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Métier CRL : points dits "négatifs" qui m'apparaissent positifs ?

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Salut à toustes !

Ça fait quelques semaines que je me renseigne sur le métier de CRL. Plus j'en apprends, moins je comprends les points que les gens disent être des freins au recrutement... Donc je viens vous demander si je n'ai rien compris au métier, ou si je suis juste bizarre !

De ce que je vois :

-c'est un métier qui bouge pas mal (contrairement à un bureau) et peut conduire à des découchés fréquents

-avec une nécessité d'attention et de vigilance constante, avoir les yeux et les oreilles partout à chaque seconde, être capable de gérer plusieurs choses à la fois

-des irrégularités et incidents matériel fréquents (pannes, collisions avec des animaux, inondations,...) à gérer soi-même et/ou avec une équipe

-la gestion du public (questions, exigences, colère, malaises...)

-un planning rarement fixe.

Je me trompe ? J'en oublie ?

Je compare ça avec mon métier actuel : employée de vente.

Hormis les découchés, ça fait 15 ans que j'ai toutes ces conditions, sauf que je les ai pour 9€ de l'heure sans aucun avantage, aucune prime, rien, 9€ de l'heure, tais-toi et sois reconnaissante, et le plus souvent une très mauvaise ambiance de travail où les gens se cassent du sucre sur le dos, volent ou détruisent le matériel, ne font pas leur boulot et rejettent la faute sur les autres... en plus de la précarité : j'ai longtemps enchaîné les missions intérim, jamais eu de congés payés avant mes 32ans (en bossant depuis que j'en ai 15). J'ai souvent eu des conditions de travail illégales, comme interdiction de boire de l'eau y compris en canicule, pas de pauses, interdiction d'aller aux toilettes, pas de chauffage l'hiver donc 8 à 12h par jour par 8°c, et jamais la clim même par 42°c (pas de syndicat et l'inspection du travail qui ne peut rien faire), bosser avec des côtes cassées ou 40 de fièvre car si on n'est pas en poste, même pour raison médicales, c'est dehors et blacklisté auprès des agences d'intérim.

A côté de ça, le métier de CRL m'apparaît comme un boulot bien payé (1500 en formation et 2000 minimum en poste selon primes et traction, c'est ça ?), des conditions de travail honnêtes, avec une cohésion sociale et un bon syndicat. Les découchés ne me dérangent pas, au contraire je trouve ça fun, j'ai vécu 2 ans en camion aménagé, j'aime la route, la routine n'est pas quelque chose que je recherche et je ne suis pas attachée au confort. Je n'ai pas de famille, et je ne compte absolument pas avoir d'enfants. Mon boulot actuel de vente en boulangerie me fait bosser les week-ends et jours fériés, commencer tôt et/ou finir tard, avec des coupures allant de 30min à 3h, et 7j/7 à Noël et Nouvel An donc rien de nouveau pour moi. Je suis seule à mon poste et je dois donc gérer TOUTE l'activité et tous les évènements (pannes, inondations, bris, malaises de la clientèle, pigeons qui s'explosent contre la vitrine, parents qui me laissent leurs enfants...) seule, y compris me faire régulièrement agresser par les clients en devant rester calme et souriante, donc là aussi rien de nouveau. Si on est en arrêt 6 mois en tant que CRL pour mettons, jambe cassée, d'après le barème ce ne serait "que" environ 1300€/mois. Pour moi c'est Byzance, à mon poste actuel, ce serait 750€/mois, je n'aurais même plus de quoi me nourrir...

Donc je vois les gens dire "ohlala les conditions sont très dures et le salaire minuscule" et je ne comprends pas, je suis passée à côté de quelque chose ?? J'aimerais votre éclairage avant de m'engager sur le recrutement :)

Désolée pour le pavé assez indigeste, mais j'espère que c'est clair au sujet de mon parcours et de mes éléments de comparaison :) Merciii !

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Il y a 3 heures, Annanas a dit :

De ce que je vois :

-c'est un métier qui bouge pas mal (contrairement à un bureau) et peut conduire à des découchés fréquents

-avec une nécessité d'attention et de vigilance constante, avoir les yeux et les oreilles partout à chaque seconde, être capable de gérer plusieurs choses à la fois

-des irrégularités et incidents matériel fréquents (pannes, collisions avec des animaux, inondations,...) à gérer soi-même et/ou avec une équipe

-la gestion du public (questions, exigences, colère, malaises...)

-un planning rarement fixe.

Je me trompe ? J'en oublie ?

Tu n'es pas loin de la vérité sur ce que tu écris.

Je rajouterai, parce que je ne m'en apercevais pas auparavant, et qu'avec l'âge ça me pèse plus : la solitude ! Ça devient très pénible, on passe parfois des journées entières à ne parler à personne qu'on ne connait (physiquement j'entends). Et la première personne à qui on parle en rentrant, ça peut être le chien parce que tout le monde est couché..et même le chien parfois.

Il y a aussi ce qu'on ne voit pas : les responsabilités. Certains le savent, gèrent tout très bien jusqu'à l'examen, puis dans les semaines qui suivent, se sentent incapables de gérer les situations de panne ou d'avaries. J'en ai vu commencer à stresser la veille, d'autres ne jamais se détendre. C'est un métier exigeant, et certains ne sentent pas les épaules lorsqu'ils sont seuls, donc 2 solutions : ça lâche, et il faut faire autre chose car ça bouffe tout, y compris la vie privée. Ou ça passe comme ça pendant 30 ans...j'en ai connu, je ne sais pas comment ils ont fait !

Chacun vit ce métier différemment, ce qu'on trouve pénible à 20 ans peut se révéler insupportable au fil des ans ou inversement.

Le très gros avantage de ce métier reste l'autonomie, on n'a pas de responsable sur le dos en permanence, bien que la surveillance soit indirecte, et les horaires qui laissent du temps en semaine pour faire pas mal de choses.

Le point noir c'est la vie sociale qui prend un coup dans l'aile puisqu'on travaille justement en décalé. Il faut faire avec, mais c'est parfois compliqué de rater certains évènements familiaux ou amicaux...

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Bonjour à toi. Je vais tenter une réponse (moi aussi sou forme de paté indigeste) mais elle sera assez personnelle et ne reflétera pas l’ensemble des expériences de chacun et les divergences d’avis qui pourraient en découler.

Tout d’abord : il en faut pour tous les goûts, si certains candidats partent rapidement quand ils comprennent qu’il faudra vraiment bosser dur, que les horaires sont décalés, qu’on bosse parfois loin de chez soi et de ses proches, qu’on doit faire attention à notre hygiène de vie justement à cause des horaires de travail, ben au contraire il y en a d’autres à qui ça plaît, et heureusement. Chacun y trouve son compte, certains y voient une carrière relativement stable, d’autres ne sont pas mécontents de la paie, d’autres encore se délectent de l’absence de routine…

Pour les points que tu soulignes en particulier:

-Oui et non. Disons que le bureau bouge, se déplace, avec des vues inégalables sur la France à chaque saison. Mais le conducteur lui bouge moins, déjà enfoncé dans son siège pendant de longues périodes sans pouvoir vraiment en sortir, parfois il enchaîne le retour au bercail et ne peut même pas profiter un peu des lieux où il emmène les autres. Même en découché quand on a tout juste le minimum légal de repos avant de reprendre la route.

-Effectivement il est nécessaire de maintenir une vigilance constante sur la signalisation, les systèmes à bord, les pressions des freins, l’état de l’infrastructure dehors, bref il faut tout surveiller en permanence. Ça prend beaucoup d’énergie et on doit pouvoir pourtant mobiliser des connaissances en un claquement de doigt à la moindre anomalie. Quand tu enchaînes 2 trains de plusieurs heures avec autant d’attention, c’est crevant.

-Alors bon les incidents et pannes c’est pas non plus si fréquent que ça, à l’échelle nationale oui il se passe toujours quelque chose mais on en fait pas les frais plusieurs fois par jour non plus. En général c’est par périodes un peu « chat noir » suivies d’un calme plat… Pour la gestion des aléas c’est beaucoup seul, avec de la chance il y a un équipage commercial sur le train pour gérer les voyageurs sinon tout repose sur le conducteur et le seul contact avec l’extérieur c’est par téléphone ou radio.

-Planning rarement fixe ça dépend, en roulement c’est plutôt fixe, il ya quelques journées dites de « dispo » où l’on a pas à l’avance le détail du service (pour donner de la flexibilité à l’entreprise) mais on sait qu’on travaillera. En service facultatif (par choix ou pendant une certaine période après l’examen) on a seulement le calendrier des repos sur 30 jours mais pas non plus le détail de chaque journée travaillée, c’est su un peu en dernière minute.

Alors ahem je ne veux pas briser ton idéal (si) mais chez nous aussi il y a des gens qui volent, qui parlent bête sur toi dans ton dos, qui ne font pas leur taf et ont toujours un tas d’excuses, etc. Ça c’est le reflet de la société Française, c’est pas les Bisounours chez nous, c’est partout pareil. Après c’est pas forcément mauvaise ambiance en revanche, tu trouves toujours des gens avec qui tu t’entends et d’autres moins.

Par contre j’ai envie de te dire que si tu acceptais des conditions de travail illégales, c’est aussi un peu ton problème en tant que salariée et citoyenne, je conçois la peur de se retrouver sans travail mais il y a aussi des situations qu’il appartient à chacun de dénoncer et ne pas accepter. D’ailleurs si tu veux ce travail il va falloir que tu montres que tu peux t’opposer à ce genre de pratiques, parce qu’un conducteur est aussi tenu de savoir refuser d’obéir si ça met la sécurité à mal, quitte à aller au clash avec tout le monde. Et le conducteur quand il prend son service engage sa responsabilité pénale sur toutes ses actions. Un temps de repos non respecté? C’est le conducteur qui sera condamné, pas l’employeur… à toi de faire valoir tes droits, H24. Alors oui il y a des syndicats, sans doute plus puissants que dans ton secteur d’activité, mais franchement beaucoup ont du mal à se retrouver dedans avec leur politisation extrême et leurs décisions qui parfois frisent le ridicule, même aux yeux d’un public averti.

La fourchette de salaire que tu donnes c’est globalement ça, encore que ça dépend beaucoup du lieu où tu es affecté. Par contre, si le métier t’apparaît « bien payé », c’est uniquement par rapport à ce que toi tu gagnes aujourd’hui. Si tu remets ça en parallèle avec les responsabilités qu’on porte (être responsable de la vie des voyageurs, du personnel et même de tous les tiers qui empruntent les voies à tort ou à raison), des connaissances qu’on doit posséder et qu’on doit savoir mettre en oeuvre sans l’avoir revu depuis des années, des conditions de travail qui navré mais non, ne sont pas toujours « honnêtes » (mais c’est normal que tu le penses car tu n’as pas encore vu toutes les subtilités que la loi autorise pour nous faire bosser au-delà du raisonnable et qui vont encore être tirées vers le bas prochainement), alors le ratio derrière n’est pas forcément « bien » payé. Pour rappel le conducteur engage sa responsabilité PÉNALE, seul au tribunal au banc des accusés. Il y a d’autres métiers où l’on gagne autant sans être inquiété ni inquiétable… avec d’autres contraintes oui mais pas celle de finir en taule parce que tu n’as pas vu qu’il manquait une minute de repos dans ta tournée montée à la hâte par un gestionnaire de moyens fatigué…

En dernier lieu, c’est sûr que pour une vie de célibataire sans enfants c’est idéal, même si parfois ce sera avec les amis que ça passera mal parce que tu ne pourras pas assister à un anniversaire, à un barbecue, ou tu ne pourras pas boire parce que tu conduis quelques heures plus tard… et les gens arrêtent de t’inviter parce que tes contraintes sont chiantes pour eux. Il se passe pareil pour les CRL en couple, c’est un des métiers avec le plus fort taux de divorce parce que « t’es jamais là ». Sans parler d’enfants, ça peut beaucoup peser sur une simple relation amoureuse, et ça commence dès la formation avec l’éloignement, le travail qui prend une place conséquente jusque dans les moindres moments…

Pour finir non tu n’es pas bizarre et tu serais peut-être très heureuse d’exercer comme CRL au vu de tes goûts et de ta situation et ton expérience passée du monde du travail. Mais tout n’est pas plus vert à la SNCF qu’ailleurs, loin de là. C’est un choix de vie, qui est souvent remis en question parce que la politique se mêle de ce qu’elle ne maîtrise pas mais veut contrôler notamment. Après comme a dit Tophe c’est beaucoup d’autonomie, mais aussi de solitude. Et je rajoute un dernier point auquel on ne pense pas toujours : on peut enchaîner les heures de conduite sans avoir un seul moment pour aller aux toilettes ou boire un café (ou de l’eau) et officiellement il est interdit de manger en cabine, d’écouter de la musique, de regarder son téléphone, etc. C’est 100% boulot. Voilà aussi un argument qui fait fuir beaucoup de candidats. Mais si ça ne te fait pas peur, je n’ai qu’une chose à dire : fonce et rejoins les rangs.

Modifié par Colargol

Publication:

Tu ne vois pas bien tout...

Les responsabilités techniques liées au métier (ce train peut-il partir en ligne sans danger ?).

La responsabilité "morale" de transporter des personnes, parfois plus de 1000... de préférence sans les tuer...

Les conditions financières qui ont l'air de te faire rêver se mesurent ainsi.

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Il y a 16 heures, Annanas a dit :

le métier de CRL m'apparaît comme un boulot bien payé (1500 en formation et 2000 minimum en poste selon primes et traction, c'est ça ?)

Sauf erreur, un agent de conduite "diplômé" (lire avec l'examen d'accès au métier réussi après la formation idoine) est positionné classe 3 dans la grille de rémunération (grade TA de début de carrière).

image.png

La rémunération mensuelle de base minimale est donc de 25 399 € (au 1er janvier 2026). Soit 2 116 mensuel brut lissé ou 1 587 € net (calcul à la louche).

C'est hors éléments variables de solde - la prime de traction et les indemnités de sujétion de ceci ou de cela (travail les dimanches et fêtes, horaires de nuit) -.

Les allocations de déplacement (les découchers dans le propos), réputées être des remboursements forfaitaires de frais, dégagent dans la pratique un bonus. C'est pour ça que c'est socialement impossible à réformer ! Mais attention comme ce n'est pas de la rémunération (pas de cotisations sociales, pas de fiscalité) ça peut être très fluctuant en cas de nouvelle organisation de la production et même cesser du jour au lendemain en cas d'arrêt de travail (maladie ou accident), aléas auxquels personne n'est à l'abri. Un contributeur régulier sur ce forum (ADC01 de mémoire) rappelle souvent avec raison qu'il ne faut pas tenir compte de ça dans un budget pour garantir des engagements financiers ou un train de vie.

Modifié par cheminot retraité
faute de frappe

Publication:
Il y a 15 heures, Colargol a dit :

Pour finir non tu n’es pas bizarre et tu serais peut-être très heureuse d’exercer comme CRL au vu de tes goûts et de ta situation et ton expérience passée du monde du travail. Mais tout n’est pas plus vert à la SNCF qu’ailleurs, loin de là. C’est un choix de vie, qui est souvent remis en question parce que la politique se mêle de ce qu’elle ne maîtrise pas mais veut contrôler notamment. Après comme a dit Tophe c’est beaucoup d’autonomie, mais aussi de solitude. Et je rajoute un dernier point auquel on ne pense pas toujours : on peut enchaîner les heures de conduite sans avoir un seul moment pour aller aux toilettes ou boire un café (ou de l’eau) et officiellement il est interdit de manger en cabine, d’écouter de la musique, de regarder son téléphone, etc. C’est 100% boulot. Voilà aussi un argument qui fait fuir beaucoup de candidats. Mais si ça ne te fait pas peur, je n’ai qu’une chose à dire : fonce et rejoins les rangs.

Les repas, c'est la seconde plus importante contrainte selon moi : où, quand, et quoi manger ? Dans la vraie vie, il faut toujours anticiper, et ne pas être trop difficile, et faire au mieux. Mais celui qui veut manger équilibré à heures fixes, c'est tout de même très légèrement compliqué.

Quant à ne pas manger en cabine, si ça vient à être interdit un jour, ce ne sera jamais respecté car ce n'est tout simplement pas possible de faire autrement. Le téléphone et le reste, ça découle d'une certaine logique, les repas, quand tu roules 6h, faut bien manger à un moment.

Et le problème des toilettes est un réel problème sur les trajets importants. On le gère tous différemment, mais c'est parfois compliqué, et quand l'envie arrive, et que le prochain arrêt est dans 1h30.... Faut éviter de prendre un café juste avant, sinon, il faut anticiper dans la mesure du possible.

Publication:
il y a 23 minutes, Tophe a dit :

Quant à ne pas manger en cabine, si ça vient à être interdit un jour,

Cela l'est déjà car je crois me rappeler que le code du travail interdit de manger à son poste de travail

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  • Auteur

Merci beaucoup pour toutes ces réponses détaillées !!

Bon bah re-pâté ahahah

Effectivement, le seul point qui m'inquiète est le fait de ne pas aller aux toilettes, et particulièrement en période menstruée, ça pose un challenge supplémentaire, avec un risque de cystite ou d'atteinte rénale élevé chez la femme. Faudra que je me renseigne auprès de femmes CRL.
J'ai bien conscience que le métier ne consiste pas à faire du tourisme (j'ai bien vu les 9h de temps de repos en découché, ça pique un peu mais ça laisse 7h de sommeil, c'est ok) et pour la nourriture, c'est pareil dans le commerce, c'est rare d'avoir un local de pause ou même des vestiaires, et les horaires sont rarement fixes, donc aucun souci avec ça. Je n'ai jamais bossé en bureau, donc le confort et la régularité ne sont pas des choses que j'ai connues ni que je cherche. Y'aura toujours un vieux sandwich triangle dans un distributeur quelque part, celui qui a faim mange ce qu'il y a, sinon c'est qu'il n'a pas faim :)

Question pour la responsabilité technique : bien entendu je ne partirai pas avec un train défectueux, et qu'il faudra parfois gérer des pannes ou autres, mais avec la formation et le guide de dépannage, on ne part pas du principe que si ce n'est pas exécutable par une personne n'ayant pas de formation d'agent de maintenance c'est tant pis et dépannage/rouler doucement jusqu'à la prochaine gare ? Avez-vous déjà été confrontés à une situation où vous auriez dû savoir faire et vous n'avez pas su ?

Pour la solitude, je tends à devenir plus solitaire avec l'âge. J'ai 36 ans, je vis seule et il est hors de question que ça change, j'aime ma tranquillité. Dans mon boulot actuel, je ne suis pas plus dispo, je ne peux pas poser de congés et pas de récup possible, je bosse tôt le matin et tard le soir et presque tous les week-ends, ainsi que tous les jours fériés (et noël en boulangerie c'est pas que le 24, c'est du 10/12 au 20/01, on enchaîne avec l'épiphanie, on ferme uniquement le 25 et si le 24/12 tombe un dimanche, c'est 13 jours d'affilée 8 à 12h/jour debout, port de charges et flux client continu). Je suis seule en poste donc aucune absence possible (pas de vendeuse = plusieurs centaines de kilos de nourriture à la poubelle), la seule exception en 6 ans, ça a été pour le décès de ma mère. Donc pas de contrainte de ce côté, et je sais ce que "bosser" veut dire. Ceux qui reprochent à quelqu'un de ne pas boire d'alcool ou de ne pas dire zut à leurs responsabilités et au salaire qui leur permet de vivre sont bien cordialement invités à aller se faire cuire le cul :)

Sur la partie responsabilité citoyenne au niveau des conditions de travail illégales, dans la théorie je te rejoins Colargol, mais dans la pratique, quand il n'y a aucune responsabilité en matière de sécurité, que tu es sdf et que tu ne sais pas si tu pourras manger demain, tu baisses la tête et tu acceptes. En animation jeune public, j'ai ouvert ma gueule, et perdu mon poste, mais là effectivement il y avait un problème de sécurité pour les gamins et c'était hors de question.

"il y a d'autres métiers où l'on gagne autant sans être inquiété ni inquiétable" mais qui ne me sont pas du tout accessibles, et j'en ai marre de me traîner dans la misère, si on veut mieux faut arrêter de chouiner et se sortir les doigts, et être sérieux et responsable, vous ne pensez pas ?

Encore désolée pour le gros pavé, j'essaye de faire en sorte que ce soit clair et concis !

Publication:

@Annanas C’est pas mal on voit que tu es renseignée et que c’est donc un projet qui te tient à coeur.

Effectivement pour les menstrues et les risques qui en découlent il faudra que tu te renseignes auprès de femmes CRL, il y en a beaucoup plus maintenant qu’avant et je pense que chacune a son petit truc pour gérer à sa manière.

Mmmm tu es bien optimiste sur les temps de sommeil. Déjà la réglementation autorise à abaisser le temps minimum à 8h une fois toutes les 3 périodes de travail. Donc selon ton calcul 6h de sommeil et faut encore être en mesure de s’endormir tout de suite et de ne pas vouloir profiter un peu de l’air frais, siroter une limonade en terrasse (à défaut de pouvoir arroser plus dignement) et surtout si c’est un découché de jour, va faire comprendre à ton cerveau qu’il doit dormir maintenant au milieu de la journée parce que tu as commencé tôt mais que tu réenchaînes un service complet ce soir… miam.

La nourriture industrielle fait partie de cette vie pour dépanner ça et là de toute manière. Mais comme je disais il faut faire attention aussi à l’hygiène de vie et ça passe aussi par l’alimentation, c’est déjà un métier où l’on reste assis de longues périodes, tu obtiens fatalement une prise de poids. Et à la visite médicale repassée tous les 3 ans, ils n’aiment pas ça. Donc si on t’annonce subitement que ça devient inquiétant et qu’on ne revalide pas ton aptitude médicale, tu subis de plein fouet et le salaire aussi car perte immédiate de tous les éléments variables de solde (EVS) et ça fait vite très mal.

Aimer la solitude et la tranquilité est une chose, mais quand tu n’as personne à la maison et que tu as passé une journée entière en cabine sans possibilité d’adresser la parole à un autre être humain, c’est pas forcément le même ressenti.

« si on veut mieux faut arrêter de chouiner et se sortir les doigts, et être sérieux et responsable, vous ne pensez pas ? » Eh bien oui ce n’est pas à moi qu’il faut le dire. Je mentionnais cela juste parce qu’un de mes collègue envisage actuellement de tout quitter pour retourner dans le BTP pour un poste payé autant sans aucune responsabilité pénale, en ayant ses weekends, la seule contrainte étant de bosser dehors par tous les temps. À chacun de trouver ou non son intérêt dans le métier. Par contre je souligne alors aussi que parfois on a beau être sérieux et responsable et se sortir les doigts, on obtient pas mieux pour autant…

Mais bon c’est un projet qui semble réfléchi pour toi. Tu n’as plus qu’à te lancer, réussir chaque étape du parcours de recrutement et ensuite réussir la formation. Et une fois l’examen en poche, c’est là que le plus dur commencera : la carrière. Si vas jusque-là, nul doute que tu devrais quand même te plaire globalement dans le métier puisque tu connais déjà et accepte les contraintes horaires, congés, etc. Le but n’était pas de te dégoûter, juste de t’apporter (comme tu le demandais) l’éclairage « moins sexy » sur le métier que ce qu’on peut s’imaginer sur le papier. Et de toute façon tout n’est jamais rose dans un environnement de travail faut pas se leurrer, tant que tu y trouves ton compte c’est ce qui importe.

Modifié par Colargol

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Il y a 2 heures, Annanas a dit :

ne pas aller aux toilettes, et particulièrement en période menstruée

Le sujet a déjà été abordé.

Mais comme souvent à la Sncf si ce n'est toujours, s'il n'est pas bien amené ça tourne au psychodrame social.

https://www.liberation.fr/societe/droits-des-femmes/pas-de-toilettes-pour-les-conductrices-du-fret-la-sncf-leur-propose-des-culottes-menstruelles-20220514_HIP3QREA4ZDOHOKUJU43UGJMNU/

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Et avant de parler métier, il faut parler formation, et la réussir.

Ce n’est pas la moindre des choses, on a vu des gens bien câblés se louper parce qu’ils n’avaient pas la bonne logique.

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Il y a 14 heures, Tophe a dit :

Et avant de parler métier, il faut parler formation, et la réussir.

Certes mais la formation n'est que (et ce n'est pas péjoratif) la première étape du métier qui lui risque de durer un peu plus longtemps, alors il me semble pas illogique de se projeter et de s'assurer d'une bonne compréhension de la réalité de la vie d'un CRL.

Publication:
il y a une heure, Laroche a dit :

Certes mais la formation n'est que (et ce n'est pas péjoratif) la première étape du métier qui lui risque de durer un peu plus longtemps, alors il me semble pas illogique de se projeter et de s'assurer d'une bonne compréhension de la réalité de la vie d'un CRL.

Tout à fait mais je pense que Tophe a voulu dire que se projeter c'est bien, mais qu'il y a moults écueils à franchir avant, que ce soit lors du parcours de recrutement ou de la formation et qu'il ne faut pas brûler les étapes en "se voyant déjà en haut de l'affiche..." comme chantait Aznavour. Ce qui n'empêche pas de s'informer, mais juste de se prendre déjà pour ce qu'on est encore si loin d'être à ce stade.

Publication:
Il y a 2 heures, Laroche a dit :

Certes mais la formation n'est que (et ce n'est pas péjoratif) la première étape du métier qui lui risque de durer un peu plus longtemps, alors il me semble pas illogique de se projeter et de s'assurer d'une bonne compréhension de la réalité de la vie d'un CRL.

Certes, mais si tu ne passes pas la première étape, c’est pas la peine ! C’est un point à ne pas négliger, c’est sans doute le plus difficile.

Publication:
Il y a 1 heure, Colargol a dit :

Tout à fait mais je pense que Tophe a voulu dire que se projeter c'est bien, mais qu'il y a moults écueils à franchir avant, que ce soit lors du parcours de recrutement ou de la formation et qu'il ne faut pas brûler les étapes en "se voyant déjà en haut de l'affiche..." comme chantait Aznavour. Ce qui n'empêche pas de s'informer, mais juste de se prendre déjà pour ce qu'on est encore si loin d'être à ce stade.

il y a 15 minutes, Tophe a dit :

Certes, mais si tu ne passes pas la première étape, c’est pas la peine ! C’est un point à ne pas négliger, c’est sans doute le plus difficile.

Oui, mais à lire Anannas, j'ai l'impression qu'elle a bien les deux pieds sur terre, et que son parcours l'a bien endurcie et motivée pour affronter ce parcours.

Il ne me reste qu'à lui souhaiter le meilleur si elle s'embarque dans "l'aventure".

Publication:
il y a une heure, Laroche a dit :

Oui, mais à lire Anannas, j'ai l'impression qu'elle a bien les deux pieds sur terre, et que son parcours l'a bien endurcie et motivée pour affronter ce parcours.

Il ne me reste qu'à lui souhaiter le meilleur si elle s'embarque dans "l'aventure".

Et personne n’a dit le contraire, ça rejoint même ce que je lui ai dit si elle voulait se lancer. Mais même avec la meilleure volonté du monde et des parcours qui laissent présager de bonnes choses, on a vu des candidats se rétracter face à la réalité du métier qui n’est quand même pas ce qu’ils imaginaient ou se planter en formation pour des raisons X ou Y. Le pourcentage d’échec reste élevé et concerne tous les types de candidats. Sans compter le risque d’être exclu lors du recrutement, que ce soit aux tests psychotechniques ou parce que le médical lui découvre quelque chose d’incompatible avec la conduite qu’elle ne savait pas qu’elle avait… et ça ce n’est pas prévisible et ça ne dépend pas du degré de pieds sur terre ou du parcours pro.

Publication:
il y a 47 minutes, Colargol a dit :

Et personne n’a dit le contraire, ça rejoint même ce que je lui ai dit si elle voulait se lancer. Mais même avec la meilleure volonté du monde et des parcours qui laissent présager de bonnes choses, on a vu des candidats se rétracter face à la réalité du métier qui n’est quand même pas ce qu’ils imaginaient ou se planter en formation pour des raisons X ou Y. Le pourcentage d’échec reste élevé et concerne tous les types de candidats. Sans compter le risque d’être exclu lors du recrutement, que ce soit aux tests psychotechniques ou parce que le médical lui découvre quelque chose d’incompatible avec la conduite qu’elle ne savait pas qu’elle avait… et ça ce n’est pas prévisible et ça ne dépend pas du degré de pieds sur terre ou du parcours pro.

Oui bref en gros comme tout examen/concours de sélection, un peu drastique et rigoureux.

une fois dit tout cela je crois qu'elle a bien compris ce qui l'attendait.....et au final seuls les résultats aux différentes épreuves de la formation et de la post formation parleront et décideront de la suite de son parcours (si elle l'entame).

Je pense qu'à ce stade il est inutile d'en rajouter. In fine : "les bons conseilleurs" ne sont pas les payeurs

Si elle se lance souhaitons bon courage et bonne chance pour la suite 😉😉👍👍

Ce qui sera intéressant c'est qu'elle nous fasse(si elle le souhaite) un retour le moment venu, sur sa réussite ou son échec.

  • 2 semaines plus tard...
Publication:

Bonjour à tous,

Nouveau sur le forum, je voulais réagir à ce sujet qui me rappelle mon parcours.

J'ai bientôt 46 piges et ma vie professionnelle m'a amené à connaître beaucoup de milieux (BTP, industrie, fonction publique, transport poids lourd, en commun...)

Je suis actuellement à la fin de formation CRL ( je passe l'examen ETT2 la semaine prochaine)

Je voulais donc rebondir sur les différents points abordés dans ce topic :

Pour les contraintes du métier de mécano, chacun aura son ressenti mais il ne faut pas les minimiser. Réussir à s'endormir dès la FS quand on embauche le lendemain à 4:15 c'est pas évident. La solitude peut peser, en découché ou pendant la JS, même si la plupart du temps ça reste appréciable. La responsabilité qui pèse sur nos épaules ne doit pas être minimiser...

Cependant avant de se projeter pleinement dans ce futur quotidien, il faut passer la première étape : la formation initiale ! Et là, il ne faut surtout pas sous-estimer l'investissement que cela demande. On ne vit pas pendant 1 an, on révise. Il faut tout intégrer pour que cela devienne "naturel". Ça pèse sur son propre équilibre et sur son entourage. Et même quand tout va bien on a pas le droit à la moindre erreur (et il n'y a rien de plus logique à cela quand on comprend les enjeux du job)

Aussi, il vaut mieux enchaîner les choses dans l'ordre et y aller progressivement :

1- réussir le recrutement (va jetter un œil au sujet "mon processus de recrutement" lancé par le bigourdan en 2025)

2- se plonger dans la formation au minimum à 100%

3- observer et apprendre son job pendant les périodes de stage : c'est seulement là que tu pourras commencer à avoir des réponses concrètes à tes interrogations. Avant cela tu ne pourras au mieux n'avoir qu'une idée de ce qui t'attend

4- travailler et encore travailler pour réussir toutes les évaluations et examens en cours de formation.

Je vais en rester là pour le moment, mais si tu veux approfondir le sujet formation, je reste dispo et je te souhaite bonne chance pour le recrutement si jamais tu te décides à te lancer

Ah! Et dernier conseil si tu veux te lancer, armes toi de patience 😉

Publication:
il y a 5 minutes, CRL974 a dit :

On ne vit pas pendant 1 an, on révise.

Cela demande du boulot mais il ne faut quand même pas exagérer, pendant ma formation, je sortais en boite, je partais en vacances et faisait plein de truc, il faut s'octroyer des pauses

Publication:
Il y a 2 heures, ADC01 a dit :

Cela demande du boulot mais il ne faut quand même pas exagérer, pendant ma formation, je sortais en boite, je partais en vacances et faisait plein de truc, il faut s'octroyer des pauses

On est tous différents. Oui il faut savoir couper parce que sinon c’est le mur assuré. Mais on a pas tous les mêmes facilités (et plus on progresse en âge moins c’est facile). Avec le recul j’aurais pu davantage m’octroyer de temps pour moi durant ma formation initiale, mais je tenais tellement à la réussir pour me barrer de chez Réseau que sur une année j’ai littéralement tout donné pour être au top niveau sur tout et garantir ma réussite. J’aurais pu me contenter de moins bien, mais je visais haut et ça a payé. Mais j’ai aussi remarqué que j’avais moins de facilité à assimiler certaines choses comparativement à ma formation d’AC à 19 ans où je pouvais faire ce que je voulais de mon temps libre car je m’étais suffisamment imprégné en cours. Chacun va le gérer comme il le sent et comme il pense pouvoir le faire, mais pour l’avoir vécu lors de ma reconversion Traction ça ne me choque pas que quelqu’un dise qu’il a dû mettre un peu sa vie perso en pause sur un an pour se consacrer quasi exclusivement à la formation. Tant mieux si d’autres y arrivent plus facilement. L’important c’est de ne pas échouer en se disant qu’on aurait dû plus/mieux travailler.

Publication:
il y a une heure, ADC01 a dit :

Cela demande du boulot mais il ne faut quand même pas exagérer, pendant ma formation, je sortais en boite, je partais en vacances et faisait plein de truc, il faut s'octroyer des pauses

Perso, j'ai pas su faire ça !😂

J'ai quitté l'école il y a presque 30 ans et avant même d'apprendre les normes, le vocabulaire spécifique et le reste, il m'a fallu réapprendre à apprendre !

Je parlais de mon expérience personnelle, bien évidemment je ne la généralise pas. C'est vrai que ça été difficile au départ de me rendre compte que j'avais besoin d'un effort peut être supplémentaire par rapport à d'autres collègues de la promo. J'arrivais le matin au campus à 7:15 et je lisais le Ref jusqu'à 8:30. Ensuite on enchaînait les cours jusqu'à 17h et on révisait en groupe jusqu'à 19h. Et je passais ensuite la soirée à remettre mes cours au propre parfois jusqu'à 22h. Une fois en weekend je prenais encore des temps de révisions...

Au début c'était vraiment lourd mais ensuite c'était devenu une habitude de vie quotidienne à laquelle je me suis tenu.

J'ai aussi pris le temps de sortir un peu mais cela restait marginal.

Malgré ça, je ne regrette pas cet investissement personnel, je pense que ça en vaut la peine.

Et si d'autres peuvent y arriver avec moins, c'est tout à leurs honneur !

Via mon message, je souhaitais juste insister sur la chronologie des priorités

1- recrutement

2- formation

3- apprentissage du métier et des ses spécificités

Et souligné l'investissement personnel qu'exige cette formation

Publication:

@CRL974 Tu as raison sur réapprendre à apprendre et c'est loin d'être évident même quand on a quitté les bancs de l'école il y a moins longtemps, c'est important de prendre tout de suite un bon rythme de travail et il faut le souligner pour les futurs candidats qui pourraient nous lire.

Par ailleurs je te rejoins totalement sur le fait de prendre chaque étape séparément et de ne pas se projeter trop loin trop vite. Il y a tellement de points d'échec possible à chaque étape, du recrutement à la formation, il faut se concentrer sur un objectif de réussite à la fois avant même de pouvoir parler métier.

Et ce que je souligne aussi toujours auprès des candidats car on en parle trop peu, outre l'investissement personnel fort c'est l'impact que ça va avoir sur le long terme sur les proches, familles/amis. Non seulement la formation change les habitudes, mais cela est un prémice de la carrière et le fait d'être souvent absent. Pour un jeune candidat célibataire ce n'est pas tellement gênant, pour une reconversion quand on a déjà conjoint et enfants, c'est pas la même et l'entourage peut avoir du mal à l'accepter, au point que le sujet devient source de discorde et il s'est déjà vu des abandons de candidats sérieux pour cette raison. Un point à ne pas négliger donc; et la communication en amont est souvent clé pour préparer les proches à ce changement même si le savoir et le vivre sont deux choses différentes.

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