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Le Web des Cheminots

Le manque d'attractivité du métier aiguilleur du rail est il justifié?


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Bonjour à tous, 

En quelques mots, je suis accepté pour un poste en aiguillage, je bosse dans le privé depuis plusieurs années, j'ai un bac+3.

J'avoue que je commence à sérieusement douter de ma candidature, notamment car je comprends que c'est un métier en forte tension au niveau du recrutement, car peu voire très peu attractif (et je me dis qu'il doit y avoir de bonnes raisons à ça..)

Ce qui m'intéresse dans ce métier est le côté très technique, les possibilités d'évolution, être un rouage important de l'entreprise, et je pense avoir un profil assez consciencieux etc pour exercer un métier dans la sécurité.

Mais le salaire qui est relativement faible par rapport aux responsabilités, et le manque de candidats sont des premiers éléments qui me mettent un doute; puis il y a aussi la formation qui apparemment est lourde, beaucoup de par coeur..

Et pour couronner le tout, je serai affecté à une autre région, ce qui ne m'arrange pas.

Et le rythme du 3x8, si ça se trouve ça ne me conviendra pas.

Bref, j'aimerais des avis si possible le plus objectifs possible, qui m'aideraient à y voir plus clair dans mon choix

Merci

 

 

 

 

Modifié par Okce8
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Bonjour Okce8,

Il semble que SNCF ait du mal à recruter des AC en effet. Entre les sélections assez rudes, les aptitudes psy et médicale, la formation lourde, ... il faut beaucoup brasser pour arriver à "sortir" un AC au bout du processus.

Une chose qui effraie beaucoup les candidats sont les horaires décalés... ça fait fuir énormément de monde. Beaucoup de personnes, et je ne juge pas, ne veulent pas d'horaires décalés qui peuvent s'avérer délétères sur la vie de famille, la vie de couple etc... 

Alors oui, beaucoup répondront qu'ils l'ont fait par le passé mais les générations actuelles n'ont peut être pas les mêmes priorités. On nous explique aussi l'effet Covid19 qui éloignerait encore un peu plus les gens des boulots ferroviaires... 

Il est normal et plutôt sain que vous réfléchissiez et doutiez de la justesse de votre choix. Ce n'est pas rien de s'engager dans une nouvelle voie.

Les contraintes horaires peuvent devenir des avantages: ça peut donner du temps libre en semaine pour faire certaines démarches ou travailler dans sa maison.

Personnellement, ce métier, c'est beaucoup de responsabilités et aussi d'autonomie. Dans certains postes, on est seul pendant tout son service. Quel bonheur de ne pas avoir de collègues sur le dos! Et la SNCF reste une référence, quoi qu'on en dise. C'est une grande société avec une histoire, un savoir faire unique!

Essayez de dissocier les choses. Une fois la formation franchie et l'adaptation au poste de travail réalisée, vous y verrez plus clair. Dans votre métier actuel, il y a sûrement des contraintes auxquelles vous échapperez en devenant AC.

Je pense que ça vaut le coup de franchir le pas. C'est un univers unique et intéressant. On ne peut le ressentir qu'une fois qu'on est dedans.

Et au pire, si ça ne convient pas, il sera peut être encore possible de revenir à votre métier d'origine?

 

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Je vais également apporter ma contribution, étant justement agent-circu.

C'est un métier en grande tension parce qu'effectivement, malgré les revendications et actions syndicales auprès de la direction pour tenter de revaloriser le métier, on est face à un mur.
C'est un métier à fortes contraintes, et même lorsque le statut cheminot était encore d'actualité, les candidats ne se pressaient pas au portillon, alors maintenant qu'ils ne peuvent plus y prétendre... De base, il s'agit d'un métier de l'ombre, méconnu : on travaille en coulisses, notre action n'est pas vue par les voyageurs et bien souvent ils pensent que les trains roulent tout seuls. Ce manque de connaissance n'aide pas à promouvoir le métier.
Ensuite les gens qui connaissent le métier pensent souvent qu'en cette ère ultramoderne, on a que des gros centres informatisés version Nasa... lorsqu'ils découvrent les conditions de travail dans des postes parfois archaïques, avec des leviers ayant peu évolués depuis leur installation dans les années 1900, ben ça n'attire pas. Ajoutons à cela les salaires à ras de terre malgré les responsabilités qu'on porte (on a une responsabilité pénale de toutes nos actions puisqu'on a entre les mains les vies des voyageurs, des collègues qui interviennent sur les installations, mais aussi des tiers qui sont amenés à interagir avec le chemin de fer (les automobilistes qui traversent un passage à niveau par exemple). Il faut donc une tête bien faite et un sang-froid à toute épreuve pour traiter rigoureusement les procédures en cas d'incident, qui parfois s'accumulent, avec les téléphones qui sonnent toutes les 2 minutes, les voyageurs qui s'énervent, et savoir penser plus loin que la procédure pour évaluer avant chaque action les risques qu'elle pourrait engendrer (les incidents de la vie réelle ne rentrent pas toujours parfaitement dans les cases...)

De plus, il est de mon avis que la situation se dégrade et que nous ne sommes plus valorisés dans le métier. On ne récompense plus un agent qui va au-delà de ses missions (donc même les plus motivés finissent par faire le minimum syndical), on ne gratifie plus lorsqu'une situation exceptionnelle a justifié qu'on demande à un agent de sortir de repos/congé pour travailler alors que ce n'est pas prévu par le règlement (nous n'avons pas d'astreinte parmi les agents, seulement chez les cadres), les relations avec la hiérarchie deviennent tendues car contrairement à ce qui est enseigné en sécurité aéronautique, on se tourne de plus en plus vers une sanction systématique de toute erreur. Et au moindre évènement, le principe de base est de considérer que l'erreur vient des aiguilleurs et il faut avoir des preuves solides pour pouvoir démontrer qu'on y est pour rien...
Ce sont toutes ces conditions qui font, qu'une fois arrivé au bout d'une longue formation, d'un processus de recrutement qui élimine beaucoup de candidats, on se retrouve dépités. Pourtant le métier a tous les atouts pour être gratifiant, on est au cœur du système ferroviaire, en lien avec une grosse partie des métiers (conducteurs, régulateurs, agents de maintenance, agents d'escale, etc...) et c'est extrêmement enrichissant à la fois professionnellement et personnellement.

Pour en revenir au recrutement et à la formation : au recrutement on perd déjà la moitié des candidats lorsqu'on parle des horaires décalés (2x8 ou 3x8), des congés qui peuvent être refusés (manque de personnel oblige), des salaires et autres contraintes. Sur ceux qui restent à ce stade, la moitié échoue aux tests psychotechniques et ne va pas plus loin. Sur ceux qui restent après ça, c'est encore la moitié qui est dégagée à la visite médicale d'embauche (traces de drogues, condition médicale incompatible avec la sécurité, etc...).
Reste peu de candidats qui entrent réellement en formation. Et durant celle-ci, on perd en moyenne 37% des candidats (chiffre officiel), preuve s'il en est que la formation est lourde, complexe, et au-delà des choses qui doivent être sues par cœur (il s'agit surtout de définitions de base utiles tout au long de la carrière) demande aussi de comprendre ce qu'on fait et pourquoi on le fait, d'avoir une logique d'application et une capacité de raisonnement. Certains arrivent parfaitement à réciter un extrait de règlement à la virgule près, mais se retrouvent incapables d'appliquer une fois sur simulateur de poste. De ma promotion, sur 10 embauchés nous ne sommes que 6 à avoir réussi la formation dans son ensemble, un abandon en cours d'année et 3 échecs à l'examen final, on est l'exemple type des chiffres nationaux.
Donc quand on est arrivé au bout, on fait partie d'une groupe restreint de personnes, sans pour autant qu'on se sente supérieurs on est en droit de dire que "ce n'est pas donné à tout le monde", ce qui nous rend d'autant plus aigris quand on constate le manque de reconnaissance de l'entreprise après tout ce parcours. Voilà ce qui explique les tensions en personnel.

Pour autant comme je disais, c'est un métier très intéressant, riche de connaissances, au cœur de tout le système ferroviaire et qui apportera toujours beaucoup à quiconque l'exercera. Étant ambassadeur métier pour l'entreprise je prêche quand même un minimum pour ma paroisse (le temps que j'y suis encore), mais je ne vais pas te vanter des choses qui ne sont pas vraies. Je t'ai donné mon point de vue le plus objectif possible, à toi maintenant de faire ton choix en ton âme et conscience. Dans ce métier tu ne seras jamais vraiment seul, car même si effectivement la plupart du temps on est seuls en poste, entrer à la SNCF c'est devenir un membre d'une grande communauté (dans certains cas comme une 2è famille car il y a des collègues absolument géniaux) et tu pourras toujours compter sur ce soutien. Et dans le même temps si tu m'as lu jusqu'au bout, tu sais à quoi t'attendre concrètement, je n'ai pas embelli la réalité.
 

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Il y a 3 heures, Colargol a dit :

Je vais également apporter ma contribution, étant justement agent-circu.

C'est un métier en grande tension parce qu'effectivement, malgré les revendications et actions syndicales auprès de la direction pour tenter de revaloriser le métier, on est face à un mur.
C'est un métier à fortes contraintes, et même lorsque le statut cheminot était encore d'actualité, les candidats ne se pressaient pas au portillon, alors maintenant qu'ils ne peuvent plus y prétendre... De base, il s'agit d'un métier de l'ombre, méconnu : on travaille en coulisses, notre action n'est pas vue par les voyageurs et bien souvent ils pensent que les trains roulent tout seuls. Ce manque de connaissance n'aide pas à promouvoir le métier.
Ensuite les gens qui connaissent le métier pensent souvent qu'en cette ère ultramoderne, on a que des gros centres informatisés version Nasa... lorsqu'ils découvrent les conditions de travail dans des postes parfois archaïques, avec des leviers ayant peu évolués depuis leur installation dans les années 1900, ben ça n'attire pas. Ajoutons à cela les salaires à ras de terre malgré les responsabilités qu'on porte (on a une responsabilité pénale de toutes nos actions puisqu'on a entre les mains les vies des voyageurs, des collègues qui interviennent sur les installations, mais aussi des tiers qui sont amenés à interagir avec le chemin de fer (les automobilistes qui traversent un passage à niveau par exemple). Il faut donc une tête bien faite et un sang-froid à toute épreuve pour traiter rigoureusement les procédures en cas d'incident, qui parfois s'accumulent, avec les téléphones qui sonnent toutes les 2 minutes, les voyageurs qui s'énervent, et savoir penser plus loin que la procédure pour évaluer avant chaque action les risques qu'elle pourrait engendrer (les incidents de la vie réelle ne rentrent pas toujours parfaitement dans les cases...)

De plus, il est de mon avis que la situation se dégrade et que nous ne sommes plus valorisés dans le métier. On ne récompense plus un agent qui va au-delà de ses missions (donc même les plus motivés finissent par faire le minimum syndical), on ne gratifie plus lorsqu'une situation exceptionnelle a justifié qu'on demande à un agent de sortir de repos/congé pour travailler alors que ce n'est pas prévu par le règlement (nous n'avons pas d'astreinte parmi les agents, seulement chez les cadres), les relations avec la hiérarchie deviennent tendues car contrairement à ce qui est enseigné en sécurité aéronautique, on se tourne de plus en plus vers une sanction systématique de toute erreur. Et au moindre évènement, le principe de base est de considérer que l'erreur vient des aiguilleurs et il faut avoir des preuves solides pour pouvoir démontrer qu'on y est pour rien...
Ce sont toutes ces conditions qui font, qu'une fois arrivé au bout d'une longue formation, d'un processus de recrutement qui élimine beaucoup de candidats, on se retrouve dépités. Pourtant le métier a tous les atouts pour être gratifiant, on est au cœur du système ferroviaire, en lien avec une grosse partie des métiers (conducteurs, régulateurs, agents de maintenance, agents d'escale, etc...) et c'est extrêmement enrichissant à la fois professionnellement et personnellement.

Pour en revenir au recrutement et à la formation : au recrutement on perd déjà la moitié des candidats lorsqu'on parle des horaires décalés (2x8 ou 3x8), des congés qui peuvent être refusés (manque de personnel oblige), des salaires et autres contraintes. Sur ceux qui restent à ce stade, la moitié échoue aux tests psychotechniques et ne va pas plus loin. Sur ceux qui restent après ça, c'est encore la moitié qui est dégagée à la visite médicale d'embauche (traces de drogues, condition médicale incompatible avec la sécurité, etc...).
Reste peu de candidats qui entrent réellement en formation. Et durant celle-ci, on perd en moyenne 37% des candidats (chiffre officiel), preuve s'il en est que la formation est lourde, complexe, et au-delà des choses qui doivent être sues par cœur (il s'agit surtout de définitions de base utiles tout au long de la carrière) demande aussi de comprendre ce qu'on fait et pourquoi on le fait, d'avoir une logique d'application et une capacité de raisonnement. Certains arrivent parfaitement à réciter un extrait de règlement à la virgule près, mais se retrouvent incapables d'appliquer une fois sur simulateur de poste. De ma promotion, sur 10 embauchés nous ne sommes que 6 à avoir réussi la formation dans son ensemble, un abandon en cours d'année et 3 échecs à l'examen final, on est l'exemple type des chiffres nationaux.
Donc quand on est arrivé au bout, on fait partie d'une groupe restreint de personnes, sans pour autant qu'on se sente supérieurs on est en droit de dire que "ce n'est pas donné à tout le monde", ce qui nous rend d'autant plus aigris quand on constate le manque de reconnaissance de l'entreprise après tout ce parcours. Voilà ce qui explique les tensions en personnel.

Pour autant comme je disais, c'est un métier très intéressant, riche de connaissances, au cœur de tout le système ferroviaire et qui apportera toujours beaucoup à quiconque l'exercera. Étant ambassadeur métier pour l'entreprise je prêche quand même un minimum pour ma paroisse (le temps que j'y suis encore), mais je ne vais pas te vanter des choses qui ne sont pas vraies. Je t'ai donné mon point de vue le plus objectif possible, à toi maintenant de faire ton choix en ton âme et conscience. Dans ce métier tu ne seras jamais vraiment seul, car même si effectivement la plupart du temps on est seuls en poste, entrer à la SNCF c'est devenir un membre d'une grande communauté (dans certains cas comme une 2è famille car il y a des collègues absolument géniaux) et tu pourras toujours compter sur ce soutien. Et dans le même temps si tu m'as lu jusqu'au bout, tu sais à quoi t'attendre concrètement, je n'ai pas embelli la réalité.
 

Tout est dit, je rajouterais que tout ça est applicables aux conducteurs aussi.

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Peut-être un zoom sur les 3x8 :

- c'est un rythme qui peut être difficile physiquement avec parfois des horaires "hors normes" ce qui rajoute de la fatigue. Il existe à peu près tout... Beaucoup de 6h/14h, 14h/22h, 22h/6h mais aussi des 4h/12h, 12/20h, 20h/4h, etc... Et la localisation va aussi avoir son importance : pas la même de pouvoir prendre les transports en commun pour presque toutes ses prises et fins de service ou de devoir conduire après ou avant son service. 

- cela peut souvent être compliqué socialement : travail la nuit de Noël ou de son anniversaire, matinée le 2 janvier, peu de week-end "samedi-dimanche", congés parfois aléatoires (dans leur octroi)... 

- presque tout le monde s'accorde, en revanche, à dire que c'est un rythme très pratique pour la vie quotidienne : possibilité de faire ses courses, prendre des rdv médicaux, aller au cinéma sans foule et sans délais vu la souplesse permise. Même la vie de famille peut s'organiser et certains collègues estiment avoir plus profiter de leurs enfants que leurs conjoints en travail de journée.

Je connais beaucoup de collègues qui ont fait du 3x8 pendant des années et n'y retourneraient pour rien au monde, d'autres qui en font encore car finalement le rythme leur convient bien, d'autres encore qui y sont revenus pour "avancer" dans leur carrière et qui ne le regrette pas : c'est très personnel (tant moralement que physiquement).

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il y a 36 minutes, Pascal 45 a dit :

Je vais en rajouter une couche ...

Lorsque tu seras en retraite, tu te réveilleras toujours comme si tu travaillais tôt le matin. Problème impossible à traiter, la seule chose à faire est de se lever.

Ca c'est un risque mais pas une généralité...

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Bonjour, je découvre ce sujet avec beaucoup d’attention. 
je suis en phase de recrutement en vue d’un poste de responsable en poste d’aiguillage. Je passe l’habilitation sécurité le 30 mai à Lyon. 
C’est très intéressant d’avoir vos regards de professionnels et vos retours d’expérience sur ce métier d’agent de circulation. Les atouts et les inconvénients de ce métier de l’ombre .

Je reste motivée et preneuse de vos conseils et recommandations en vue de cette journée décisive….

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Publication: (modifié)

Merci beaucoup pour vos réponses

Je vais prendre un peu de temps pour réfléchir à tout ça :)

Mais clairement je pense que ça peut valoir le coup

C'est vrai que le côté 'vieillot' des installations (leviers etc) m'a plutôt étonné dans le mauvais sens

Concernant le 3x8, c'est vrai que je crains un peu de 'flinguer' mon sommeil qui est habituellement assez bon

Bref, encore merci. Si vous avez des avis positifs (ou negatifs hein) pour compléter ou faire peser davantage, n'hésitez pas!

 

 

 

Modifié par Okce8
Faute de frappe
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Il y a 3 heures, Okce8 a dit :

 

Concernant le 3x8, c'est vrai que je crains un peu de 'flinguer' mon sommeil qui est habituellement assez bon

 

Le problème des 3x8 actuels est que les périodes de travail sont trop courtes et ne permettent pas de s'y adapter.
Quand j'ai débuté on travaillai 7 jours consécutifs suivis par un seul jour de repos. Nous avions donc le temps de prendre le rythme et pas celui de le perdre durant la seule journée à rester chez soi. Cet inconvénient n'avait lieu que toutes les 7 semaines lorsque nous avions un double repos et il était difficile de s'y faire mais ce n'était pas trop fréquent.
Souvenirs, souvenirs...
😄
 

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Tous ceux du métier ont déjà largement balayé ses avantages et inconvénients, donc je n'ai pas de grandes généralités à ajouter.

Etant AC depuis plus de vingt ans, je dois dire que je ne changerai de métier pour rien au monde, mais j'ai toujours été intéressé par les gares. Il est quand même certain que j'ai abandonné les 3x8 dès que j'ai pu, et je suis depuis plus de dix ans sur un poste en 2x8, et là c'est plus facile quand même, car en pleine nuit, on est au lit !

Personnellement, j'aime bien cette autonomie complète, pas besoin du chef pour faire le boulot. Je suis sur un poste où on est tout seul, ça ne me dérange pas, mais il y en a beaucoup où il y a plusieurs personnes autour.

Si pendant longtemps j'ai trouvé la rémunération correct, il est vrai qu'aujourd'hui elle est trop restreinte sur les débuts de carrière, surtout pour des postes à la qualification C (ça vient de changer, on dit niveau 3) dans des petits secteurs-circulation. La responsabilité est la même qu'ailleurs, même s'il y a moins de mouvements, et ce n'est pas assez considéré. Beaucoup de connaissances réglementaires à maintenir en permanence, car le jour J il ne faut pas avoir tout oublié. Il faut une certaine implication dans le métier.

Pour moi, la technologie du poste ne change rien au métier, j'ai travaillé sur un certain nombre d'installations, on s'y fait. Cela dépend surtout du volume de trains qu'on a à faire circuler, et si les installations sont correctement dimensionnées avec celui-ci. Cela peut s'avérer plus compliqué sur des postes à levier s'il y a des difficultés de manoeuvre de certains appareils de voie, et qu'il faut "tourner" souvent, mais sur l'informatique, si c'est aisé, il peut aussi y avoir en parallèle un gros secteur qu'il faut maîtriser.

Je crois que s'engager dans le métier doit se faire en connaissance de cause, avec un certain intérêt, et ne pas débarquer en formation en n'y connaissant absolument rien. Une petite visite de terrain avec des agents en poste qui expliquent quelques rudiments me paraît une bonne chose pour s'insérer dans une formation qui monte rapidement en puissance.

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Le 21/05/2022 à 20:12, Okce8 a dit :

C'est vrai que le côté 'vieillot' des installations (leviers etc) m'a plutôt étonné dans le mauvais sens

Concernant le 3x8, c'est vrai que je crains un peu de 'flinguer' mon sommeil qui est habituellement assez bon

Après ce n'est pas TOUS les postes. Il y a de multiples technologies encore en service. Outre les leviers 1945 (qui fonctionnent d'ailleurs très bien, c'est ce qu'il y a de mieux pour apprendre d'ailleurs, on visualise beaucoup mieux les sécurités que sur un écran de PC) on a aussi des technologies des années 70 avec des boutons qui lancent automatiquement les itinéraires, et des postes informatisés bien sûr. Il y a même des postes qui combinent plusieurs technologies en même temps, par exemple des leviers pour le secteur à proximité immédiate du poste et l'informatique pour gérer un secteur à distance.

Pour ma part j'ai travaillé sur 4 technologies différentes et je les aies toutes appréciées. Pourquoi cela t'étonne dans le mauvais sens?

 

Pour le 3x8, il est vrai qu'on m'a souvent répété qu'on en garde le rythme aprés plusieues années. Mais je travaille en 2x8, donc je n'ai que cette expérience. Le 2x8 est aussi un rythme compliqué à prendre au niveau des matinées, il y a des réveils particulièrement difficiles. Je ne compte plus les nuits blanches en début de carrière car même en me couchant à 19h impossible de m'endormir car le corps ne comprend pas ce nouveau rythme. Et quand il est enfin disposé à faire dodo, bim c'est l'heure de se lever. Ça passe avec le temps mais ce n'est pas facile à vivre au début. Surtout si il y a de la route à faire, attention à l'endormissement au volant après la séance de travail.

Pour conclure je voudrais dire qu'on est pas là pour décourager qui que ce soi, mais comme l'a dit IGIS, il vaut mieux s'y engager en toute connaissance de cause. 

 

@Sylvie01 déjà bravo, on est toujours ravis d'accueillir davantage de femmes dans le métier! Concernant ta journée, les seuls conseils que je puisse te donner sont de passer une bonne nuit la veille et d'essayer de ne pas trop stresser. Les tests psychotechniques évaluent des capacités qui relèvent de l'inné. Chacun est différent, le mieux en tous cas c'est d'être en pleine possession de ses moyens le jour J. Et pour le médical, bah bonne chance, il faut juste espérer que tu n'aies aucune condition incompatible avec la sécurité.

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Merci Colargol pour ton message ! C’est sympa de ta part. Je vais faire tout mon possible lundi prochain pour arriver reposée et en forme pour les tests. 
pour le domaine médical, ça ne dépendra pas de moi … Enfin si, mais je ne pourrais rien y faire !

 Je suis vraiment motivée. Je viendrai vous dire ce qu’il en est 🤞

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@IGIS: tu penses que je pourrais demander à visiter un poste d'aiguillage ? C'est vrai que ça serait très bien, notamment pour discuter en live avec quelqu'un du métier. Ceci dit avec les quelques vidéos disponibles sur youtube j'ai maintenant une idée assez précise du lieu etc.

@Colargol: quand je dis dans le mauvais sens, ce n'est rien de très 'fou' mais disons que pour quelqu'un de très habitué à l'utilisation d'un ordinateur (notamment aux tableurs Excel), ça paraît assez archaïque et manuel tous ces leviers. Mais je suis sûr que c'est très intéressant aussi de découvrir tout ça 

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@Okce8 alors la visite de poste d'aiguillage c'est relativement compliqué, officiellement comme pour les cabines de conduite c'est interdit à cause de Vigipirate attentats.

Officieusement, sur un petit secteur il y a moyen de demander l'autorisation au chef. Je l'ai déjà fait et obtenu pour faire visiter à des jeunes intéressés par le métier.

D'ailleurs niveau vidéos tu en as peut-être vu une avec moi dedans 😁

 

C'est sûr que les leviers paraissent archaïques, mais c'est incroyable comme c'est ingénieux et simple, et ça fonctionne d'enfer, parfois mieux que les postes modernes. Et ça a du charme, c'est du vrai travail (en plus pas besoin d'un abonnement en salle de muscu on la fait direct au taf 🤣🤣). Alors que les postes informatisés qui disposent de la programmation, si tout va bien le métier se limite à surveiller le système et être standardiste au téléphone... bon bien sûr quand ça merde et qu'il faut reprendre toute la programmation, que l'ordre des trains est chamboulé, c'est tout de suite une autre histoire.

Chacun peut y trouver son compte ou non, c'est juste des façons très différentes de faire le même métier.

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Ces infos sont vraiment intéressantes ! Merci de prendre le temps de nous expliquer tout ça. 

Le chargé de recrutement m’a expliqué que l’on « naviguait »sur les 3 systèmes d’aiguillage dans le début de carrière pour être opérationnel sur chacun. 
Le poste à leviers me semble l’incontournable du métier !

bon, avant tout ça, il faut finir le recrutement 🤞 et entrer en formation 💪!!

y’avait il des femmes dans vos sessions de recrutement ? Ou dois je m’attendre à être la seule ? En soi, cela ne me dérange pas 

 

 

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Le 23/05/2022 à 19:56, Okce8 a dit :

@IGIS: tu penses que je pourrais demander à visiter un poste d'aiguillage ? C'est vrai que ça serait très bien, notamment pour discuter en live avec quelqu'un du métier. Ceci dit avec les quelques vidéos disponibles sur youtube j'ai maintenant une idée assez précise du lieu etc

Oui, en contactant un DPx, ça doit pouvoir se faire. Evidemment, le mieux serait de connaître quelqu'un qui demande à sa hiérarchie, mais les visites, ça se pratique.

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Il y a 1 heure, Sylvie01 a dit :

Ces infos sont vraiment intéressantes ! Merci de prendre le temps de nous expliquer tout ça. 

Le chargé de recrutement m’a expliqué que l’on « naviguait »sur les 3 systèmes d’aiguillage dans le début de carrière pour être opérationnel sur chacun. 
Le poste à leviers me semble l’incontournable du métier !

bon, avant tout ça, il faut finir le recrutement 🤞 et entrer en formation 💪!!

y’avait il des femmes dans vos sessions de recrutement ? Ou dois je m’attendre à être la seule ? En soi, cela ne me dérange pas 

 

 

A mon époque,ce n'était pas très féminisé, donc pas de femme en formation de base, mais j'ai rapidement eu une collègue légèrement plus jeune que moi, qui n'était pas la seule de sa formation.

Actuellement, je suis sur un roulement dans une petite gare, et le deuxième est tenu depuis bientôt quatre ans par une jeune femme pour qui c'est le premier poste. Elle a été à l'étude avec moi, et c'est un bon élément, elle a le caractère pour le poste. Je crois qu'il y avait une autre femme dans sa formation.

Dans notre équipe, nous sommes 19, et il y a deux femmes, celle citée ci-dessus dans ma gare, et une autre dans la gare la plus proche, donc ce n'est pas la majorité quand même.

En formation, tu auras peut-être une deuxième femme, mais enfin c'est quand même plutôt masculin, donc prépare-toi à n'être qu'avec des hommes ! Cela se passera bien quand même, les types pour le métier sont des gens sérieux.

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Merci @IGISpour ta réponse complète !

En soi, le fait de travailler principalement avec des hommes ne me pose pas de problème ; surtout comme tu l’as souligné, qu’au vu du recrutement, la personnalité de chacun est scrutée !!

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Le 25/05/2022 à 22:27, Sylvie01 a dit :

Ces infos sont vraiment intéressantes ! Merci de prendre le temps de nous expliquer tout ça. 

Le chargé de recrutement m’a expliqué que l’on « naviguait »sur les 3 systèmes d’aiguillage dans le début de carrière pour être opérationnel sur chacun. 
Le poste à leviers me semble l’incontournable du métier !

bon, avant tout ça, il faut finir le recrutement 🤞 et entrer en formation 💪!!

y’avait il des femmes dans vos sessions de recrutement ? Ou dois je m’attendre à être la seule ? En soi, cela ne me dérange pas 

 

 

En vérité s'il y a 3 grandes technologies d'aiguillage, chacune a plusieurs branches, des variations plus ou moins subtiles. C'est vrai que dans ton cas (en cas de réussite aux épreuves aujourd'hui!) tu vas entrer dans un cursus qui devrait t'amener à être directement agent de maîtrise ou DPx, tu vas donc faire ta formation de base, puis tu passeras quelques semaines sur chaque technologie. Cela, à mon sens, ne signifie pas pour autant que tu auras l'expérience du métier, ça ne vient qu'après plusieurs années sur le même poste. (Être "opérationnel" sur chacun d'entre eux me semble un bien grand mot, tu auras des notions de chaque technologie et de la façon dont on traite les problèmes sur chacune, mais chaque poste ayant ses particularités tu ne seras jamais totalement opérationnelle sur tous les types de postes, il faudra chaque fois un temps de ré-apprivoisement de la bête et de sa "consigne rose" [aka le mode d'emploi du poste])
Mais effectivement les leviers et autres postes à serrures centralisées (mmmm les schémas des chemins de clés que tu verras en formation en ont perdu plus d'un 🤪 ) restent la base du métier pour visualiser les enclenchements (les sécurités électromécaniques du système).

Pour ma part sur un groupe en formation de 10 personnes, il y avait 4 femmes (normalement la parité était atteinte mais une femme s'est désistée juste avant le début de la formation). Sur les 4, une seulement n'a pas été embauchée, et sur les 3 autres, 2 ont terminé major de promo. En tous cas sur les lignes sur lesquelles j'officie (et même globalement sur mon UO), il y a beaucoup de femmes à la Circulation, et c'est très bien. J'ai l'impression que les métiers de la conduite des trains ont davantage de mal à recruter des femmes.

En tous cas si tu réussis tes tests aujourd'hui et que tu valides ton entrée en formation, mon conseil est le suivant: accroche-toi! Parce que ce n'est pas simple, les textes des règlements sont lourd et indigeste mais il y a moyen de s'épanouir dans ces métiers-là même si les changements brusques et rapides qui accompagnent la transformation de l'entreprise pèsent fortement sur le quotidien.

Modifié par Colargol
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Merci @Colargol pour ce message !

je vous réponds depuis le train, c’est parti pour cette journée ! 
Oui, j’imagine qu’il faut beaucoup de temps et d’expérience pour apprivoiser pleinement chaque système d’aiguillage, voire chaque poste, puisqu’il y a visiblement, en +,  des variantes d’un poste à l’autre ! 

Je passerai vous dire comment s’est déroulée cette journée déjà….🤞
 

Belle journée à vous !
 

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il y a 1 minute, Sylvie01 a dit :

Je passerai vous dire comment s’est déroulée cette journée déjà….🤞.

Belle journée à vous !

Super, ça nous fait toujours plaisir d'être tenus au courant. Bonne journée également, et bon courage!

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