sûr on enfume tout le monde en se debrouillant pour faire croire à son obsolescence, à la "non productivité" des cheminots... En réalité, c'est bien l'opérationnel qui tire encore le "cadavre", et c'est plutôt dans certaines hautes têtes qu'il est déjà décédé, et qui se traduit par la destruction de conditions minimums à sa viabilité ( emplois en moins à la clé) .

Tout le monde est conscient que le Fret se devait de se bouger, même les "bien pensants". L'effet d'annonce de la suppression des 262 gares Fret fut catastrophique et emblematique: Oui, certaines gares pouvaient être fermées: aucun trafic ou si peu ( quelques wagons par année ) pour justifier une bataille, et donc une credibilité. Oui certaines autres devaient être maintenues...

La guerre de tranché observé à cette occasion fut revelatrice de l'obstination suicidaire des différentes parties en présence.

Le Fret merite mieux comme avocats...Quand aux nouvelles EF, elles réinventent l'eau tiède...

Tout ceci pris au second degré, fait rire.."jaune".

Alors, la suite, c'est quoi ? des petites entités en embuscade ?

Fabrice

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Articles l'Humanité 17 septembre 2009

Le rail, plus efficace que la taxe carbone

SNCF . Didier Le Reste, secrétaire de la CGT cheminots, annonce des fortes mobilisations dès le mois d’octobre. Les élus communistes sont venus apporter leur soutien.

Instant solennel. Au côté de 5 000 cheminots venus de toute la France, le secrétaire général de la CGT, Didier Le Reste, a inauguré, hier, une plaque dans l’enceinte du triage du Bourget. Une plaque le déclarant « d’utilité publique pour le développement durable ». Une plaque pour marquer la détermination de la CGT et des cheminots du site à se mobiliser pour gagner son maintien et son développement aujourd’hui menacé (voir page 3). Une plaque comme un coup de tonnerre troublant le concert de louanges médiatiques qui saluait, hier, la politique ferroviaire du gouvernement.

Les cheminots ont fêté à leur façon la journée du transport public. Alors que le ministre de l’Écologie et du Développement durable venait d’annoncer, un peu plus tôt, un investissement de 5 à 7 milliards d’euros pour, dit-il, « relancer le fret » avec le lancement du TGV fret, en 2015, et des autoroutes ferroviaires, en 2020, leur rassemblement du Bourget aura démontré que, sur ce sujet, les annonces du gouvernement sont systématiquement démenties par les faits.

« la politique d’abandon du wagon isolé »

Tour à tour, des agents venus de toute la France ont pris la parole pour illustrer « les conséquences de la politique d’abandon du wagon isolé » de la direction de la SNCF qui, avec la suppression de 10 000 postes, la fermeture de 500 gares et de plusieurs milliers de dessertes depuis 2003, a abouti à « jeter 1,5 million de camions supplémentaires sur les routes » (lire notre édition du 20 août 2007). Venue de Tours, Florence alerte ainsi sur « le risque de voir les transports de gaz, à destination de l’usine Primagaz, et de kérosène, à destination d’une base aérienne voisine, bientôt transférés sur la route », en raison de la probable fermeture d’une ligne ferroviaire laissée à l’abandon. Nicolas, de Montpellier, témoigne « de la chute de 41 % de la charge de travail dans la région sud-est, qui a jeté 6 000 camions sur les routes ». Invité au rassemblement, le maire PCF de Portes-lès-Valence, Pierre Trapier, fait, lui, siffler la direction quand il révèle que celle-ci a refusé « un contrat de 1 050 wagons par mois », proposé par l’entreprise Leroy-Merlin qui s’installe dans sa commune. Dénonçant le projet de fermeture du triage installé dans sa ville, il annonce la création d’un collectif de défense de l’installation, regroupant la municipalité, les syndicats, mais aussi la chambre du commerce et d’industrie, qui craint les conséquences de cette fermeture sur l’activité du port fluvial qu’elle gère.

Répondant à l’invitation faite aux élus du département par la CGT, la sénatrice et le député de Seine-Saint-Denis, Éliane Assassi et Patrick Braouezec, redisent « la disponibilité des élus communistes » pour se mobiliser pour sauver Fret SNCF. Éliane Assassi informe que le 22 septembre prochain, elle interpellera le secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau, et que le 29 septembre, elle organisera « une table ronde, à laquelle sont invités les élus du département, la SNCF, les pouvoirs publics », sur le devenir du triage du Bourget. Cette mobilisation des élus communistes franciliens est jugée

indispensable par Patrick Braouezec, car « l’Île-de-France est la région la plus riche d’Europe et pourtant les inégalités sociales y sont de plus en plus criantes », et parce que « les services publics sont des remparts contre l’injustice ». Députée de la ville voisine, la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, s’en prend aux « mensonges du gouvernement et de la majorité » qui prétendent oeuvrer en faveur du développement durable alors qu’« ils ont voté à Bruxelles l’ouverture à la concurrence ». Double jeu également dénoncé par l’eurodéputé Patrick Le Hyaric dans le message de soutien envoyé hier. Évoquant la taxe carbone, la politique du tout-camion, elle raille ainsi « la révolution verte » si chère à Jean-Louis Borloo. La responsable communiste a écrit au président de la République pour demander que soit stoppée la nouvelle restructuration à la SNCF, qui vise la suppression de 4 000 à 6 000 postes. « Les élus communistes sont à vos côtés pour résister dans les institutions », lance-t-elle, tandis que « le PCF et ses militants veulent construire une alternative à gauche » avec la construction d’un front de gauche « plus ambitieux ».

« intégrer le développement durable »

Revenant sur les annonces de Jean-Louis Borloo, le secrétaire général de la CGT, Didier Le Reste, rappelle qu’elles figurent depuis de longues années parmi les revendications de son syndicat, mais qu’elles « ne sauraient justifier le démantèlement de l’existant » et l’abandon du wagon isolé.

Alors que la SNCF devrait, selon lui, « intégrer les critères du développement durable : l’économique, l’environnemental et le social », il accuse la direction de l’entreprise de poursuivre sa transformation « en un groupe industrielle comme les autres où les valeurs du service public sont abandonnées pour intégrer les cheminots aux logiques du marché ». Les restructurations en cours « tracent les pointillés d’une vente à la découpe de la SNCF », accuse-t-il. Didier Le Reste brocarde la concurrence, affirmant qu’elle génère le dumping social et de graves entorses aux règles de sécurité du transport ferroviaire. Il accuse la SNCF de s’y prêter en créant des filiales qui viennent concurrencer Fret SNCF.

« Le problème ce sont eux (la direction et le gouvernement - NDLR), la solution c’est nous », lance-t-il aux cheminots. Une nouvelle fois, Didier Le Reste exige l’ouverture de négociations sur les revendications et les propositions de son syndicat. Et d’annoncer pour y parvenir « une puissante mobilisation, dès le mois d’octobre ».

Pierre-Henri Lab

Au Bourget, les cheminots réclament un triage d’utilité publique

Le site de Seine-Saint-Denis a perdu 300 emplois. Le nombre de wagons traités est passé de 800 000 à 500 000. La CGT revendique une table ronde.

Les mâchoires des freins se resserrent. Pincées, les roues émettent un sifflement aigu. Ralenti, le wagon de marchandise s’en va buter contre le convoi en cours de formation. Le poste 2 du centre de tri SNCF du Bourget, en Seine-Saint-Denis, est en pleine effervescence. Absorbés par leur tâche, l’aiguilleur et le freineur commandent ce site ultramoderne où tout ou presque est automatisé. Au visiteur non averti, l’activité de ce mercredi matin pourrait faire croire que l’établissement se porte bien. Il n’en est rien. « Entre 2002 et 2008, le nombre de wagons traités est passé d’environ 800 000 à 500 000 par an. La charge de travail a baissé de 43 % et l’année 2009 s’annonce encore plus mauvaise avec une baisse de 50 % au premier semestre par rapport à 2008 », témoigne David, président CGT de la commission économique du comité d’établissement de Paris-Nord. L’évocation de cette situation suffit à déclencher la colère des agents. « La politique environnementale du gouvernement ? C’est de la fumisterie. D’un côté, il crée une taxe carbone qui va encore amputer le pouvoir d’achat, de l’autre il sabote le fret SNCF », assène Pascal, agent de conduite. Les 300 000 wagons perdus par le site du Bourget l’ont été quasiment dans leur totalité pour le transport ferroviaire. La direction de la SNCF reconnaissant elle-même que ses concurrents n’ont réussi, depuis la libéralisation, en 2003, qu’à capter seulement 10 % de ses trafics perdus.

Les arguments de la direction sur « le manque de compétitivité des agents » font amèrement rigoler. Patrick, François et Kevin, qui travaillent à l’atelier de maintenance des wagons, annoncent un salaire brut de 1 080 euros. « Même pas le SMIC, on est loin des bonus des banquiers ! »

Pour ces cheminots, l’effondrement du fret est le produit d’une politique délibérée d’abandon du wagon isolé conduite par la SNCF et approuvée par le gouvernement. « Le site du Bourget a perdu 300 emplois. Cela l’a désorganisé, provoquant au passage de nombreux dysfonctionnements, qui ont poussé les petits chargeurs vers la sortie », explique David. Kevin raconte ainsi que « l’atelier de maintenance où une vingtaine d’emplois ont été supprimés, n’arrive plus à fournir la demande ». Comble de la stupidité, « pour rattraper le retard, on expédie des wagons par camions à Miramas, dans le Sud ». Kevin accuse même la direction d’avoir « foutu des clients dehors » en évoquant le cas d’un chargeur qui fournissait 40 wagons par semaine, contraint désormais d’utiliser la route.

Les cheminots du Bourget soupçonnent que le site, presque entièrement dédié aux wagons isolés, soit condamné à terme. Avec la CGT, ils exigent « une table ronde avec les élus locaux, les dirigeants de la SNCF et les pouvoirs publics ». Pour l’instant, « seule la sénatrice communiste Éliane Assassi a répondu favorablement ». En attendant, la CGT a déclaré hier le site « d’utilité publique pour le développement durable ». Pour continuer à entendre siffler les trains…

P.-H. L.

Fret : points de vue

« Le fret est un laboratoire »

NICOLAS SCHERRER, RÉGION CHAMPAGNE-ARDENNE

L’abandon du wagon isolé risque d’entraîner la suppression de 6 000 emplois, soit 50 % des effectifs. Aujourd’hui, nous sommes également présents pour lutter contre la destruction de la SNCF. Le fret n’est qu’un laboratoire. La direction veut appliquer les mêmes décisions au secteur de l’équipement. On propose aux agents de partir travailler dans les autres filiales en perdant le statut de cheminot pour avoir le statut d’une entreprise lambda. Alors que notre statut actuel nous garantit la sécurité de l’emploi, ce qui n’existe pas dans le privé. Les patrons perdent le fil conducteur de la SNCF qui est celui du secteur public. Ils souhaitent détruire le secteur du fret pour ouvrir la société à la privatisation.

« La réforme du fret est une décision politique »

EMMANUEL KISSE, PARIS

La direction affirme que wagon isolé coûte trop cher et plombe les comptes de la société. La direction a donc décidé de l’abandonner et de fermer des gares de fret bien que les entreprises revendiquent son maintien. Aujourd’hui le statut social des cheminots est remis en question. Des filiales ont donc été créées pour favoriser le départ des cheminots vers le statut de droit commun favorisant la flexibilité du travail. En dehors de cet aspect social, il existe celui concernant l’aménagement du territoire et l’irrigation. En faisant uniquement des grands axes ferroviaires, des villes ne seront plus desservies.

« Un enjeu pour l’ensemble des citoyens »

MARC ALBOUY, SECRÉTAIRE DU COMITÉ D’ENTREPRISE DE MIDI-PYRÉNÉES

La question du fret ne se voit pas en termes d’équilibre financier mais en termes d’environnement. Le transfert du fret à travers la route entraînera des répercussions sur l’environnement. Bien que déficitaire pour la SNCF, le maintien de ce secteur est dans l’intérêt de la population. Tout comme les écoles, l’eau et les hôpitaux, le fret a un coût et on ne peut pas le placer dans le service marchand. Le débat dépasse le monde des cheminots et il s’agit d’un enjeu pour l’ensemble des citoyens dans le cadre de l’intérêt général. Propos recueillis par Adeline Farge

La concurrence tue le fret ferroviaire

Entre 2006 et 2009, la part modale du rail est passée de 14 % à 11 %.

En 2000, Fret SNCF transportait 56 milliards de tonnes par kilomètre et affichait 80 millions d’euros de perte. Cette année, l’entreprise publique devrait transporter moins de 30 milliards de tonnes par kilomètre. Quant à ses pertes, elles pourraient dépasser les 600 milliards d’euros. Cette dégringolade est imputable au revirement dans les orientations de Fret SNCF intervenu avec le retour de la droite au pouvoir en 2002. Celle-ci choisit en effet, à ce moment-là, de rompre avec la politique de volume initiée par le gouvernement de la gauche plurielle et particulièrement par le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui avait fixé un objectif de 100 milliards de tonnes par kilomètre à atteindre en 2010. Désormais, l’entreprise doit privilégier une politique de marge et « s’adapter » à la concurrence. Les plans se succèdent, qui réduiront les capacités de Fret SNCF (10 000 emplois supprimés depuis 2003 et plus de 500 gares fermées au fret). En 2006, l’ouverture à la concurrence devait selon la droite permettre un report modal de la route vers le rail. À peine trois ans plus tard, la part du ferroviaire est passée de 14 % à 11 %. Selon la SNCF, ses concurrents auraient à peine capté 10 % de ses trafics perdus. Qu’importe le bilan catastrophique de cette politique, la majorité veut la poursuivre et franchir une nouvelle étape en filialisant Fret SNCF.

P.-H. L.

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

· Fret SNCF Interview P.Blayau 2009_09_18

· Pierre Blayau : «La réforme du fret est vitale pour la SNCF»

Propos recueillis par Fabrice Amedeo lefigaro.fr 18/09/2009

Rencontre avec Pierre Blayau, directeur de la branche transport et logistique de la SNCF.

Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Écologie, a présenté mercredi le plan fret d'avenir. Il prévoit de consacrer 7 milliards d'euros pour moderniser le transport de marchandises en France. Celui-ci doit favoriser le report de la route vers le rail pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce programme sans précédent financera des infrastructures telles que des lignes donnant priorité de circulation au fret, des autoroutes ferroviaires ou encore un réseau de fret à grande vitesse. De son côté, la SNCF, qui investira 1 milliard d'euros dans ce projet, doit maintenant s'attaquer à la restructuration de son activité de fret au bord de la faillite depuis 10 ans. Ce plan est très attendu par les agents du fret qui craignent la suppression de 6.000 postes ainsi que la remise en question de leur statut. Certains syndicats évoquent même de possibles mouvements sociaux. Pierre Blayau, le patron de la branche transport et logistique de la SNCF, dévoile ces mesures qu'il présentera mercredi au conseil d'administration de l'entreprise publique.

LE FIGARO. - Comment la SNCF a-t-elle été associée à l'élaboration du plan gouvernemental ?

Pierre BLAYAU. Depuis six mois, je travaille sur un diagnostic de la situation du fret à la SNCF, qui n'a pas été contesté. Cette activité perdra 600 millions d'euros cette année après avoir déjà perdu 3 à 4 milliards d'euros en cinq ans, sans permettre le moindre report du trafic routier vers le ferroviaire. Nous avons alors fait des propositions pour sortir de cette impasse, mais elles se seraient avérées insuffisantes si la SNCF les avait mises en œuvre seule. Jean-Louis Borloo en a pris conscience et a aussitôt décidé qu'il fallait moderniser à grande échelle nos infrastructures de fret. Pour faire du bon fret ferroviaire, il faut de bonnes infrastructures, des trafics pertinents et une entreprise compétitive. Grâce au plan gouvernemental de 7 milliards d'euros, la première condition va être remplie. Charge, maintenant, à la SNCF de remplir les deux autres.

La SNCF a annoncé qu'elle participerait au plan de modernisation du fret à hauteur de 1 milliard d'euros. Comment va-t-elle financer cette contribution ?

Le fret marche quand les trains sont remplis, sont longs et affrétés sur de longues distances. Si nous nous concentrons sur des trafics où nous sommes compétitifs, nous devons pouvoir étancher nos pertes et économiser 350 à 400 millions d'euros par an. En réinvestissant la moitié de cette somme dans les nouvelles offres du transport de marchandises en France, nous pouvons financer 200 millions d'euros pendant cinq ans, soit un milliard d'euros. Cette somme sera consacrée en priorité aux autoroutes ferroviaires, ces axes sur lesquels on fait rouler des camions sur des trains, ainsi qu'au transport combiné rail-route ou rail-fluvial. C'est dans le transport combiné que nous ferons le plus de progrès dans les baisses d'émissions de CO2 au meilleur coût.

Au-delà de cette participation de la SNCF, vous devez réformer la branche fret. Les cheminots s'attendent notamment à l'abandon de l'activité de wagon isolé qui consiste à charger dans un même convoi les cargaisons de clients différents…

Nous ne voulons pas arrêter cette activité de façon brutale, nous allons la transformer. Mais il est certain que la SNCF ne peut plus essayer de battre la route là où elle ne pourra jamais la battre. Nous voulons donc massifier progressivement nos trafics et mutualiser les services auprès de nos clients. Des trafics qui ne peuvent pas être massifiés, comme par exemple le transport de matières dangereuses, seront maintenus. Mais les clients devront accepter de payer le juste prix. Des hausses de 30 à 80 % des tarifs vont être mises en place. La SNCF n'a pas vocation à financer la moitié des coûts logistiques de grands groupes cotés.

Le statut des cheminots du fret sera-t-il remis en question ?

Absolument pas. Nous souhaiterions organiser le trafic autour d'entités spécialisées dans lesquelles les cheminots seraient détachés avec des contreparties sérieuses, le tout en maintenant leurs droits. Les cheminots qui le souhaitent pourraient travailler, le temps d'une mission, dans des conditions qui les rapprochent de celles des autres entreprises ferroviaires avec lesquelles nous avons été mis en concurrence.

Cela signifie-t-il que l'activité fret de la SNCF sera réorganisée en filiales ?

Non, nous pensons créer, par étapes et si cela est indispensable, trois à cinq filiales qui seront des opérateurs portuaires ou des sociétés spécialisées sur des secteurs géographiques ou économiques. Nous sommes sur le point, par exemple, de créer un opérateur portuaire au Havre. Une centaine de cheminots y seraient détachés. Il n'y a pas de privatisation: la SNCF est et restera une entreprise publique. Mais elle va devoir s'engager sur la qualité de son service et revoir ses pratiques managériales. Nous devons absolument reconquérir nos clients. Cette amélioration du service passera également par la garantie de meilleurs sillons de la part de Réseau ferré de France, l'établissement public propriétaire des voies. Nous préparons un contrat de qualité avec des pénalités pour l'un ou pour l'autre quand l'utilisation des sillons n'est pas optimale.

Ne craignez-vous pas que cette nouvelle réforme déclenche des grèves ?

Même si les organisations syndicales expriment des inquiétudes, je pense qu'elles comprennent que notre ambition de mutation est vitale pour toute la SNCF. Des propos tenus publiquement par plusieurs porte-parole traduisent une prise de conscience que je salue. Maintenant que la SNCF a convaincu l'État d'investir 7 milliards d'euros dans le fret, elle ne peut plus se permettre d'être timorée : elle doit avoir une attitude moderne. Je ne veux ni embrasement, ni amalgame. Notre entreprise doit gérer cette mutation dans le calme. Et on ne peut pas parler de suppression d'emplois, quand la direction s'engage à garantir l'emploi de tous les cheminots et à organiser « en grand » une évolution des métiers.

Des opposants à cette réforme expliquent qu'en diminuant l'offre de wagon isolé, la SNCF va inciter ses clients à se reporter sur le transport routier ?

Tous nos projets de fret d'avenir seront facteurs de report de la route vers le rail alors que les pratiques du passé ne généraient aucun report. Mais on ne fait pas du report modal en 18 mois. Lors de cette mutation du fret, nous allons vivre une période de transition durant laquelle le nombre de camions devrait croître de 1 à 2 %. Mais notre objectif de report est de 10 % en dix ans. Nous devons avoir sur cette période un calendrier qui permette de suivre trimestre après trimestre la mise en œuvre de nos nouvelles ambitions. Je garantis que, à horizon de 5 et 10 ans, nous participerons à la réduction des émissions de CO2 et que nous favoriserons un report de la route vers le rail d'une autre dimension que par le passé.

Ne risque-t-il pas d'y avoir un effet négatif sur l'aménagement du territoire ?.

Nous allons mettre en place avec les transporteurs routiers eux-mêmes, avec les chambres de commerce et les régions des dispositifs d'accompagnement au service des territoires. Nous allons soutenir toutes les initiatives locales pour qu'enfin des opérateurs ferroviaires de proximité voient le jour. Je prends l'engagement de ne laisser sans solution aucune entreprise, aucun bassin d'emploi. Mais encore une fois, il faut réussir ce que le pays souhaite : une rupture majeure pour une nouvelle mobilité des marchandises et une meilleure protection de l'environnement. C'est un défi que toute la SNCF veut relever, sous l'autorité de son président, Guillaume Pepy.

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Les cheminots finiront ils comme les filles de chez Moulinex avec Blayau ?

http://www.monde-diplomatique.fr/2004/03/LORDON/10897

Après avoir fait crever la boutique et licencié en masse et au passage empoché un bon paquet de fric, il sera recasé chez Géodis : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Blayau

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

D'ici 2020, 2 millions de trajets de poids lourds en moins sur les routes francaises!! On croirait rigoler lorsqu'on entend ca!! Pour le moment on rajoute des camions sur la route, et ce n'est pas ce que va annoncer la SNCF au grand public la semaine prochaine qui va changer la donne mais au contraire aggraver encore le nombre de camions sur les routes!!

Il faut qu'il y ait plus de fret transporté par le rail mais pour le moment, on fait tout l'inverse, comprenne qui pourra!!

Remarque c'est logique, d'un coté on nous parle de pollution, de sécurité, de grenelle de l'environnement et de l'autre, rentabilité, argent, pognon, oseille, blé!! On nous fait croire que tout le monde veut que le fret ferroviaire se développe mais on ne fait que supprimer des relations, abandonner des trafics pour les reporter sur la route!! Vous avez dit "grenelle de l'environnement", ha, autant pour moi!!!

+ 1 . et tout les produits qui nous arrivent de chine ( ils arrivent comment .? en bateau motorisation électrique .? ), il faut bien les distribuer sur le territoire .....

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant
×
×
  • Créer...