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Le Web des Cheminots

Le Service Minimum De M. Sarkozy Irrite Les Régions Dirigées Par La Gauche


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LE MONDE | 28.07.07 | 13h15

Les régions vont-elles freiner la mise en place du service minimum ? Contraintes par la future loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs de négocier avec les transporteurs un service minimum, elles devront définir, ainsi que le précise l'actuel projet, "les dessertes à assurer (...) en cas de perturbation prévisible du trafic".

Mais les régions, dont 21 sur 22 en métropole sont tenues par la gauche, n'apprécient guère. Le président de l'Association des régions de France (ARF), Alain Rousset, président du conseil régional d'Aquitaine (PS), accompagné de Martin Malvy, son homologue de Midi-Pyrénées, chargé des transports à l'ARF, devraient l'expliquer au ministre du travail, Xavier Bertrand, lundi 30 juillet. "Les conflits sociaux ne sont pas responsables des plus graves dysfonctionnements, dit M. Malvy, et ce n'est pas cette loi qui va régler le problème." Mais, ajoute-t-il, "on est coincés. Si la loi est votée, nous l'appliquerons d'autant que, précise le projet, si on ne le fait pas, ce sont les préfets qui le feront".

Autre président socialiste, Jacques Auxiette (Pays-de-la-Loire) s'insurge. "Le gouvernement fait preuve d'hypocrisie et manque de courage, assène-t-il. S'il veut limiter le droit de grève, il ne doit pas se décharger sur les autorités organisatrices de transport", soit les régions, les départements et les communes. De plus, dit-il, toutes les conventions actuellement négociées avec la SNCF prévoient des clauses sur un service garanti, assorties de pénalités en cas de non-respect.

Michel Destot, président du Groupement des autorités responsables de transports publics, prévient aussi : "Nous aurions préféré une démarche contractuelle et pas législative et nous savons qu'il ne sera pas possible de tenir les délais prévus par la loi, soit le 1er janvier 2008." Le député (PS) de l'Isère ajoute que, "dans les petites agglomérations, les départements, cela va être dur de négocier avec toutes les sociétés de cars par exemple, cela sèmera le trouble alors qu'il n'y a jamais de problème ; on sera hors délai". Selon lui, "pour le gouvernement, cela ne compte pas, l'important c'est l'affichage politique et que la loi soit votée".

Autre point possible de blocage, dans les actuels exécutifs régionaux, la responsabilité des transports est très fréquemment confiée à des communistes : c'est le cas dans 13 régions sur 22. Premier d'entre eux, l'ex-ministre des transports de Lionel Jospin, Jean-Claude Gayssot, chargé de ce dossier en Languedoc-Roussillon, rappelle les liens entre son parti et l'entreprise nationale SNCF, relation étroite aussi avec la CGT, premier syndicat chez les cheminots. "François Mitterrand, en 1981, a confié ce ministère à Charles Fiterman, communiste, et ces liens ont toujours existé", explique l'ex-cheminot M. Gayssot. Dit autrement par le socialiste chargé des transports en Rhône-Alpes, Bernard Soulages : "La plupart des régions choisissent des gens en phase avec la SNCF, ses agents... et la CGT."

M. Gayssot affirme son opposition à la loi examinée par les députés à partir de lundi et qui a été votée par les sénateurs le 19 juillet : "Comme vice-président de la région Languedoc-Roussillon, je ne participerai pas, ni de près ni de loin, à la remise en cause du droit de grève."

Et ses collègues communistes lui emboîtent le pas. "C'est M. Sarkozy qui veut cette loi, dit Daniel Beurdeley, vice-président PCF de Picardie, il n'a qu'à se débrouiller." Pour lui, la plupart des régions ont déjà négocié avec la SNCF, et il n'est pas question de recommencer. "Je voudrais que l'on fasse de la résistance, souhaite M. Beurdeley, par rapport à ce gouvernement de combat."

"Je ne serai pas zélé dans la mise en oeuvre de la loi, renchérit Gérard Lahellec, vice-président pour la Bretagne, communiste lui aussi. "Je considère que les dispositions allant au-delà de la convention que l'on vient de renouveler avec la SNCF, précise-t-il, remettent en cause le droit de grève et je ne mangerai pas de ce pain-là."

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LE MONDE | 28.07.07 | 13h15

Les régions vont-elles freiner la mise en place du service minimum ? Contraintes par la future loi sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs de négocier avec les transporteurs un service minimum, elles devront définir, ainsi que le précise l'actuel projet, "les dessertes à assurer (...) en cas de perturbation prévisible du trafic".

Mais les régions, dont 21 sur 22 en métropole sont tenues par la gauche, n'apprécient guère. Le président de l'Association des régions de France (ARF), Alain Rousset, président du conseil régional d'Aquitaine (PS), accompagné de Martin Malvy, son homologue de Midi-Pyrénées, chargé des transports à l'ARF, devraient l'expliquer au ministre du travail, Xavier Bertrand, lundi 30 juillet. "Les conflits sociaux ne sont pas responsables des plus graves dysfonctionnements, dit M. Malvy, et ce n'est pas cette loi qui va régler le problème." Mais, ajoute-t-il, "on est coincés. Si la loi est votée, nous l'appliquerons d'autant que, précise le projet, si on ne le fait pas, ce sont les préfets qui le feront".

....

J'ai l'impression que les presidents des conseils regionaux oublient qu'une grande majorité de leur electeurs demande, eux, ce service minimum et ils tiennent ce discours car les elctions les concernant sont encore loin.

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petite parenthèse :

Beaucoup de gens oublient que la grève reste le dernier recours de la négociation entre les syndicats et la direction, il y'a beaucoup de choses qui se négocient sans grève...mais lorsque les deux parties restent trop rigides, il en résulte un conflit presque nécessaire.

On sait pertinemment que ce sont les paralysies provoquées par les grèves qui sont en ligne de mire avec ce projet et que le service minimum est bénfique pour les usagers.

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Je pensai ses elections un peu plus eloignées en effet. Mais il est sur que malgres leur prise de position sur le sujet, ils n'en feront pas un battage aupres du public.

Alors là, je demande à voir.... ça pourra même être un argument de campagne.

Rendez-vous aux soirs des scrutins respectifs.

Je ne suis pas devin, je n'utilise pas de boules de cristal ni le marc de café mais je peux dire sans trop me tromper que le service minimum si cher à la majorité actuelle ne résoudra pas les retards, les pannes, les suppressions de trains par fautes de personnel, d'entretien, de vétusté du matériel, ... et cela au quotidien.

En bref, cela reviendra sur le devant de la scène lorsque l'usager constatera que RIEN n'aura changé, et comme Mr Richard Virenque il pourra dire: " On m'aurai menti ? "

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les gens ne voulant plus attendre 2 a 3 h un hypotetique train ce sera difficile a utilisr comme argument de campagne par les presidents de région.

En effet, comment faire croire aux usagers-contribuables-électeurs que le service est irréprochable en dehors des mouvements sociaux.

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En effet, comment faire croire aux usagers-contribuables-électeurs que le service est irréprochable en dehors des mouvements sociaux.

Hors periode de greves, les trains peuvent avoir du retard mais lors de greve il y a beaucoup moins de trains voir pas du tout sur certaines lignes....donc pour le public le choix est rapide

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Hors periode de greves, les trains peuvent avoir du retard mais lors de greve il y a beaucoup moins de trains voir pas du tout sur certaines lignes....donc pour le public le choix est rapide

La TRES grand majorité des français veut ce service minimum. Les gens en ont ras le cul de devoir arriver en retard au boulot ou de se taper des journées ahurissantes à cause de nos grève ou de de voir prendre des jours de congés pour y remédier. C'est aussi simple que cela et c'est un des arguments de campagne sur lequel Sarko a été élu. Ne nous en déplaise.

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La TRES grand majorité des français veut ce service minimum. Les gens en ont ras le cul de devoir arriver en retard au boulot ou de se taper des journées ahurissantes à cause de nos grève ou de de voir prendre des jours de congés pour y remédier. C'est aussi simple que cela et c'est un des arguments de campagne sur lequel Sarko a été élu. Ne nous en déplaise.

Tout à fait. C'est d'ailleurs principalement ceux qui ne prennent jamais le train qui réclament la fin de nos privilèges et ce service minimum... lotrela

Modifié par Typiac
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Hors periode de greves, les trains peuvent avoir du retard mais lors de greve il y a beaucoup moins de trains voir pas du tout sur certaines lignes....donc pour le public le choix est rapide

J'avais oublié que la SNCF était en grève à longueur d'année et pourquoi finalement s'en priver puisque j'ai ouï dire que jusqu'à maintenant, nos journées de grèves étaient payées ...

En gros, ton service minimum, c'est la mise en marche normale des circulations ce qui vaut à dire, la suppression du droit de grève.

Le service minimum existe déjà: Lors des mouvements sociaux, la SNCF arrive à chiffrer avant le début du préavis le taux de circulation.

Et puisque je parle de préavis, pourquoi n'est-il pas mis à profit pour la négociation?

La TRES grand majorité des français veut ce service minimum. Les gens en ont ras le cul de devoir arriver en retard au boulot ou de se taper des journées ahurissantes à cause de nos grève ou de de voir prendre des jours de congés pour y remédier. C'est aussi simple que cela et c'est un des arguments de campagne sur lequel Sarko a été élu. Ne nous en déplaise.

Certes, c'est un argument de campagne mais aujourd'hui, selon la principale fédération d'usagers FUT-SP: "la dégradation de la qualité des transports constitue désormais le sujet de préoccupation n°1 des usagers. Si les usagers n'accueillent pas avec plaisir les mouvements de grève, les problèmes des usagers ne cessent pas lorsque la grève s’arrête. Bien au contraire, c'est tous les jours de l'année que les usagers sont victimes de retards, de pannes, d’annulations de trains, d’incidents techniques dus au manque de matériel moderne, à l'entretien déficient des rames et des installations fixes, et aux effectifs insuffisants"

Bien évidemment, les déclarations de ce style n'ont pas l'impact escompté pour briser du cheminots et comme le disait :

Molière

L'amour médecin
:" Il n'y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre."

Boris Vian
: "Il n'est pire sourd que ventre affamé."

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La TRES grand majorité des français veut ce service minimum. Les gens en ont ras le cul de devoir arriver en retard au boulot ou de se taper des journées ahurissantes à cause de nos grève ou de de voir prendre des jours de congés pour y remédier. C'est aussi simple que cela et c'est un des arguments de campagne sur lequel Sarko a été élu. Ne nous en déplaise.

Mouais, c'est pas faux.

Sauf qu'apparemment, ce qu'on ne lui a pas expliqué, à la TRES grande majorité des Français, c'est que la loi qui va sortir ne va pas changer grand'chose pour les usagers en cas de conflit ( le service sera de toute façon perturbé... Moins qu'actuellement ? Plus qu'actuellement ? Personne n'en sait encore rien ), mais la direction pourra beaucoup plus peser sur les cheminots de base puisqu'ils se seront déclarés grévistes 48 h à l'avance...

C'est tout simplement une vaste opération de manipulation de l'opinion publique...

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J'avais oublié que la SNCF était en grève à longueur d'année et pourquoi finalement s'en priver puisque j'ai ouï dire que jusqu'à maintenant, nos journées de grèves étaient payées ...

ah tu es sûr???

pourtant j'ai eu ma fiche de paye dans mon casier, et il y a une retenue pour "cessation concernée du trvail (ou d'activité)"

d'ailleurs, les retenues ne devaient pas etre effectuées sur la PFA dorénavant???

je suis allé voir au BA, les gazelles m'ont dit que c'etait normal ils n'avaient pas pu faire les retenues au moment voulu

j'ai fais une journée de greve pour les notations en Mars...

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J'avais oublié que la SNCF était en grève à longueur d'année et pourquoi finalement s'en priver puisque j'ai ouï dire que jusqu'à maintenant, nos journées de grèves étaient payées ...

En gros, ton service minimum, c'est la mise en marche normale des circulations ce qui vaut à dire, la suppression du droit de grève.

Le service minimum existe déjà: Lors des mouvements sociaux, la SNCF arrive à chiffrer avant le début du préavis le taux de circulation.

......

Quand je dit qu'il y a de l'exageration de part et d'autre.....

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Le plus simple sera de tous se declarer gréviste 48 heures à l'avance. lotrela

@+ Marc

C'est à mon avis ce qu'il risque de se passer pour éviter les sanctions en cas de préavis commun des organisations syndicales.

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ah tu es sûr???

pourtant j'ai eu ma fiche de paye dans mon casier, et il y a une retenue pour "cessation concernée du trvail (ou d'activité)"

d'ailleurs, les retenues ne devaient pas etre effectuées sur la PFA dorénavant???

je suis allé voir au BA, les gazelles m'ont dit que c'etait normal ils n'avaient pas pu faire les retenues au moment voulu

j'ai fais une journée de greve pour les notations en Mars...

C'est pas normal !!! A toi aussi on t'aurait menti ? lotrela

C'est pas ce qui avait été annoncé sur TF1.

Sarko.pdf

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Bonsoir

La gauche va saisir le conseil constitutionel et espère que cette loi soit censuré par les sages.

En ce qui concerne les retards ,les usagers ralent très fort au sujet des trains qui ne sont pas à l'heure .Selon une députée socialiste que j'ai entendu hier ,2 à 3 % des retards seraient duent aux grèves(Sachant qu'ils y a toujours un service assuré pas nos cadres).Il y a peu de temps je suis partie avec plus de 10 minutes de retard car l'agent de manoeuvre était malade et n'a pas pu être remplacé.Ou alors toujours par manque de personnel les rames ne sont pas mise à quai en temps et en heure ce qui nous oblige à "bombarder" tout le long du parcours.

Modifié par laconi
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Bonsoir

La gauche va saisir le conseil constitutionel et espère que cette loi soit censuré par les sages.

Oui et c'est là notre dernier recours, car les regions, n'aurons pas beaucoup de pouvoir face a la loi, les entreprises de transport devront l'appliquer point barre, a nous de nous en accomoder, ce qui doit etre faisable sans trop de problèmes, a voir...

Philippe

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Bonjour

Un article trouvé sur le site de l'Humanité

« Ah non, vous n’allez pas faire ça ! »

Par Gérard Filoche (*)

Imaginons « l’entreprise d’après », avec l’obligation pour le salarié d’annoncer individuellement 48 heures auparavant sa participation à une grève…

48 heures, c’est long dans ces cas-là ! Êtes-vous informé à temps, êtes-vous convaincu à temps, êtes-vous pour ou contre ? Savez-vous ce que font vos collègues ? Votre syndicat ? Dans votre branche, dans votre entreprise, qu’est-ce qu’en pensent tous vos collègues, soumis comme vous à la feuille blanche, au formulaire, à l’autodéclaration, à l’affrontement individuel avec le chef ?

En tout cas votre hiérarchie, elle, va savoir manipuler, diviser, opposer, intoxiquer, menacer, allécher, susurrer, manier carotte et bâton… Imaginez les discussions dans l’atelier, le bureau, la boutique, le service, le bureau de la DRH ou avec les chefs de personnel : « Tu y vas, tu n’y vas pas… » « Tu donnes ton nom le premier, tu donnes le mien, on fait une liste ? - Non, c’est individuel. »

Le chef qui arrive : « Ah, non vous n’allez pas faire ça ? » Ou : « Pas question de grève ici n’est-ce pas ? Avec le boulot qu’on a. » La note de service qui fait pression. Le formulaire sophistiqué à remplir, inventé par une hiérarchie tatillonne : « Si vous faites grève, c’est de telle heure à telle heure », ce jour-là, pour ce service-là, telle prime sera perdue, en plus du salaire… Le petit entretien individuel dans le couloir : « Monsieur, vous n’allez pas faire ça, déjà que vous savez, pour votre note, pour votre promotion, pour vote mutation, pour votre réduction d’ancienneté, pour votre prime.. Vous repasserez. - Ah, je pensais à vous pour tel poste, dommage… »

« Dites c’est impossible, il y a déjà trop de grévistes, pas vous… » Ou encore : « Mais il n’y a que vous qui avez donné votre nom ! » Et les contestations : « Mais vous n’aviez pas dit… » « Mais vous n’étiez pas sur la liste. » « Hésiter ? Ah non, il faut choisir, et tout de suite. » Et le jour de la grève : « Ah mais il est trop tard, pas possible de changer d’avis je comptais sur vous. » Les communiqués de service : « On a remplacé tout le monde », « La grève n’a pas eu d’effet », « Moins de 20 % de grévistes », « Le service a été intégralement assuré » (mais, en fait 60 % étaient en grève et verront leur salaire perdu…. Sans résultat apparent, déception pour la fois suivante).

Et après la grève : « Votre nom n’était pas sur la liste, vous étiez en grève, vous êtes en faute. » Avertissement, lettre de rappel, lettre de mise à pied… « Votre délégué n’a pas donné la bonne liste, c’est sa faute », ou encore : « Mais je ne veux rien savoir de votre délégué, c’est à vous personnellement de vous engager et de venir me voir et ne me dire que vous serez en grève. » « Ah vous vous inscrivez pour la grève… ? Entre nous cette grève-là, elle ne va pas marcher, pourquoi vous la faites ? Je vous donne un conseil, entre nous, ne la faites pas, ça va être mal vu. Et si vous la faites, je saurai m’en souvenir ! »

Cela va être le déchaînement : déjà que faire grève est un acte de courage et de résistance exceptionnel dans le contexte actuel de chantage au chômage et à la productivité, cela va être un parcours du combattant : sélectif. Cela fera de la grève, d’un acte collectif, entraînant, solidaire, un parcours individuel, dissuasif, sélectif. Des millions de salariés le savent : « Ce genre de loi, y a qu’une saleté d’ami de taulier de choc pour inventer cela. »

Et cette loi vaut pas seulement pour le prétendu service minimum (lequel n’a AUCUNE JUSTIFICATION puisque 98 % des incidents, des arrêts dans les transports ne viennent pas de la grève mais des manques dans le service public, en investissement, matériel, effectifs), elle vaudra bientôt pour les enseignants, pour tout le public et toutes les entreprises du privé, où la terreur et la souffrance au travail qui poussent déjà un salarié par jour à se suicider augmenteront d’autant… Faute de garantie d’emploi, le chantage à la non-grève sera total : tu ne fais pas grève ou je te vire ! Avec un CNE, contrat unique à vie, c’est le retour au XIXe siècle, à Germinal, qui s’amorce !

(*) Inspecteur du travail, animateur

de la revue Démocratie et socialisme

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Ce qui me titille en plus de tout le reste dans cette loi que l'Assemblée nationale vient de voter, c'est qu'on prend des dispositions limitatives par rapport à certains salariés et qu'on crée donc des différences de traitement entre eux... Ce n'est pas particulièrement constitutionnel...

Ceci dit la description réaliste que fait M.Filoche des difficultés futures à faire valoir son droit d'être grèviste dans les nouvelles conditions, m'entraine à considérer que c'est deja ainsi que ca se présente pour beaucoup de salariés du privé, en particulier dans les petites boîtes dans lesquelles le droit de grève est une utopie... et ce n'est pas bien constitutionnel non plus.

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Bonjour

Un article trouvé sur le site de l'Humanité

« Ah non, vous n’allez pas faire ça ! »

Par Gérard Filoche (*)

Imaginons « l’entreprise d’après », avec l’obligation pour le salarié d’annoncer individuellement 48 heures auparavant sa participation à une grève…

48 heures, c’est long dans ces cas-là ! Êtes-vous informé à temps, êtes-vous convaincu à temps, êtes-vous pour ou contre ? Savez-vous ce que font vos collègues ? Votre syndicat ? Dans votre branche, dans votre entreprise, qu’est-ce qu’en pensent tous vos collègues, soumis comme vous à la feuille blanche, au formulaire, à l’autodéclaration, à l’affrontement individuel avec le chef ?

En tout cas votre hiérarchie, elle, va savoir manipuler, diviser, opposer, intoxiquer, menacer, allécher, susurrer, manier carotte et bâton… Imaginez les discussions dans l’atelier, le bureau, la boutique, le service, le bureau de la DRH ou avec les chefs de personnel : « Tu y vas, tu n’y vas pas… » « Tu donnes ton nom le premier, tu donnes le mien, on fait une liste ? - Non, c’est individuel. »

Le chef qui arrive : « Ah, non vous n’allez pas faire ça ? » Ou : « Pas question de grève ici n’est-ce pas ? Avec le boulot qu’on a. » La note de service qui fait pression. Le formulaire sophistiqué à remplir, inventé par une hiérarchie tatillonne : « Si vous faites grève, c’est de telle heure à telle heure », ce jour-là, pour ce service-là, telle prime sera perdue, en plus du salaire… Le petit entretien individuel dans le couloir : « Monsieur, vous n’allez pas faire ça, déjà que vous savez, pour votre note, pour votre promotion, pour vote mutation, pour votre réduction d’ancienneté, pour votre prime.. Vous repasserez. - Ah, je pensais à vous pour tel poste, dommage… »

« Dites c’est impossible, il y a déjà trop de grévistes, pas vous… » Ou encore : « Mais il n’y a que vous qui avez donné votre nom ! » Et les contestations : « Mais vous n’aviez pas dit… » « Mais vous n’étiez pas sur la liste. » « Hésiter ? Ah non, il faut choisir, et tout de suite. » Et le jour de la grève : « Ah mais il est trop tard, pas possible de changer d’avis je comptais sur vous. » Les communiqués de service : « On a remplacé tout le monde », « La grève n’a pas eu d’effet », « Moins de 20 % de grévistes », « Le service a été intégralement assuré » (mais, en fait 60 % étaient en grève et verront leur salaire perdu…. Sans résultat apparent, déception pour la fois suivante).

Et après la grève : « Votre nom n’était pas sur la liste, vous étiez en grève, vous êtes en faute. » Avertissement, lettre de rappel, lettre de mise à pied… « Votre délégué n’a pas donné la bonne liste, c’est sa faute », ou encore : « Mais je ne veux rien savoir de votre délégué, c’est à vous personnellement de vous engager et de venir me voir et ne me dire que vous serez en grève. » « Ah vous vous inscrivez pour la grève… ? Entre nous cette grève-là, elle ne va pas marcher, pourquoi vous la faites ? Je vous donne un conseil, entre nous, ne la faites pas, ça va être mal vu. Et si vous la faites, je saurai m’en souvenir ! »

Cela va être le déchaînement : déjà que faire grève est un acte de courage et de résistance exceptionnel dans le contexte actuel de chantage au chômage et à la productivité, cela va être un parcours du combattant : sélectif. Cela fera de la grève, d’un acte collectif, entraînant, solidaire, un parcours individuel, dissuasif, sélectif. Des millions de salariés le savent : « Ce genre de loi, y a qu’une saleté d’ami de taulier de choc pour inventer cela. »

Et cette loi vaut pas seulement pour le prétendu service minimum (lequel n’a AUCUNE JUSTIFICATION puisque 98 % des incidents, des arrêts dans les transports ne viennent pas de la grève mais des manques dans le service public, en investissement, matériel, effectifs), elle vaudra bientôt pour les enseignants, pour tout le public et toutes les entreprises du privé, où la terreur et la souffrance au travail qui poussent déjà un salarié par jour à se suicider augmenteront d’autant… Faute de garantie d’emploi, le chantage à la non-grève sera total : tu ne fais pas grève ou je te vire ! Avec un CNE, contrat unique à vie, c’est le retour au XIXe siècle, à Germinal, qui s’amorce !

(*) Inspecteur du travail, animateur

de la revue Démocratie et socialisme

le droit de greve ne demande pas de se justifier , donc la question devra etre "allez vous faire greve oui ou non?" .

on est loin de germinal, ca ne changera rien .comme actuellement tous les salaries auront le droit de faire greve et toutes actions pour contraindre un salarie a ne pas la faire serait une entrave

a ses droits. situation qui serait passible des tribunaux

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La TRES grand majorité des français veut ce service minimum. Les gens en ont ras le cul de devoir arriver en retard au boulot ou de se taper des journées ahurissantes à cause de nos grève ou de de voir prendre des jours de congés pour y remédier. C'est aussi simple que cela et c'est un des arguments de campagne sur lequel Sarko a été élu. Ne nous en déplaise.

La très grande majorité des français veut le service minimum? Et bien pas ceux que je rencontre les jours de grève en gare! Ils posent des questions, ils nous disent que si il y a grève, il doit y avoir de bonnes raisons, ils nous soutiennent même. Evidemment il y a des râleurs, mais ils sont très nombreux à venir, discuter, chercher à comprendre car ils savent que les médias ne sont pas toujours...objectifs.

Les gens en ont marre d'être en retard au travail ou à la sortie de l'école, oui! Mais la plupart des temps, ce sont les "avaries matériel" qui occasionnent ces désagréments, pas les grèves!

Je reste persuadée que Sarkozy utilise une méthode de communication dégueulasse, flattant les bas instincts et les frustrés. C'est pratique, comme ça il n'a pas à injecter des moyens dans les infrastructures...

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